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3.0 étoiles sur 5
Le prix Hugo 2003, et un long dossier sur Michel Jeury, 19 octobre 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bifrost, N° 39 : Dossier Michel Jeury : Retour en terre de science-fiction (Broché)
La partie littérature de Bifrost est constituée ce trimestre de trois nouvelles.
"La source rouge" de Michel Jeury commence par quelques lignes qui évoquent le départ des fusées du film "Bienvenue à Gattaca". On s'aperçoit vite qu'il s'agit d'une erreur, et pourtant on assiste bien à l'attente interminable de Tandi Ha Maira qui n'a qu'une chose en tête, être transilée afin de rejoindre les mondes ultimes : la Lune, Mars ou Vénus. En fait cette nouvelle, qui plante patiemment le décor d'un monde parfait dans lequel des "sphérides" - de petites intelligences artificielles dont la nature est fonction de la couleur - veillent sur les humains, nous propose une énième vision du futur dans lequel les machines "élèvent" des humains afin de les transformer en "ultimates", des êtres immatériels qui leur ressemblent. Les prises de conscience de Tandi Ha Maira sont intéressantes, c'est bien écrit et bien structuré, mais il n'en reste pas moins que ça ressemble beaucoup à "The Matrix", l'action en moins.
"Du côté de chez Swönn", de Luc Dutour, est sans intérêt. Autant "Ça gaze !", première partie du Cycle des Statistiques publié dans Bifrost 36, était amusant et se lisait avec plaisir, "Du côté..." n'est que prétexte à enfiler jeux de mots bien lourds et allusions sexuelles tout aussi fines.
La dernière des trois nouvelles publiées ici n'est rien moins que le Prix Hugo 2003. Dans "Vie lente", Michael Swanwick nous offre un joli récit de hard science. La première page, qui décrit en vingt-neuf lignes la chute d'une goutte d'eau mérite à elle seule une relecture. C'est un récit d'exploration qui tourne mal, la rencontre d'une intelligence extra-terrestre qui est la preuve, encore une fois, que si l'homme a naturellement tendance à se croire supérieur à toutes choses, il n'est en fait qu'une forme d'intelligence - et plutôt fragile, en plus - parmi d'autres possibles. Superbe.
La partie critique, quant à elle, est constituée d'une quarantaine de pages qui tâchent de recenser les sorties du dernier trimestre, puis d'une interview de Christopher Priest à l'occasion de la parution en France de son roman "La séparation". André-François Ruaud propose un point sur la science-fiction anglo-saxonne. Puis quarante nouvelles pages consacrées à une longue interview de Michel Jeury, accompagnées d'une bibliographie. Enfin, Roland Lehoucq propose un article sur le voyage dans le temps. Les remises de prix passées et les sorties à venir clôturent comme d'habitude la revue.
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