Amazon.fr
C'est en première partie des Waterboys que ce trio originaire de Los Angeles s'est fait remarquer, laissant leur leader Mike Scott sans voix, ce qui en soi est une carte de visite plutôt sympathique. Évoluant dans des contrées déjà défrichées par moult combos de rock noisy, des Dandy Warhols à Yo La Tengo, B.R.M.C. pour Black Rebel Motorcycle Club distille un rock raffiné et cultivé aux saveurs franchement 70's où cohabitent sans anicroches volutes psychédéliques et accélérations qui lorgnent du côté du punk rock. "Love Burns" en est un exemple parfait taillé à coups de guitares heavy qui annoncent l'envoûtant "Awake". Soit un disque d'un groupe direct qui ne s'encombre pas de fioritures tout en sachant demeurer convaincant sur la longueur.
--Hervé Comte
Critique
Rien n'est laissé au hasard sur ce premier album de BRMC, conçu en forme de profession de foi garage, truffé de références diverses, certes en majorité noisy, mais avec aussi des échos psychédéliques (sur le très beatlesien
« Awake ») et des guitares sèches encore discrètes.
Plus versatile qu'il en a l'air, le trio (oui, ils ne sont que trois, mais il font autant de bruit qu'à six ou sept) apprécie autant la concision que la longueur, mais sait au moins torcher des chansons fortes, qui peuvent appâter sans problème le chaland, ainsi le très réussi et fédérateur
« Whatever Happened to My Rock 'N'Roll ? (Punk Song) » (« Je suis tombé amoureux d'une douce sensation / J'ai donné mon coeur à un simple appel / Mon âme à une nouvelle religion / Mais qu'est devenu mon rock 'n'roll ? »).
La production, volontairement minimale mais qui regorge de feedback, ne détourne pas l'attention de l'auditeur et la rythmique, efficace, ne fait pas dans la dentelle. Sur l'intro psalmodiée de
« Rifles », on pense un peu aux Stooges de
« We Will Fall », mais qui auraient su cette fois-ci composer une vraie chanson. La formule, qui s'avèrera payante pour nos san-franciscains puisqu'ils trouveront d'entrée de jeu leur public, semble tellement au point qu'on se dit que sur ce très bon disque sans titre mais aussi sans concessions (dont l'édition japonaise comprend quand même trois titres bonus : ah oui, mais « qu'est-il arrivé à mon rock 'n'roll » ?), tout ou presque était déjà dit pour BRMC - sans que ce soit nécessairement un mal... Pourtant, cinq ans plus tard, avec
Howl, ils sauront montrer qu'ils peuvent encore créer la surprise.
Frédéric Régent - Copyright 2012 Music Story