Black Sabbath

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Biographie

C'est une histoire d'immédiate post-adolescence et d'amitié : le guitariste Frank Anthony « Tony » Iommi, le bassiste Terence « Geezer » Butler, le chanteur John « Ozzy » Osbourne et le batteur William « Bill » Ward ont vingt ans et aiment tous les surnoms et le rock. Ce qui, on en conviendra, vaut mieux lorsqu'on habite Aston, petit bourg proche de Birmingham (Royaume-Uni), à la fin des années 60. Tony Iommi, ancien ouvrier métallurgiste dont trois doigts de la main droite furent entamés par une presse (il concevra des prothèses pour pallier ce handicap, très impressionné par le parcours de ... Lire la suite

C'est une histoire d'immédiate post-adolescence et d'amitié : le guitariste Frank Anthony « Tony » Iommi, le bassiste Terence « Geezer » Butler, le chanteur John « Ozzy » Osbourne et le batteur William « Bill » Ward ont vingt ans et aiment tous les surnoms et le rock. Ce qui, on en conviendra, vaut mieux lorsqu'on habite Aston, petit bourg proche de Birmingham (Royaume-Uni), à la fin des années 60. Tony Iommi, ancien ouvrier métallurgiste dont trois doigts de la main droite furent entamés par une presse (il concevra des prothèses pour pallier ce handicap, très impressionné par le parcours de Django Reinhardt, virtuose lui aussi mutilé), sera à la fois le seul élément constant dans l'histoire du groupe, le responsable d'un son lourd, lent et menaçant, éminemment caractéristique. Contraint de diminuer la tension des cordes de sa Gibson pour épargner ses phalanges meurtries, il crée par là-même un climat sonore totalement inédit.

C'est donc sous le nom de Polka Tulk Blues Company, puis de Earth, que les quatre copains jouent leur rock-blues aux quatre coins de l'Europe (Tony Iommi leur fait quelques infidélités, se produisant une poignée de mois avec Jethro Tull) et finissent par s'apercevoir qu'un autre groupe porte le même nom. Un livre du très populaire Dennis Wheatley (romancier britannique spécialisé dans les thrillers et autres romans de gare, l'un des plus forts tirages des années cinquante et soixante à Londres) dévoré par le bassiste, et dont le titre est validé par le reste du groupe, leur offre une nouvelle identité : Black Sabbath est né. Un « sabbat noir » nourri de l'imaginaire des films d'horreur de Mario Bava, des prestations de William Henry Pratt (acteur mieux connu sous le nom de Boris Karloff) et de cette contre-culture kitsch qui alimentera plus tard l'univers gothique, et une inspiration sinistre, apte à liquider la béatitude hippie des années 60...ainsi qu'une orientation musicale, voulue par Ozzy Osbourne, qui estime que, si des spectateurs sont prêts à dépenser de l'argent au cinéma pour être effrayé, il peut en être de même en concert...

Prélude

Comment s'effectue dès cette époque la répartition des tâches au sein du groupe ? C'est naturellement Tony Iommi qui assume l'énorme majorité des musiques, usant et abusant du tritone (ou intervalle du diable), intervalle de trois tons, comparable à la quarte augmentée dans l'usage qui en est fait en matière de dissonance dans la musique occidentale. Ozzy Osbourne se consacre plus particulièrement aux lignes mélodiques du chant et des harmonies vocales. Quant à Geezer Butler, il prend en charge les paroles des chansons.

Acte I

Ce sont leurs multiples concerts qui attirent l'attention de différents labels sur eux et provoquent la signature chez Philips en 1969. Au mois de janvier de l'année suivante, le groupe édite son premier 45-tours (« Evil Woman (Don't Play Your Game With Me) »), une reprise du groupe de Minneapolis Crow, enregistrée en deux jours de studio. C'est en février que sort le premier album - homonyme - du groupe, succès instantané dans le Top 10 et qui parviendra, dès que les problèmes de licence seront réglés, à séjourner plus d'une année dans les classements américains, pour des ventes dépassant le million d'exemplaires. Le label surligne le trait du satanisme en laissant figurer une croix inversée à l'intérieur de la pochette.

