Black Cherry est le second album d'un groupe, Goldfrapp, qui a commencé très haut et c'est un album inattendu. En effet, avec Felt Mountain, le groupe nous laissait entrer dans un monde sauvage; Black Cherry est profondément "urbain", ses titres évoquent la plage, les nuits de décadence à LA et surtout le sexe. C'est pourquoi, certainement, le duo s'est orienté vers l'electro-clash, rythmes et synthétiseurs de basse en avant. Ici, Alison délaisse la sensualité froide qui faisait tout son attrait dans Felt mountain et adopte une attitude toujours plus érotique et sexy, cependant très distante. Les textes restent ambigus mais ont gagné en humour "british". Ainsi, la très sexuelle Strict Machine s'inspire d'un article de journal à propos d'expériences électroniques faites sur les rats pour parler de relations humaines... Ce qui fait la force de Goldfrapp, c'est finalement sa classe: celle de se réinventer, celle aussi de se vêtir avec imagination, sans jamais tomber dans le vulgaire. Black Cherry en a déçu plus d'un à sa sortie, pourtant, il est excellent, moins bon que le premier opus mais excellent tout de même. Ecoutez Train, Tip Toe, Deep Honey et surtout le stellaire Crystalline Green: c'est si délicieux.