Qui sont les ennemis, qui sont les alliés ? On peut véritablement se poser la question à la lecture de ce tome des plus perturbant.
On reprend l’affrontement contre le seigneur des Kushans comme on l’avait laissé dans le tome précédent, c’est à dire sous une nette domination de ce dernier…on assiste alors à une alliance contre nature : Guts et Zodd se battent côte à côte (ou plutôt l’un sur l’autre) pour repousser leur invincible ennemi… On pouvait s’attendre à tous sauf à cela ! Pire encore, une fois la menace passée, Guts renonce à ses désirs de vengeance envers Griffith ! Bien entendu il faut y voir une stratégie pour ne pas avoir à affronter Zodd alors que le chevalier noir est en piteux état…mais depuis quand Guts raisonne et agit stratégiquement quand il s’agit de Griffith ?
La suite du tome est d’une toute autre envergure ! On assiste à une bataille grandiose, deux gigantesques armées se font face…on se croirait en train de visionner des grands films de Fantasy tel "Le seigneur des anneaux", la sauvagerie en plus ! Car bien entendu, l’auteur n’est pas avare en organes ou yeux arrachés, en démembrements et autres joyeusetés du genre. Une vraie boucherie mais ici on reste dans le réaliste, il ne s’agit pas d’un homme seul qui affronte une armée, mais du clash de deux armées… Alors survient l’impensable une nouvelle fois, un héros surgit avec ses troupes et reprend l’avantage face aux hordes de barbares Kushans… Le faucon redevient le héros qu’il fut autrefois ! Et le lecteur lui ne sait plus quoi penser…Griffith est il réellement un sauveur ? Il paraît évident qu’il ne fait pas cela innocemment, qu’il a quelque chose derrière la tête, de plus grands projets mais si il se servait réellement de son nouveau pouvoir pour faire le bien, si les horreurs qu’il a provoqués n’avaient été qu’un passage obligé dont il tente de se repentir ?
Plus rien ne paraît évident, si ce n’est son incroyable charisme qui va jusqu’à faire trembler l’empereur Kushan, alors que l’on croyait tomber dans un manichéisme évident : les démons étaient les adversaires à abattre, mais on se pose désormais la question.
A ce moment de l’histoire il est difficile de dire où l’auteur veut nous entraîner et ce qu’il à en tête, mais il est sur qu’il se dégage quelque chose de ce tome, quelque chose que l’on ne trouvait plus dans Berserk depuis un moment…on retrouve les superbes dessins de l’auteur, la même sauvagerie, la mise en page intelligente et attirante, mais il y a quelque chose de plus ici…une ambiance, l’impression que le destin se remet en marche …et si tout cela tenait à la présence du faucon…peut être !
erkael
(Critique de www.manga-news.com )Né à Chiba, en 1966, Kentarou Miura commence à dessiner très tôt, et achève son premier manga dès l’âge de 10 ans. Celui-ci sera publié dans son école, à l’intention de ses camarades de classe, et compta tout de même 40 volumes ! Son trait doit beaucoup à l’influence de Go Nagai, dont les publications ont dominé les années ‘70.
Quelques années plus tard, entre 1985 et 1988, alors qu’il accumule les prix et que son trait commence à s’affirmer, sa carrière semble ralentir. Elle reprendra de plus belle en 1988 avec le prototype de Berserk - pour s’envoler, définitivement, en 1992 avec la publication du premier tome de «L’Âge D’or» de «Berserk».
L’incroyable succès de son chef-d’oeuvre le propulse alors au panthéon des plus grands mangakas contemporains. Il supervisera l’adaptation animée de son oeuvre, ainsi que nombre de livres, jeux vidéo, jeux de cartes... Il se consacre à temps plein à Berserk et à son univers, qui ne cesse de grandir, avec plus de 36 tomes à son actif.
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