Dès ces prémices, Black Sabbath est éreinté par la critique (beaucoup de bruit pour rien), qui ne décèle dans le groupe qu'un appauvrissement fruste et radical de la pop music. Lester Bangs agonit le disque d'injures dans Rolling Stone, fustigeant le manque d'unité de l'ensemble. Ce déficit d'image poursuivra les Anglais (pourtant constant dans leur inspiration et leurs choix esthétiques) tout au long de leur carrière, en parallèle à un parcours triomphal dans le coeur du public.
Au mois de septembre 1970, le second album (Paranoid,qui devait initialement s'intituler War Pigs, mais a été rebaptisé, conflit du Viêt-Nam oblige) est un nouveau succès, à commencer par la chanson-titre, composée sur un coin de table et visant simplement à compléter une durée insuffisante de l'ensemble. Le single (accessoirement la chanson la plus célèbre de Black Sabbath et initialement refusée car par trop commerciale), atteint le Top 5, alors qu'aux États-Unis, le disque se vend à quatre millions de copies.

Master of Reality (août 1971, avec une présence importante d'instrumentation acoustique, et un solo de flûte de Tony Iommi) et Black Sabbath, Vol. 4 (septembre 1972, enrichi lui d'un mellotron et enregistré dans un manoir californien de Bel Air) représentent de nouveau des ventes considérables, à l'instar de Sabbath Bloody Sabbath (novembre 1973), pour lequel le groupe accueille sur deux morceaux le claviériste de Yes Rick Wakeman. L'iconographie de la pochette est confiée à Drew Struzan, roi américain du poster, qui aura par la suite - et en particulier - en charge les affiches de La Guerre des Étoiles. Et l'album recueille - une première - les lauriers de la critique. C'est l'époque bénie (?) où un secrétaire portant en permanence un attaché-case bourré de produits prohibés suit le groupe et où les dépenses en drogues s'avèrent supérieures aux investissements de productions d'albums. Après un délai, conséquent d'une mise sur la touche du groupe pour des problèmes managériaux, l'album Sabotage (juillet 1975, incluant cette fois des chants grégoriens) trahit un effritement des ventes outre-Atlantique.

Acte II

Naît alors un conflit entre Tony Iommi - adepte de l'adjonction de cuivres et d'une évolution générale du son - et Ozzy Osbourne (qui, lui, préfère surtout ne rien changer). On peut naturellement considérer que l'abus quotidien de substances psychotropes (le chanteur atteint un seuil de paranoïa tout à fait édifiant ; quant au guitariste, sa consommation de LSD est, de son propre aveu, quotidienne) ne fait qu'exacerber les tensions. L'album Technical Ecstasy (octobre 1976), où le groupe utilise pour la première fois un orchestre symphonique et des synthétiseurs, précède ainsi d'une année un premier départ du chanteur. Mais c'est un line-up au grand complet qui enregistre Never Say Die ! (septembre 1978). Malgré des ventes décentes, le disque n'atteint pas des sommets (nous sommes en pleine vague punk) et Ozzy Osbourne quitte finalement Black Sabbath, pour un parcours en solitaire couvert de platine : il est remplacé au mois de juin 1979 par le chanteur de Rainbow (groupe illuminé par la guitare de l'ex-Deep Purple Ritchie Blackmore), Ronnie James Dio. C'est à la même période que le pianiste Geoff Nicholls commence à graviter à proximité immédiate du groupe, mais pas encore intégré comme membre à part entière (on le contraindra même à jouer sur scène, dissimulé du public et en coulisses, pour ne pas nuire à l'image du combo).

