Will Oldham, alias Bonnie « Prince » Billy, vient à peine d’épater la galerie avec
Lie Down in the Light (2008), qui le confirme comme l’une des valeurs sûres de la nouvelle scène folk américaine, qu’il revient déjà accompagné d’un nouvel album,
Beware. Avec son rythme infernal d’enregistrements et sa musique angélique, Bonnie « Prince » Billy s’est construit une identité bien à lui, disque après disque. La preuve en est à l’écoute de ce
Beware cristallin, empreint des influences ancestrales de Bonnie « Prince » Billy, qui semble toujours être un digne représentant de qu’on appelle l’ « Americana » (terme désignant tous les champs sémantiques de l’histoire et du folklore des Etats-Unis). En employant généreusement les banjos ou les mandolines, cet album le destine, encore plus que ses prédécesseurs, à offrir des beaux morceaux country
straight from Tennessee. Cela se confirme dès le magnifique morceau d’ouverture, «
Beware Your Only Friend ». Cette country se mâtine cependant très rapidement d’accents d’ailleurs grâce aux cuivres hawaïens de «
You Can’t Hurt Me Now ». L’album se déroule comme il le fait habituellement chez Bonnie « Prince » Billy, racontant la signifiance de la nature, les histoires d’amitiés (ou d’amours) perdues et retrouvées, les angoisses face à la mort (ou à la vie !), laissant l’auditeur s’identifier pleinement à ses réflexions existentielles. Ne démentant pas ses talents d’interprète hors pair, l’artiste réussit à distiller de l’optimisme dans ses belles ballades d’un autre temps, sentant bon les denses forêts américaines. Si
Beware n’est certes pas l’album le plus original de Bonnie « Prince » Billy, il ne le révèle définitivement comme un grand chanteur, doué d’une force d’expression emplie d’émotions. En témoignent les touchants «
Heart’s Arms » ou «
You Are Lost ». Même les morceaux d’apparence plus joviale, comme «
I Don’t Belong to Anyone », sont emplis d’une sensibilité à fleur de corde. Les mélodies des treize chansons de
Beware trottent rapidement dans la tête. Mais Bonnie « Prince » Billy n’est pas du genre à envahir, il est bien trop discret pour cela… Ce qui ne le rend pas moins intéressant. Beware…
Sophie Rosemont - Copyright 2012 Music Story
Beware est le plus grand, le plus ambitieux des albums de BONNIE PRINCE BILLY à ce jour. Oui. Il est même plus grand et plus ambitieux que le désormais culte The Letting Go au succès critique et public. Une écoute de Beware et vous conclurez aussi que c'est un album magnifique. Comme d'habitude, Bonnie emprunte un chemin spécial qui le mène une nouvelle fois à écrire des titres qui sonnent déjà comme des classiques tels "I Don't Belong to Anyone", "You Can't Hurt Me Now ", and "I Am Goodbye". Il est l'un des auteurs les plus originaux et prolifiques d'Amérique. Avec son folk aussi mélancolique que magnifique, WILL OLDHAM, de son vrai nom, continue d'être dans tous les bons coups et surtout ceux dans lesquels on ne l'attend pas. Sa frénésie cède rarement sur la qualité, et Beware en est une nouvelle preuve - si elle était nécessaire... Cet album met à jour la complexité d'un homme qui ne ménage pas ses efforts pour proposer une musique vivante et ne supporte pas de rester en place. Il y explore les relations humaines et leur complexité avec un humour piquant. Il nous met ainsi subtilement en garde contre la folie inhérente à certains rapports humains, notamment amoureux. Beware ! (faites attention !)