Les six millions de possesseurs de
Bigger, Better, Faster, More! ne se sont pas fait voler. Sorti en 1992, ce premier album a connu un départ difficile. Puis
« Whats' Up » a déboulé comme un train lancé à tout allure au sommet de la scène pop-rock mondiale pour s'installer dans les mémoires collectives, hymne d'une génération (Oh my god do I pray, I pray every single day, For a revolution).
Alors il faut voir plus loin (plus grand, plus rapide, en en mot, plus !) que ce tube, cet arbre qui cache la forêt, lorsque l'on sait que certains ont accusé le groupe d'avoir été lancé pour séduire la génération post-punk et grunge. Car l'écoute de leur unique album permet de s'apercevoir que la parenté de ces 4 Non Blondes à la carrière éclair, est toute autre.
« Superfly » est un manifeste de l'attachement du quatuor au funk (Shaunna Hall, la première guitariste du groupe, est par la suite devenue membre du Funkadelik de George Clinton, excusez du peu),
« Pleasantly Blue » rend un hommage dans les règles de l'art au blues électrique le plus pur, tandis que
« Morphine and Chocolate » ressemble bien plus aux Guns'N'Roses qu'au noisy-pop des Lemonheads d'Evan Dando !
Le point fort de la formation étant bien sur la voix de Linda Perry, également auteure des textes. Elle porte une grande responsabilité dans la reconnaissance accordée au groupe. Une voix profonde et riche, pourtant à fleur de peau, donnant parfois dans l'excessivité, mais qui ne peut laisser indifférent.
Gagnant de trois récompenses dans sa Californie natale (« Best Song », « Best female vocalist », « Best album » en 1993), il y a fort à parier qu'en ne lâchant rien de cette énergie, les 4 Non Blondes, n'auraient pas compté pour des prunes, et auraient remporté d'autres récompenses sur le plan international. Nul ne le saura, le groupe se sépara deux ans plus tard.
Anne Yven - Copyright 2012 Music Story