En avril 1980, Heaven and Hell montre un regain de forme pour Black Sabbath qui, de nouveau, vend beaucoup de disques, dans beaucoup de pays, d'autant que la maison de disques du quatuor occupe simultanément le marché en éditant un concert vieux de cinq ans (Black Sabbath Live at Last). C'est au cours de la tournée promotionnelle qui suit que Ronnie James Dio tend la main au public, annulaire, majeur et pouce repliés, index et auriculaire dressés : la main cornue (ou « signe de la Bête »), emblématique du heavy metal, est née. Ce sont alors officiellement des ennuis de santé (il vient de perdre ses deux parents coup sur coup, et sombre progressivement dans l'alcoolisme) qui contraignent Bill Ward à s'éloigner du groupe : il est remplacé par Vinny Appice (qui a auparavant tapé sur des tambours pour Rick Derringer ou le groupe Axis). C'est donc cette nouvelle équipe qui enregistre Mob Rules (novembre 1981). Mais à la sortie de Live Evil (janvier 1983), nouvel album en public, et en conséquence de profondes divergences entre Tony Iommi et Ronnie James Dio (le premier accusant le second d'avoir trop avantageusement mixé sa voix), ce dernier s'en va pour fonder un projet solo, emportant Vinny Appice dans ses bagages.

Acte III, IV, V, VI...

Born Again, album sorti en septembre 1983, porte merveilleusement son nom, puisque, après avoir persuadé le batteur Bill Ward (qui n'assurera pas les tournées, suppléé par Bev Bevan, un copain de Birmingham et rock star au sein d'Electric Light Orchestra) de réintégrer le groupe, Tony Iommi a recruté Ian Gillan, chanteur du groupe ennemi éternel, Deep Purple (Black Sabbath ira jusqu'à interpréter l'immarcescible « Some on the Water » en rappel de concerts). Nouvelle valse de personnel avec, en mars 1984, le départ de Ian Gillan (pour une reformation de Deep Purple), brièvement remplacé par Dave Donato (par ailleurs saxophoniste de formation). Mais au mois de janvier 1986, c'est un Black Sabbath featuring Tony Iommi qui propose l'album Seventh Star : le groupe intègre alors Glenn Hughes au chant (il fut lui aussi vocaliste de Deep Purple), Geoff Nicholls aux claviers, le bassiste Dave Spitz (ancien du groupe Trapeze) et le batteur Eric Messinger Singer (ex-frappeur pour Kiss). L'album ne se vend pas bien, ce qui n'est pas très grave, puisqu'en mars 1986, Glenn Hugues (blessé dans une rixe de bar) est remplacé par Ray Gillen (avant tout chanteur de blues-rock avec Badlands, on lui aurait proposé simultanément un rôle majeur dans la comédie musicale Cats).

Black Sabbath n'est plus désormais qu'une multinationale dirigée par Tommy Iommi, où valsent les noms (Bob Daisly, ancien Uriah Heep, ou le chanteur Tony Martin), mais pas les ventes de disques (The Eternal Idol, novembre 1987), ni les places de concerts, avec la moitié d'une tournée américaine annulée pour locations insuffisantes. C'est à cette époque que le groupe accepte de se produire dans l'Afrique du Sud de l'apartheid, ce qui aura des conséquences déplorables pour son image. Bev Bevan, qui refuse de cautionner l'entreprise, est remplacé par l'ex-Clash Terry Chimes.

Les choses s'améliorent en avril 1989, avec l'édition de Headless Cross, album qui intègre nouveau batteur - Cozy Powell, lui également transfuge de Rainbow - et nouveau bassiste, en la personne de Laurence Cottle, qui réalisera l'exploit de jouer pour Brian Eno et Tom Jones. C'est à l'occasion de ce nouvel album que Black Sabbath est l'un des premiers groupes à se produire en URSS après l'ouverture des frontières. Le temps de le mentionner et Laurence Cottle est remplacé par Neil Murray (ex-Whitesnake), pour l'enregistrement de Tyr (août 1990), qui est le premier album de Black Sabbath à ne s'octroyer aucune incursion dans les charts américains. Pis : des dates de la tournée britannique sont annulées et c'est la première fois que la sortie d'un album du groupe n'est pas suivi de concerts aux États-Unis. Pour aggraver les choses, souffrant de séquelles d'un accident d'équitation, Cozy Powell s'en va. En revanche, le retour de Ronnie James Dio et de quelques autres permet le succès de Dehumanizer (juin 1992).

Le temps des retrouvailles

Le 15 novembre 1992, on annonce l'ultime concert d'Ozzy Osbourne avec Black Sabbath... pour quelques mois plus tard apprendre que le chanteur a réintégré le groupe...ce qui s'avèrera une rumeur sans lendemain.

