Savoureux mélange d'humour et d'enquêtes surnaturelles, Black Butler est une série qui ravira filles et garçons à la fois : des majordomes charismatiques totalement dévoués à leurs maîtres avec un zeste de combats, le tout prenant place dans une Angleterre victorienne légèrement caricaturale qui rappellera sans doute à certains la magnifique série Comte Caïn/God Child de Kaori Yuki. Ici, contrairement à d'autres mangas qui mettent l'accent sur le côté historique de la période victorienne, l'auteur s'inspire plutôt de l'ambiance gothique qui s'en dégage pour n'en garder que les codes et l'esthétisme.
Les personnages sont attachants et drôles à la fois. J'ai particulièrement été touchée par le personnage de Madam Red, et parfois par Ciel, quand celui-ci laisse entrevoir ses faiblesses. L'atout majeur de la série reste cependant Sebastian, ce charismatique majordome qui derrière son sourire, cache une part d'ombre. A lui tout seul, il réussit à faire frémir toutes les lectrices accro aux beaux garçons ténèbreux !
Le premier tome, fort sympathique à lire, privilégie l'introduction des personnages principaux en dépeignant leur vie quotidienne. Jouant ainsi un rôle de tome d'exposition, cela lui donne une certaine lenteur qui ne reflète pas le véritable potentiel de la série : le premier tome enchaîne gags sur gags, tant et si bien qu'on se demande parfois où Yana Toboso veut en venir. Fort heureusement, le deuxième tome de la série se consacre davantage au développement de l'intrigue principale : action et humour sont au rendez-vous et le lecteur se retrouve pris dans un tourbillon de révélations et de rebondissements. Le mystère commence à s'instaurer, et beaucoup de questions viennent tarauder l'esprit des lecteurs.
Tout le mystère de Black Butler pourrait se résumer à cette seule et unique phrase, récurrente dans le manga : "Je ne suis qu'un Diable de majordome".
Série très plaisante, dessinée avec soin, Black Butler est donc une série qui ne laisse éclater son potentiel véritable qu'à partir du deuxième volume. Par la suite, l'intrigue prend du relief de tomes en tomes, à mesure que les enquêtes se font plus complexes, plus prenantes, mais aussi plus sombres. Cependant, la tension dramatique de chaque enquête se trouve souvent contrebalancée par une forte dose d'humour, qui apparaît ainsi comme une bouffée d'air frais entre deux moments de tension.
Black Butler est une série qui sort de l'ordinaire : derrière ses airs apparents de shôjo se cache en réalité un shônen dynamique et très divertissant. A noter que Black Butler a relancé la mode des majordomes dans les mangas !