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Biribi [Poche]

Georges Darien
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

Biribi paru en1889, moins de vingt ans après la défaite de la France. Il dénonçait le sadisme des chaouchs, les adjudants, dans les bataillons disciplinaires, les brimades incessantes, les routes tracées dans le désert tunisien à force de vies humaines sacrifiées. Biribi n'était pas un bagne mais l'ultime punition que l'armée réservait à ses réfractaires. Libertaire plutôt qu'anarchiste, Darien échoua à Biribi pour sa vingtième année, ayant accumulé manquement à la discipline et refus d'obéissance et après avoir connu toutes les étapes des prisons militaires françaises. Il faudra attendre Albert Londres, un demi-siècle plus tard, pour que l'infamie soit dénoncée et, après une rugueuse campagne de presse et nombre de commissions parlementaires, le bagne fermé. Darien n'y assista pas, il était mort en 1921.

Description

Biribi parut en 1889, moins de vingt ans après la défaite de la France. Il dénonçait le sadisme des chaouchs, les adjudants, dans les bataillons disciplinaires, les brimades incessantes, les routes tracées dans le désert tunisien à force de vies humaines sacrifiées. Biribi n'était pas un bagne mais l'ultime punition que l'armée réservait à ses réfractaires. Libertaire plutôt qu'anarchiste, Darien échoua à Biribi pour sa vingtième année, ayant accumulé manquements à la discipline et refus d'obéissance et après avoir connu toutes les étapes des prisons militaires françaises. Il faudra attendre Albert Londres, un demi-siecle plus tard, pour que l'infamie soit dénoncée et, après une rugueuse campagne de presse et nombre de commissions parlementaires, le bagne fermé. Darien n'y assista pas, il était mort en 1921. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

Détails sur le produit

  • Poche: 360 pages
  • Editeur : Le Serpent à Plumes (3 novembre 2002)
  • Collection : Motifs
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2842613716
  • ISBN-13: 978-2842613716
  • Moyenne des commentaires client : 5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)
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Par Luc REYNAERT TOP 500 COMMENTATEURS
Format:Poche|Achat authentifié par Amazon
Nous sommes au bout du 19ème siècle.
A dix-huit ans, le grand insoumis qu'est Georges Darien, fait l'erreur de sa vie: il s'engage pour cinq ans dans l'armée française. Un calvaire commence ... de prison en prison.

Pour lui, chaque journée devient une lutte désespérante pour garder un peu de liberté et d'humanité `parmi le grand troupeau des disciplinés, des soumis, des domestiqués' qu'il voit autour de lui : `bétail aveugle et sans pensée, chair à canon et viande à cravache, troupeau fidèle et hébété de cette église : la caserne, et de sa chapelle : le lupanar.'
Il comprend très vite le rôle de l'armée, `la pierre angulaire de l'édifice social actuel; la force sanctionnant les conquêtes de la force; la barrière élevée contre les revendications des nationaux. L'Homme d'Armes devient aujourd'hui le maquereau social.'
Et pourquoi la bourgeoisie, son ennemi mortel, a besoin de soldats: `la société bourgeoise qui pour sauvegarder ses intérêts, fait d'un citoyen un soldat, fait d'un soldat un forçat le jour ou celui-ci essaye de secouer le joug de la discipline écrasante qui l'humilie et l'abrutit. C'est parce qu'elle a besoin, comme toutes les sociétés usurpatrices, d'appuyer sa domination sur la terreur, parce qu'elle a besoin de se faire craindre sous peine de perdre son prestige et de risquer l'écroulement.'

Les cinq années passées sous le joug des commandants ne lui apprendront que la haine immortelle du militarisme: `ce que je veux emporter d'ici, c'est la haine ; chaque jour d'abjection l'augmente ; chaque heure d'indignation la féconde, chaque larme la fait plus saine, chaque grincement de dents plus implacable.'

Dans un langage féroce et plein de rage, l'auteur dévoile les dessous d'un régime déshumanisant où la vie individuelle des recrues ne vaut pas un sou (la peine du `silo' en est un exemple).