Les allers et venues (dignes d'une pièce de Labiche) se poursuivent lors des enregistrements de Cross Purposes (février 1994) ou Forbidden (juin 1995), ainsi que de l'album commémoratif, enregistré dans la cité natale du groupe, Birmingham (Reunion, octobre 1998). A cette occasion, la version live de « Iron Man » se voit gratifié d'un Grammy Award (le premier du groupe)... trente ans après avoir été composé. Bill Ward, victime d'une crise cardiaque, se fait momentanément excuser, le groupe accueille pour des sessions Adam Wakeman, fils de Rick, puis entre au mois de novembre 2005 au British Hall of Fame et le 13 mars 2006 au Rock and Roll Hall of Fame d'outre Atlantique. Craignant l'ennui, Ozzy Osbourne et Tony Iommi éditent albums originaux et anthologies, et Tony Iommi, Ronnie James Dio, Geezer Butler et Vinny Appice tournent sous le nom de Heaven and Hell.

Avec ses cent millions de disques vendus de par le monde, Black Sabbath est considéré dans les classements comme le deuxième plus important groupe de hard rock de l'histoire (derrière Led Zeppelin), reste le Prince Noir du genre. Entre retraites complémentaires et spéculations sur le sentiment de nostalgie irriguant tout coeur de fan qui se respecte, le reste n'appartient que modérément à la musique, énormément au commerce et passablement à la télé-réalité (The Osbournes), passion une saison durant du chanteur Ozzy Osbourne, n'hésitant pas à exhiber à travers l'étrange lucarne problèmes d'addiction et dysfonctionnement du côlon. L''incroyable finit par se produire en 2011 avec l'annonce de la re-formation de Black Sabbath dans sa formule originale. Le groupe annonce dans la foulée tournée et surtout album pour 2012. Ces plans sont retardés par le diagnostic d'un cancer chez Tony Iommi et le retrait de Bill Ward qui s'estime maltraité contractuellement. C'est finalement le batteur Brad Wilk qui figure sur 13 enregistré sous la houlette de Rick Rubin. 13 sort en juin 2013 et ravive les frissons de la grande époque de Black Sabbath. Copyright 2014 Music Story Christian Larrède

C'est une histoire d'immédiate post-adolescence et d'amitié : le guitariste Frank Anthony « Tony » Iommi, le bassiste Terence « Geezer » Butler, le chanteur John « Ozzy » Osbourne et le batteur William « Bill » Ward ont vingt ans et aiment tous les surnoms et le rock. Ce qui, on en conviendra, vaut mieux lorsqu'on habite Aston, petit bourg proche de Birmingham (Royaume-Uni), à la fin des années 60. Tony Iommi, ancien ouvrier métallurgiste dont trois doigts de la main droite furent entamés par une presse (il concevra des prothèses pour pallier ce handicap, très impressionné par le parcours de Django Reinhardt, virtuose lui aussi mutilé), sera à la fois le seul élément constant dans l'histoire du groupe, le responsable d'un son lourd, lent et menaçant, éminemment caractéristique. Contraint de diminuer la tension des cordes de sa Gibson pour épargner ses phalanges meurtries, il crée par là-même un climat sonore totalement inédit.

C'est donc sous le nom de Polka Tulk Blues Company, puis de Earth, que les quatre copains jouent leur rock-blues aux quatre coins de l'Europe (Tony Iommi leur fait quelques infidélités, se produisant une poignée de mois avec Jethro Tull) et finissent par s'apercevoir qu'un autre groupe porte le même nom. Un livre du très populaire Dennis Wheatley (romancier britannique spécialisé dans les thrillers et autres romans de gare, l'un des plus forts tirages des années cinquante et soixante à Londres) dévoré par le bassiste, et dont le titre est validé par le reste du groupe, leur offre une nouvelle identité : Black Sabbath est né. Un « sabbat noir » nourri de l'imaginaire des films d'horreur de Mario Bava, des prestations de William Henry Pratt (acteur mieux connu sous le nom de Boris Karloff) et de cette contre-culture kitsch qui alimentera plus tard l'univers gothique, et une inspiration sinistre, apte à liquider la béatitude hippie des années 60...ainsi qu'une orientation musicale, voulue par Ozzy Osbourne, qui estime que, si des spectateurs sont prêts à dépenser de l'argent au cinéma pour être effrayé, il peut en être de même en concert...

