Alice in Chains est rentré dans le cercle très fermé des groupes de rock mythiques le 19 avril 2002. C’est en effet ce jour là que le chanteur charismatique du groupe de Seattle, Layne Staley, fut retrouvé mort par overdose (suicide) chez lui, laissant toute une génération, estampillée grunge au début des années 1990, doublement orpheline : huit ans après la mort de Kurt Cobain, Layne Staley disparaissait tragiquement.
Après les énormes succès que furent les albums
Facelift (1991),
Dirt (1992) ou
Alice in Chains (1995), que restait-il comme avenir à Alice in Chains sans leur chanteur ? Jerry Cantrell, guitariste et tête pensante du groupe, s’est essayé à une carrière solo et à diverses collaborations avant de recruter pour ce grand retour un certain William DuVall. Mike Inez, Sean Kinney et Jerry Cantrell n’ont pas choisi ce nouveau chanteur par hasard : la voix fantomatique, hautement habitée du bonhomme, impose d’emblée le respect, et surtout le souvenir de l’irremplaçable Layne Staley.
Dès le morceau d’ouverture (
« All Secrets Known »), le phrasé lancinant, désespéré, puissant de DuVall fait immanquablement penser à l’organe de feu Staley. Or il n’est ici pas question de « copier » le défunt, mais bien de lui rendre hommage, comme Jerry Cantrell et ses acolytes l’avaient souhaité en enregistrant ce disque. Produit par Nick Raskulinecz (Foo Fighters, Rush),
Black Gives Way to Blue fait office de retour d’outre-tombe. Un nouveau disque d’Alice in Chains aurait pu faire sourire, en 2009. Mais c’était sans compter le formidable talent de Jerry Cantrell, qui est ici l’artisan d’un des « retours de groupe » les moins putassiers qu’il nous ait été donné d’entendre.
Mêlant toujours grunge, hard rock et heavy metal dépressif avec une classe inégalée, Alice in Chains offre ici quelques très bons moments. L’apocalyptique
« Last of My Kind », avec ses riffs vertigineux, et le plus pop (si tant est que ce qualificatif soit raisonnable pour Alice in Chains)
« Your Decision » justifient à eux seuls la reformation du groupe. Puis
« When the Sun Rose Again », qui rappelle plus le travail d’Alice in Chains de l’époque
Sap (1992) et
Jar of Flies (1994) grâce à sa subtilité acoustique, sa curieuse tranquillité, procure l’étrange sensation que le temps s’est arrêté depuis le milieu des années 1990, et que, non, la musique d’Alice in Chains, même plus de dix ans plu tard, n’a définitivement rien d’anachronique.
Si les plus dispensable
« Take Her Out » et
« Acid Bubble » rendent le disque faillible, l’hommage à Layne Staley à la fin du disque, éponyme du titre de l’album, s’avère d’une beauté éblouissante, avec ce jeu de voix Cantrell-DuVall, et la finesse d’un Elton John au piano, venu prêter main forte au groupe pour l’occasion.
Black Gives Way to Blue est tout simplement le retour à la lumière d’un des groupes les plus sombres qui soit.
Arnaud De Vaubicourt - Copyright 2012 Music Story
Groupe phare de la scène grunge de Seattle, Alice In Chains revient, 17 ans après son légendaire album « Dirt » avec son premier album studio depuis la disparition du chanteur Layne Staley. Au cours de sa carrière Alice in Chains a vendu plus de 17 millions d'albums dans le Monde, a été nominé plusieurs fois aux Grammy Awards et a placé 11 singles dans le Top 10 !! Ce nouvel album, produit par Nick Raskulinecz, le producteur des Foo Fighters et de Deftones notamment, regroupe la formation d'origine d'Alice In Chains à savoir Jerry Cantrell, Sean Kinney et Mike Inez, tous trois accompagnés au chant par William DuVall. Cet album, au titre en hommage à Layne Staley, est un parfait héritage aux albums précédents du groupe, il incarne totalement la survie d'Alice In Chains.