Pour ceux qui ne peuvent supporter le Alice Cooper des années 80 à aujourd'hui, c'est tout à fait compréhensible. L'homme s'est transformé en chanteur de Hard Rock/Heavy Metal ringard et cliché (bien sur, celà n'engage que moi).
Et pourtant, Vincent Damon Furnier -le vrai nom de l'autoproclamé Alice Cooper- a sorti avec son groupe une série d'albums tenant du pur génie, en particulier la trilogie
composée de Killer, School's Out et donc Billion Dollar Babies, l'album qui nous intéresse ici.
Tout d'abord, cet album a connu un énorme succès, ce qui peut étonner aujourd'hui pour un album pop/rock (pas question de hard rock ici, à part les cris souvent retenus de Furnier). Cet album s'est classé n°1 dans les charts Américains et Anglais, il fut donc le plus gros succès dans la carrière du groupe, et même d'Alice Cooper en solo, et pour cause...
L'album début sur "Hello Hooray", une introduction théatrale pour mettre dans le bain, avec toujours les arrangement du magicien (qui parfois en fait trop il est vrai) Bob Ezrin -producteur de Lou Reed, Kiss, et bien d'autres-. S'ensuit "Raped and Freezin", chanson rock'n'roll classique, avec pourtant un refrain que l'on se surprend à fredonner. "Elected", dans
le pur style Cooper, reste très théatrale, ici Cooper crie qu'il veut être élu. Un pont dans l'esprit de School's out tombe en plein milieu du morceau. Le morceau titre, "Billion Dollar Babies", avec Donovan (le Bob Dylan anglais, à ne pas confondre avec le Bob Dylan suisse Stephane Eicher) aux coeurs, reste dans un esprit glauque. On peut oublier "Unfinished Sweet" et son riff très stonien, et sa reprise du thème de James Bond. En revanche, on ne passera pas à côté de "No More Mr Nice Guy" qui est l'une des meilleurs si ce n'est la meilleure chanson de toute la carrière de Furnier. Chanson très pop, cette chanson reste le symbole de l'apogée d'Alice Cooper. "Generation Landslide", quand à elle, reste une chanson très pop majoritairement acoustique avec un refrain à plusieurs voix, refrain très entêtant. "Sick Things" et "Mary Ann" sont deux courtes chansons, la première étant une chanson glauque, indispensable sur chaque album d'Alice Cooper, et "Mary Ann" est une courte ballade au piano. Final démentiel, "I Love The Dead" était le morceau parfait pour clore l'album. Tout Cooper y est : le début glauque, les onomatopées volontairement idiotes de Furnier, et le refrain avec ses coeurs qui semblent maudits qui viennent raviver l'envie de se passer l'album.
Cet album est un mythe, et pourtant personne aujourd'hui ne semble se rappeler qu'a un moment, Alice Cooper fut un énorme frisson rock'n'roll, un coup de pied au derrière du monde bien pensant et non pas un golfeur sobre et vieillisant faisant des albums de moins en moins bons au fil du temps en essayant de mettre à la page ses vieux tubes (des guitares Metal sur Eighteen, en duo avec Marilyn Manson, sacrilège). Cet avis n'engageant que moi, je conseille vivement à tous d'acheter cet album, fans de Cooper ou non.