Prélude

Comment s'effectue dès cette époque la répartition des tâches au sein du groupe ? C'est naturellement Tony Iommi qui assume l'énorme majorité des musiques, usant et abusant du tritone (ou intervalle du diable), intervalle de trois tons, comparable à la quarte augmentée dans l'usage qui en est fait en matière de dissonance dans la musique occidentale. Ozzy Osbourne se consacre plus particulièrement aux lignes mélodiques du chant et des harmonies vocales. Quant à Geezer Butler, il prend en charge les paroles des chansons.

Acte I

Ce sont leurs multiples concerts qui attirent l'attention de différents labels sur eux et provoquent la signature chez Philips en 1969. Au mois de janvier de l'année suivante, le groupe édite son premier 45-tours (« Evil Woman (Don't Play Your Game With Me) »), une reprise du groupe de Minneapolis Crow, enregistrée en deux jours de studio. C'est en février que sort le premier album - homonyme - du groupe, succès instantané dans le Top 10 et qui parviendra, dès que les problèmes de licence seront réglés, à séjourner plus d'une année dans les classements américains, pour des ventes dépassant le million d'exemplaires. Le label surligne le trait du satanisme en laissant figurer une croix inversée à l'intérieur de la pochette.

Dès ces prémices, Black Sabbath est éreinté par la critique (beaucoup de bruit pour rien), qui ne décèle dans le groupe qu'un appauvrissement fruste et radical de la pop music. Lester Bangs agonit le disque d'injures dans Rolling Stone, fustigeant le manque d'unité de l'ensemble. Ce déficit d'image poursuivra les Anglais (pourtant constant dans leur inspiration et leurs choix esthétiques) tout au long de leur carrière, en parallèle à un parcours triomphal dans le coeur du public.
Au mois de septembre 1970, le second album (Paranoid,qui devait initialement s'intituler War Pigs, mais a été rebaptisé, conflit du Viêt-Nam oblige) est un nouveau succès, à commencer par la chanson-titre, composée sur un coin de table et visant simplement à compléter une durée insuffisante de l'ensemble. Le single (accessoirement la chanson la plus célèbre de Black Sabbath et initialement refusée car par trop commerciale), atteint le Top 5, alors qu'aux États-Unis, le disque se vend à quatre millions de copies.

Master of Reality (août 1971, avec une présence importante d'instrumentation acoustique, et un solo de flûte de Tony Iommi) et Black Sabbath, Vol. 4 (septembre 1972, enrichi lui d'un mellotron et enregistré dans un manoir californien de Bel Air) représentent de nouveau des ventes considérables, à l'instar de Sabbath Bloody Sabbath (novembre 1973), pour lequel le groupe accueille sur deux morceaux le claviériste de Yes Rick Wakeman. L'iconographie de la pochette est confiée à Drew Struzan, roi américain du poster, qui aura par la suite - et en particulier - en charge les affiches de La Guerre des Étoiles. Et l'album recueille - une première - les lauriers de la critique. C'est l'époque bénie (?) où un secrétaire portant en permanence un attaché-case bourré de produits prohibés suit le groupe et où les dépenses en drogues s'avèrent supérieures aux investissements de productions d'albums. Après un délai, conséquent d'une mise sur la touche du groupe pour des problèmes managériaux, l'album Sabotage (juillet 1975, incluant cette fois des chants grégoriens) trahit un effritement des ventes outre-Atlantique.

