On oublie souvent de citer OMD lorsqu'il s'agit de New Wave et dans le meilleur des cas, on les associe uniquement a l'obsedant "Enola Gay". C'est dommage car c'est ignorer qu'ils furent un des groupes majeurs de l'aube des 80s. L'influence d'OMD sera considerable sur toute une generation de musiciens revant de synthetiseurs. Entre les claviers glaces de Depeche Mode ou autre New Order, et les bidouillages d'un certain Simple Minds, OMD a su construire une pop synthetique intelligente autour d'une section rythmique "naturelle". La quintessence d'OMD s'exprime dans la periode 79-83, entre les sonorites kraftwerkiennes du premier album eponyme et les experimentations de "Dazzle Ships", en passant par les ambiences "cathedrales" de "Architecture". Par la suite, OMD devient un (bon) groupe pop, sans plus, mais qui saura garder ce sens aigu de la melodie, enrobant delicieusement ses envolees synthetiques de quelques notes de guitares ou de saxophones ("So in Love", "If you Leave"...). Une pop jamais ennuyeuse. Paul Humphreys quitte OMD en 1988, laissant l'heritage au seul Andy McCluskey. Ce "Best Of" est a preferer absolument au decevant "Singles" sorti recemment et ampute d'une partie de la production 79-88 au profit des quelques singles sortis entre 91 et 98, periode beaucoup moins captivante : il suffit de se procurer "Sugar Tax" ou le meilleur s'y trouve. Un disque indispensable pour apprehender cette oeuvre magistrale et unique.