Hautement recommandé.
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Armées, je vous hais 11 janvier 2012
Par Ludwig Jean Sébastien TOP 100 COMMENTATEURS
Format:Poche
A dix huit ans, Jean Froissard s'engage dans l'artillerie. Après six mois de classes qui se passent assez mal car il supporte mal la discipline et commence à se sentir déçu et dégoûté par l'armée, il est affecté à Vincennes où tout se complique dans la mesure où il s'autorise quelquefois à faire le mur. L'accumulation de ses actes d'insoumission l'amène à passer devant le Conseil de corps qui le condamne à passer trois années dans les Compagnies de Discipline dans la région de Kef dans le Sud Tunisien. Dans ce qu'on ne peut appeler autrement que des bagnes militaires, le malheureux va mener une existence de paria, subir des conditions de vie atroces et des sévices qu'on ne ferait même pas subir à un animal. Il va connaître la faim, les corvées, les exercices sous un soleil de plomb, les marches forcées, les maladies et bien sûr de nombreux séjours au mitard, enchaîné.
Publié en 1888, ce témoignage présenté comme authentique frappe tellement il sent le vécu. En effet, Jean Froissard c'est ni plus ni moins que Georges Darien lui-même, écrivain de tendance anarchiste qui, devançant l'appel, s'est engagé dans le deuxième escadron du Train le 16 mars 1881 et que son insoumission a envoyé 33 mois à Biribi, un bataillon disciplinaire en Tunisie en 1883. L'auteur est un écorché vif, un révolté qui a tellement souffert qu'il ne peut s'empêcher de se répandre en longues diatribes contre une armée qu'il accable de tous les défauts. « L'armée c'est le réceptacle de toutes les mauvaises passions, la sentine de tous les vices. Tout le monde vole, là-dedans, depuis le caporal d'ordinaire qui tient une anse du panier, jusqu'à l'intendant général, jusqu'au ministre. (') Tout le monde s'y déteste, tout le monde s'y torture, tout le monde s'y espionne, tout le monde s'y dénonce. (') L'armée, c'est le cancer social, c'est la pieuvre dont les tentacules pompent le sang des peuples et dont ils devront couper les cent bras, à coups de hache, s'ils veulent vivre. », dit-il. Car il n'a plus qu'un espoir, l'avènement de la « Révolution Sociale » qui doit permettre d'en finir à tout jamais avec les armées permanentes... D'un style agréable et facile à lire, ce livre intéressera celles et ceux qui veulent découvrir ce pan oublié et peu glorieux de l'Histoire des armées françaises.
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1 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
Format:Poche
En 1883, Georges Darien est envoyé pour 33 mois, par décision d'un conseil de guerre, dans une des Compagnies de discipline d'Afrique du Nord, que l'armée française met gracieusement à la disposition d'un encadrement composé majoritairement de tortionnaires psychopathes, alcooliques, dégénérés et prévaricateurs afin de mater « les fortes têtes ». Parmi les plus estimables de ces animateurs de camps de vacances, beaucoup de Corses que l'auteur semble particulièrement apprécier puisqu'il les qualifie de « race immonde qui n'a jamais su choisir qu'entre le couteau du bandit et le sabre du garde-chiourme ».
De ces trois ans au soleil, Darien rapportera Biribi, qui ne paraîtra qu'en 1890, en raison des atermoiements et des manoeuvres dilatoires des éditeurs, un peu effrayés de la violence de la charge (rien n'est épargné; prisonniers assoiffés, affamés, torturés, homosexualité subie...).
Que dire de ce témoignage, si ce n'est qu'il offre un exemple édifiant des multiples possibilités, germées dans des cerveaux malades, d'humilier, de briser, d'aveulir et de tuer des hommes avec l'autorité absolue que confère le Code et une bande de tissu cousue sur l'épaule ? La vie militaire y est excellemment analysée, reposant entièrement sur la peur, sur l'abrutissement programmé, sur l'application incessante de règles dont l'inanité le dispute à la stupidité...etc. A rapprocher, bien sûr, des Carnets de Louis Barthas, tonnelier, ou d'autres ouvrages du même type et à préférer, encore bien sûr, au nième témoignage du colonel X ou du général Y dévoilant aux foules ébahies les dessous d'un quelconque conflit dans lequel il a brillé. Citation : « étant soldat, je suis un peu plus qu'une chose, puisque j'ai des devoirs, mais beaucoup moins qu'un homme, puisque je n'ai plus de droits ».
Mais Biribi n'est pas qu'un témoignage supplémentaire de ceux qu'on a enfermés, sous les prétextes les plus divers, dans des camps ou forcés à travailler dans des conditions inhumaines. A vrai dire, on est assez loin de l'apitoiement, de la commisération et de l'attitude victimaire habituelles. C'est la haine qui fait tenir Darien, la haine de ses bourreaux bien sûr, mais aussi celle, peut-être plus forte encore de tous les malheureux, de tous les pauvres, de toutes les victimes présentes et à venir, de tout le peuple, enfin, masse infantile, animale et sans cervelle qui tolère, qui excuse, qui oublie, qui s'agglutine aux défilés et qui, in fine, est responsable de son sort. La Boétie l'avait déjà dit, certes, mas moins fort. Inutile donc de préciser que si Darien a su se faire solidement détester des culottes de peau, les adeptes des lendemains qui chantent ne lui savent pas davantage gré de ses démonstrations. Ce qui rend le personnage éminemment sympathique et estimable.
Accessoirement, en bonus si l'on peut dire, Darien se rapproche d'un Gide (Voyage au Congo/ Retour du Tchad) en donnant quelques aperçus intéressants de la mission de civilisation exercée par la France en Algérie et en Tunisie. Les bienfaits de la colonisation sont exposés par le menu : magouilles immobilières sur des terrains immenses effectuées au détriment de l'Etat, fonctionnaires corrompus et concussionnaires, matériaux détournés, marchés publics truqués, utilisation à des fins privées d'une main d'oeuvre taillable et corvéable à merci. Rien de nouveau sous le soleil donc, mais ces petits rappels ne font pas de mal à l'heure de l'Irak ou de l'Afghanistan.
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