Après les triomphe de "Dracula" et "Frankenstein", les studios universal ne purent s'empêcher de se faire rencontrer, et même confronter, ses deux méga stars du moment, j'ai cité Bela Lugosi et Boris Karloff.
Et pour cette première rencontre la réussite est grande. Karloff est un être mystérieux, au lourd passé (et secrets) et très sombre. Nous avons le plaisir de voir Bela dans un rôle presque à contre emploi puisqu'il ne tient là ni le rôle d'un savant fou ni celui d'un monstre, ce qui est exceptionnel (on dit généralement ça, mais au temps du muet il a tenu bien des rôles d'hommes ordinaires dont deux fois sous la direction d'un certain Manckiewicz, ça vous dit quelque chose?? ;0)).
En effet ici, il campe un docteur au passé terrifiant et cachant une profonde douleur. Un homme presque brisé et secrètement désespéré. A la recherche d'une époque heureuse mais perdu. Mais l'homme est bon, profondément bon. Et le plaisir est grand de le voir campé un tel personnage, celà est si changeant.
La réalisation joue très bien avec l'ombre et la lumière, c'est la grande époque de l'expressionisme allemand au cinéma. J'apprécie particulièrement la première scène se passant au sous-sol entre Bela et Boris. Bien que le premier apparaisse plus tôt dans le film, ils se partagent équitablement l'écran, mais déjà, les studios montraient leur préférence pour Boris (son nom apparait écrit en premeir et en gros au générique de fin par rapport à celui de Bela). Leur face à face est un vrai bonheur. Malgré un scénario quelque fois faible, il a ses failles, mais je ne peux m'empêcher de mettre 5 étoiles à cette oeuvre qui reste référencielle.
A leur côté, David Manners qui aura la chance de les avoir déjà affronté deux fois auparavant : en 1931, Bela dans "Dracula" et en 1933 Boris dans "La Momie".
Pour terminé, précisons que "Le chat noir" (d'après Edgar Allan Poe, au passage) fut le plus gros succès commercial des studios universal en cette année 1934.