La couverture et le résumé m'ont fait espérer un roman plein d'exotisme et de sensualité, mais j'ai été bien déçu. Ce livre n'est pas du Baudelaire. Notre héros reste bien franchouillard, je l'imagine le guide du routard à la main et vêtements estamplillés "Quecha" de chez Décathlon. Il quitte une Hélène pour phantasmer sur une Julie qui est une expat de l'humanitaire (à noter que la plus part des personnages sont des expats au bon coeur !). Il y a quelques scènes érotiques "olé olé" où la pauvre Julie reste ma foi bien passive "elle était couchée sur le ventre, j'ai mis ma main entre ses jambes, c'était mouillé, je suis entré en elle" (de mémoire, à quelque chose près).
Tout ce qui pourrait faire l'objet d'un article dans Elle est là, tous les clichés imaginables sur l'Asie sont rassemblés, de la soupe de nouilles au thé à la cardamome, en passant par les pagodes, les lacs et les barques, les parfums et les senteurs, les bus et les virages, le douanier et le policier corrompu, les guesthouses et la bière Tiger, Kaosan Road et le Yaabaa... etc, etc
J'imagine que si l'auteur avait été Birman et qu'il avait écrit "Française", on aurait eu droit, aux oignons et au béret, à Montmartre et Pigalle, aux baguettes et aux croissants, aux escargots et aux cuisses de grenouilles, au Mont St Michel et à Notre Dame de Paris... au café du petit déjeuner dans un bol et les tartines qu'on y fait tremper...
Et je me demande aussi combien de temps l'auteur ou l'éditeur ont mis pour décider que "Birmane" était un bien meilleur titre que "La Birmane" ?
Le clou du spectable c'est quand notre héros trouve du réconfort en mangeant un croissant dans son hotel de Rangoon ! Quel aventurier !