Acte II

Naît alors un conflit entre Tony Iommi - adepte de l'adjonction de cuivres et d'une évolution générale du son - et Ozzy Osbourne (qui, lui, préfère surtout ne rien changer). On peut naturellement considérer que l'abus quotidien de substances psychotropes (le chanteur atteint un seuil de paranoïa tout à fait édifiant ; quant au guitariste, sa consommation de LSD est, de son propre aveu, quotidienne) ne fait qu'exacerber les tensions. L'album Technical Ecstasy (octobre 1976), où le groupe utilise pour la première fois un orchestre symphonique et des synthétiseurs, précède ainsi d'une année un premier départ du chanteur. Mais c'est un line-up au grand complet qui enregistre Never Say Die ! (septembre 1978). Malgré des ventes décentes, le disque n'atteint pas des sommets (nous sommes en pleine vague punk) et Ozzy Osbourne quitte finalement Black Sabbath, pour un parcours en solitaire couvert de platine : il est remplacé au mois de juin 1979 par le chanteur de Rainbow (groupe illuminé par la guitare de l'ex-Deep Purple Ritchie Blackmore), Ronnie James Dio. C'est à la même période que le pianiste Geoff Nicholls commence à graviter à proximité immédiate du groupe, mais pas encore intégré comme membre à part entière (on le contraindra même à jouer sur scène, dissimulé du public et en coulisses, pour ne pas nuire à l'image du combo).

En avril 1980, Heaven and Hell montre un regain de forme pour Black Sabbath qui, de nouveau, vend beaucoup de disques, dans beaucoup de pays, d'autant que la maison de disques du quatuor occupe simultanément le marché en éditant un concert vieux de cinq ans (Black Sabbath Live at Last). C'est au cours de la tournée promotionnelle qui suit que Ronnie James Dio tend la main au public, annulaire, majeur et pouce repliés, index et auriculaire dressés : la main cornue (ou « signe de la Bête »), emblématique du heavy metal, est née. Ce sont alors officiellement des ennuis de santé (il vient de perdre ses deux parents coup sur coup, et sombre progressivement dans l'alcoolisme) qui contraignent Bill Ward à s'éloigner du groupe : il est remplacé par Vinny Appice (qui a auparavant tapé sur des tambours pour Rick Derringer ou le groupe Axis). C'est donc cette nouvelle équipe qui enregistre Mob Rules (novembre 1981). Mais à la sortie de Live Evil (janvier 1983), nouvel album en public, et en conséquence de profondes divergences entre Tony Iommi et Ronnie James Dio (le premier accusant le second d'avoir trop avantageusement mixé sa voix), ce dernier s'en va pour fonder un projet solo, emportant Vinny Appice dans ses bagages.

Acte III, IV, V, VI...

Born Again, album sorti en septembre 1983, porte merveilleusement son nom, puisque, après avoir persuadé le batteur Bill Ward (qui n'assurera pas les tournées, suppléé par Bev Bevan, un copain de Birmingham et rock star au sein d'Electric Light Orchestra) de réintégrer le groupe, Tony Iommi a recruté Ian Gillan, chanteur du groupe ennemi éternel, Deep Purple (Black Sabbath ira jusqu'à interpréter l'immarcescible « Some on the Water » en rappel de concerts). Nouvelle valse de personnel avec, en mars 1984, le départ de Ian Gillan (pour une reformation de Deep Purple), brièvement remplacé par Dave Donato (par ailleurs saxophoniste de formation). Mais au mois de janvier 1986, c'est un Black Sabbath featuring Tony Iommi qui propose l'album Seventh Star : le groupe intègre alors Glenn Hughes au chant (il fut lui aussi vocaliste de Deep Purple), Geoff Nicholls aux claviers, le bassiste Dave Spitz (ancien du groupe Trapeze) et le batteur Eric Messinger Singer (ex-frappeur pour Kiss). L'album ne se vend pas bien, ce qui n'est pas très grave, puisqu'en mars 1986, Glenn Hugues (blessé dans une rixe de bar) est remplacé par Ray Gillen (avant tout chanteur de blues-rock avec Badlands, on lui aurait proposé simultanément un rôle majeur dans la comédie musicale Cats).

Black Sabbath n'est plus désormais qu'une multinationale dirigée par Tommy Iommi, où valsent les noms (Bob Daisly, ancien Uriah Heep, ou le chanteur Tony Martin), mais pas les ventes de disques (The Eternal Idol, novembre 1987), ni les places de concerts, avec la moitié d'une tournée américaine annulée pour locations insuffisantes. C'est à cette époque que le groupe accepte de se produire dans l'Afrique du Sud de l'apartheid, ce qui aura des conséquences déplorables pour son image. Bev Bevan, qui refuse de cautionner l'entreprise, est remplacé par l'ex-Clash Terry Chimes.

