Birth of the Cool marque d'une certaine manière la naissance officielle, à la fin des années 1940, d'un nouveau style de musique, le Cool Jazz. Si Miles Davis n'en est sans doute pas l'inventeur (Lee Konitz considérait que l'inventeur du mouvement était le pianiste Lennie Tristano), avec la complicité de son ami Gil Evans (qui ne figure pas dans le personnel, mais a fortement inspiré son ami et signe d'ailleurs les arrangements de Moon dreams et Boplicity), il avait eu l'idée de créer un nonet comportant, outre une section rythmique, une importante section de cuivres (saxophones, tuba, trombone, etc.). Le cool jazz, étiquette attribuée par la critique, se caractérisait par la volonté de prendre le contre-pied du bee-bop, à l'essor duquel Miles Davis avait pourtant participé aux côtés de Charlie Parker, mais qui tombait parfois dans une technicité et une virtuosité excessives, dans lesquelles Miles ne se reconnaissait pas ' peut-être par défaut de technique (mais on voit MD plus tard participer au mouvement hard-bop). Mais au-delà de ce choix esthétique de l'époque, c'est la recherche d'un son propre qui motive le trompettiste, ce son si délicat, sans vibrato, à la fois clair et fragile et le goût de Miles Davis pour une recherche constante d'une musique nouvelle qui l'a conduit à se renouveler sans cesse et à la révolution électrique en 1969
Cet album constitue en réalité une compilation d'enregistrements qui s'étalent sur plusieurs mois et qui sont sortis en leur temps sous forme de plusieurs galettes successives. Trois sessions sont ici réunies. L'une du 21 janvier 1949 avec Kay Xinding : trombone, Junior Collins : french horn, John Barber : tuba, Lee Konitz : saxo alto, Gerry Mulligan : saxo baryton, Al Haig : piano, Joe Shulman : basse et Max Roach : batterie. La deuxième le 22 avril 1949 avec : J. J. Johnson : trombone, Sandy Siegelstein : french horn, John Barber : tuba, Lee Konitz : saxo alto, Gerry Mulligan : Saxo baryton, John Lewis : piano, Nelson Boyd : basse et Kenny Clarke : batterie. La dernière du 9 mars 1950 avec : J. J. Johnson : trombone, Gunther Schuller : french horn, John Barber : tuba, Lee konitz : saxo alto, Gerry Mulligan : saxo baryton, Al McKibbon : basse, Max Roach : batterie, et Kenny Hagood : voix.
Miles Davis s'est par la suite assez rapidement tourné vers d'autres recherches. Mais même lorsqu'il a abandonné le cool jazz, ce genre n'est pas mort pour autant et a donné au contraire naissance au mouvement West Coast Jazz qui s'est développé sur la côte ouest des Etats-Unis, grâce à des musiciens dont certains avaient participé aux sessions de The birth of the Cool, que ce soit Gerry Mulligan, John Lewis ou Lee Konitz.