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5.0 étoiles sur 5
un come back dantesque, 13 mai 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beyond (CD)
Fan de Dinosaur jr depuis la première heure, et quelque peu déçue ensuite par les prestations solo de J.Mascis, j'étais plutôt dubitative quant à cet album et en même temps très curieuse d'entendre ce que ferait le trio d'orgine reformé. Eh bien c'est plus qu'une agréable surprise ! Une maitrise dans le foutoir ("Almost ready" "It's me"), la même voix trainante comme sortie trop tôt du réveil et de puissantes mélodies sous-jacentes ("What if I knew"), un son confus et éblouissant. Et toujours cette guitare inimitable, fulgurante (la fin de "pick me up" est dantesque et laisse de réels frissons). Les morceaux de Lou Barlow sont également remarquebles ("lightning Bulb" ou " back to your heart") et cette fois on entend un réel son commun, la guitare de J mascis se fondant dans les morceaux de Lou Barlow, ce qui ne se ressentait pas auparavant. Un Dinosaur Jr dans la lignée de "Where you been" leur meilleur peut-être, une maturité dans le maelsrom sonique de ces précurseurs du grunge. Il serait temps que ce groupe trouve enfin la notoriété qu'il mérite.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Dinosaur Senior, 4 juillet 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beyond (CD)
Conservé dans le formol pendant des années, objet d'adoration de certains paléontologues mais oublié de tous les autres depuis presque 15 ans, Dinosaur Jr ressurgit, intact et frais comme un bébé diplodocus, dans sa formation originale. La sortie de cet album a été accompagnée d'un harmonieux concert de louanges auquel je vais me hâter d'apporter une petite touche de dissonance.
Nostalgie et bienveillance aidant, les premières écoutes se révèlent plutôt réjouissantes, principalement pour la joie et les souvenirs que procure d'entendre à nouveau l'inimitable voix trainante et je-m'en-foutiste du Droopy grunge Jay Mascis. En dehors de ça, des chansons faciles d'accès, quelques solos longuets et fatigants, d'autres Neil Youngesques plus intéressants, des mélodies pas vraiment transcendantes, une magnifique ballade, et cette question qui s'insinue et revient inlassablement : ce n'était quand même pas un peu mieux, avant ?
Y trouver une réponse ne demandait pas beaucoup de travail, se replonger dans un ancien album, en l'occurrence
Green Mind, et juger.
Beyond est à la fois plus propre et moins pop que son ancêtre. Si les chansons de 1991 regorgent d'inventions sonores, rythmiques, harmoniques et mélodiques, les nouvelles se révèlent en comparaison d'un conformisme rébarbatif et ne s'éloignent jamais bien loin des sentiers battus et des autoroutes du rock 'indé'. L'intérêt pour les nouveaux morceaux s'étiole vite, on se lasse hélas de les entendre et de constater qu'ils ne s'enrichissent pas au fil des écoutes. Ces chansons sont convenables et propres sur elles, elles manquent de ce petit quelque-chose qui fait toute la différence. Un peu comme un T-Rex devenu végétarien ou un ptérodactyle transformé en pigeon voyageur, Dinosaur Jr a perdu sa sauvagerie et dénaturé sa raison d'être.
Green Mind (et c'est la même chose pour
Bug ou
You're Living All Over Me) est loin d'être parfait, mais il est habité, possède une forte personnalité (une âme diraient certains exaltés) et recèle quelques trouvailles géniales qui faisaient penser à beaucoup que Mascis était un songwriter au talent immense dont l'expression était limitée par sa paresse et son côté slacker.
A entendre Beyond, on pourrait penser qu'il a fini par se couper les cheveux, a découvert l'eau courante et investi dans une salle de bains, se sape avec goût et se lave les dents soigneusement après avoir sérieusement bossé ses chansons toute la journée. Grand bien lui en fasse, dommage simplement que ses disques en pâtissent et soient au final moins excitants qu'avant. Il est désormais un honnête artisan appliqué, ce que Lou Barlow (dont on retrouve aussi la voix avec plaisir sur deux morceaux) n'a jamais cessé d'être, loin d'être génial ou même vraiment inspiré, mais qui peut compter sur sa voix et sa virtuosité à la guitare pour séduire des auditeurs nostalgiques de Dinosaur Jr ou de jeunes chevelus . Et puis soyons honnêtes, la ballade est vraiment chouette.
Les aficionados de sa voix pourront trouver leur compte ici, de même que les amateurs des bavardages incessants et vains à la guitare (c'est depuis toujours l'aspect de leur musique, relativement essentiel pourtant, qui me rebute).
Les vrais fans aussi seront sans doute satisfaits d'avoir un peu de nouvelle musique de leur groupe fétiche, que leur aveuglement idolâtre les empêchera de trouver trop fade. Pour ma part, je préfère écouter de temps en temps Freak Scene ou The Wagon, et je ne peux que conseiller aux gens déterminés à découvrir le groupe à faire de même.
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