Les choses s'améliorent en avril 1989, avec l'édition de Headless Cross, album qui intègre nouveau batteur - Cozy Powell, lui également transfuge de Rainbow - et nouveau bassiste, en la personne de Laurence Cottle, qui réalisera l'exploit de jouer pour Brian Eno et Tom Jones. C'est à l'occasion de ce nouvel album que Black Sabbath est l'un des premiers groupes à se produire en URSS après l'ouverture des frontières. Le temps de le mentionner et Laurence Cottle est remplacé par Neil Murray (ex-Whitesnake), pour l'enregistrement de Tyr (août 1990), qui est le premier album de Black Sabbath à ne s'octroyer aucune incursion dans les charts américains. Pis : des dates de la tournée britannique sont annulées et c'est la première fois que la sortie d'un album du groupe n'est pas suivi de concerts aux États-Unis. Pour aggraver les choses, souffrant de séquelles d'un accident d'équitation, Cozy Powell s'en va. En revanche, le retour de Ronnie James Dio et de quelques autres permet le succès de Dehumanizer (juin 1992).

Le temps des retrouvailles

Le 15 novembre 1992, on annonce l'ultime concert d'Ozzy Osbourne avec Black Sabbath... pour quelques mois plus tard apprendre que le chanteur a réintégré le groupe...ce qui s'avèrera une rumeur sans lendemain.

Les allers et venues (dignes d'une pièce de Labiche) se poursuivent lors des enregistrements de Cross Purposes (février 1994) ou Forbidden (juin 1995), ainsi que de l'album commémoratif, enregistré dans la cité natale du groupe, Birmingham (Reunion, octobre 1998). A cette occasion, la version live de « Iron Man » se voit gratifié d'un Grammy Award (le premier du groupe)... trente ans après avoir été composé. Bill Ward, victime d'une crise cardiaque, se fait momentanément excuser, le groupe accueille pour des sessions Adam Wakeman, fils de Rick, puis entre au mois de novembre 2005 au British Hall of Fame et le 13 mars 2006 au Rock and Roll Hall of Fame d'outre Atlantique. Craignant l'ennui, Ozzy Osbourne et Tony Iommi éditent albums originaux et anthologies, et Tony Iommi, Ronnie James Dio, Geezer Butler et Vinny Appice tournent sous le nom de Heaven and Hell.

Avec ses cent millions de disques vendus de par le monde, Black Sabbath est considéré dans les classements comme le deuxième plus important groupe de hard rock de l'histoire (derrière Led Zeppelin), reste le Prince Noir du genre. Entre retraites complémentaires et spéculations sur le sentiment de nostalgie irriguant tout coeur de fan qui se respecte, le reste n'appartient que modérément à la musique, énormément au commerce et passablement à la télé-réalité (The Osbournes), passion une saison durant du chanteur Ozzy Osbourne, n'hésitant pas à exhiber à travers l'étrange lucarne problèmes d'addiction et dysfonctionnement du côlon. L''incroyable finit par se produire en 2011 avec l'annonce de la re-formation de Black Sabbath dans sa formule originale. Le groupe annonce dans la foulée tournée et surtout album pour 2012. Ces plans sont retardés par le diagnostic d'un cancer chez Tony Iommi et le retrait de Bill Ward qui s'estime maltraité contractuellement. C'est finalement le batteur Brad Wilk qui figure sur 13 enregistré sous la houlette de Rick Rubin. 13 sort en juin 2013 et ravive les frissons de la grande époque de Black Sabbath. Copyright 2014 Music Story Christian Larrède

C'est une histoire d'immédiate post-adolescence et d'amitié : le guitariste Frank Anthony « Tony » Iommi, le bassiste Terence « Geezer » Butler, le chanteur John « Ozzy » Osbourne et le batteur William « Bill » Ward ont vingt ans et aiment tous les surnoms et le rock. Ce qui, on en conviendra, vaut mieux lorsqu'on habite Aston, petit bourg proche de Birmingham (Royaume-Uni), à la fin des années 60. Tony Iommi, ancien ouvrier métallurgiste dont trois doigts de la main droite furent entamés par une presse (il concevra des prothèses pour pallier ce handicap, très impressionné par le parcours de Django Reinhardt, virtuose lui aussi mutilé), sera à la fois le seul élément constant dans l'histoire du groupe, le responsable d'un son lourd, lent et menaçant, éminemment caractéristique. Contraint de diminuer la tension des cordes de sa Gibson pour épargner ses phalanges meurtries, il crée par là-même un climat sonore totalement inédit.

