Au delà du récit de la découverte de la vie, et de la découverte de son passé par l'héroïne-narratrice, ce beau roman nous raconte des vies de femmes, à la fois très différentes, et finalement très proches.
Car ce sont les femmes qui sont au centre de cette histoire, quels que soient leur âge, leur couleur de peau ou leur milieu social.
L'auteur nous montre des femmes qui, toutes, et sous diverses formes, vivent dans la dépendance et la soumission, écrasées par les hommes qu'elles aiment et par le carcan social. Pas un homme de ce roman ne mérite vraiment notre sympathie.
Les femmes noires (personnages principaux du roman) sont,elles, doublement soumises: en tant qu'épouses (victimes de maris violents, alcooliques, volages...), et en tant que femmes de couleur, dans un pays colonisé par les européens, (inférieures à la femme blanche et jouets de l'homme blanc).
Mais, malgré leur place supérieure dans la hiérarchie sociale, les femmes blanches n'ont pas un sort vraiment plus enviable. Déracinées, loin de leurs familles et de leur pays d'origine, désoeuvrées, isolées, sans amis, arrivées dans ce pays étranger pour suivre les ambitions de leur mari, elles doivent en plus elles aussi subir la domination de ces hommes qu'elles accompagnent et qui les négligent et les humilient.
Toutes les femmes de ce roman vivent dans le mensonge, contraintes par une société machiste à ne jamais pouvoir avouer la réalité de leur vie.
Mais la fin du roman, et les choix de l'héroïne laissent espérer que la vérité sera désormais regardée en face.
Un beau récit sur le statut de la femme dans un monde de domination masculine.