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Inventeur du blufunk (un mélange de blues et de funk), Olufemi Sanyaolu alias Keziah Jones, se réclame de Fela (dailleurs, le batteur Tony Allen, fidèle du créateur de l' afrobeat, laccompagne) et de Jimi Hendrix, mais aussi de John Coltrane ou de Prince. Né à Lagos au Nigeria et élevé en Angleterre, ce virtuose de la guitare rapplique avec
Black Orpheus, album ainsi intitulé daprès le film
Orfeu Negro. Enregistré avec Russell Elevado, un fidèle collaborateur de The Roots, DAngelo, Alicia Keys ou Jay Z, ce quatrième épisode de la carrière du musicien philosophe, débutée dans le métro parisien, a navigué entre Paris, Londres et l'Andalousie. À trente-quatre ans, Keziah Jones, fier de ses origines yoruba, y célèbre ses ancêtres dans un échafaudage cosmopolite de voix traditionnelles (parfois passées au tamis électronique), de cuivres free-jazz ou de percussions endiablées. Son hommage chaleureux se décline en ballades et mélopées quasi-a capella doù séchappent des références à Gainsbourg "Wet Questions" et des rythmes pop-rock. Une invitation au voyage propulsée par "Femiliarise", titre qui pourrait bien douze ans après dépasser le succès de "Rhythm Is Love".
--Sabrina Silamo
Critique
Black Orpheus fait inévitablement référence au célèbre
Orfeu Negro de Marcel Camus (1959) adapté en film par l’auteur et mis en musique par le Brésilien Luiz Bonfa. Reprenant l’intitulé à son compte, Keziah Jones invite à un voyage dans l’espace, dans des contrées lointaines du continent noir où le soleil pesant mais vital est au rendez-vous . L’album se veut plus acoustique que le précédent
Liquid Sunshine.
Emprunt de spiritualité et de mysticisme, il retrouve sa source en Africaine, comme dans
« Kpafuca » ou
« Orin O’Lomi ». Keziah Jones semble ici habité par le fantôme de Fela, originaire comme lui de Lagos, et l’afro-beat est très présent. Le message est néanmoins plus poétique qu’engagé, comme le montrent les superbes
« Femiliarise » et
« Beautiful Emilie ».
Le chanteur n’en oublie pas pour autant d’ajouter les ingrédients qui lui sont propres, le rock , la soul , le funk façon fusion qui donne à sa musique une sonorité et un groove à nul autre pareils, comme le prouve le titre
« AfroSurrealismForTheLadies ».
On le surprend même à chanter quelques phrases de Serge gainsbourg en français (
Je suis venu te dire que je m’en vais…) dans
« Wet Question ».
Nadia Hammami - Copyright 2012 Music Story