C'est donc sous le nom de Polka Tulk Blues Company, puis de Earth, que les quatre copains jouent leur rock-blues aux quatre coins de l'Europe (Tony Iommi leur fait quelques infidélités, se produisant une poignée de mois avec Jethro Tull) et finissent par s'apercevoir qu'un autre groupe porte le même nom. Un livre du très populaire Dennis Wheatley (romancier britannique spécialisé dans les thrillers et autres romans de gare, l'un des plus forts tirages des années cinquante et soixante à Londres) dévoré par le bassiste, et dont le titre est validé par le reste du groupe, leur offre une nouvelle identité : Black Sabbath est né. Un « sabbat noir » nourri de l'imaginaire des films d'horreur de Mario Bava, des prestations de William Henry Pratt (acteur mieux connu sous le nom de Boris Karloff) et de cette contre-culture kitsch qui alimentera plus tard l'univers gothique, et une inspiration sinistre, apte à liquider la béatitude hippie des années 60...ainsi qu'une orientation musicale, voulue par Ozzy Osbourne, qui estime que, si des spectateurs sont prêts à dépenser de l'argent au cinéma pour être effrayé, il peut en être de même en concert...

Prélude

Comment s'effectue dès cette époque la répartition des tâches au sein du groupe ? C'est naturellement Tony Iommi qui assume l'énorme majorité des musiques, usant et abusant du tritone (ou intervalle du diable), intervalle de trois tons, comparable à la quarte augmentée dans l'usage qui en est fait en matière de dissonance dans la musique occidentale. Ozzy Osbourne se consacre plus particulièrement aux lignes mélodiques du chant et des harmonies vocales. Quant à Geezer Butler, il prend en charge les paroles des chansons.

Acte I

Ce sont leurs multiples concerts qui attirent l'attention de différents labels sur eux et provoquent la signature chez Philips en 1969. Au mois de janvier de l'année suivante, le groupe édite son premier 45-tours (« Evil Woman (Don't Play Your Game With Me) »), une reprise du groupe de Minneapolis Crow, enregistrée en deux jours de studio. C'est en février que sort le premier album - homonyme - du groupe, succès instantané dans le Top 10 et qui parviendra, dès que les problèmes de licence seront réglés, à séjourner plus d'une année dans les classements américains, pour des ventes dépassant le million d'exemplaires. Le label surligne le trait du satanisme en laissant figurer une croix inversée à l'intérieur de la pochette.

Dès ces prémices, Black Sabbath est éreinté par la critique (beaucoup de bruit pour rien), qui ne décèle dans le groupe qu'un appauvrissement fruste et radical de la pop music. Lester Bangs agonit le disque d'injures dans Rolling Stone, fustigeant le manque d'unité de l'ensemble. Ce déficit d'image poursuivra les Anglais (pourtant constant dans leur inspiration et leurs choix esthétiques) tout au long de leur carrière, en parallèle à un parcours triomphal dans le coeur du public.
Au mois de septembre 1970, le second album (Paranoid,qui devait initialement s'intituler War Pigs, mais a été rebaptisé, conflit du Viêt-Nam oblige) est un nouveau succès, à commencer par la chanson-titre, composée sur un coin de table et visant simplement à compléter une durée insuffisante de l'ensemble. Le single (accessoirement la chanson la plus célèbre de Black Sabbath et initialement refusée car par trop commerciale), atteint le Top 5, alors qu'aux États-Unis, le disque se vend à quatre millions de copies.

Master of Reality (août 1971, avec une présence importante d'instrumentation acoustique, et un solo de flûte de Tony Iommi) et Black Sabbath, Vol. 4 (septembre 1972, enrichi lui d'un mellotron et enregistré dans un manoir californien de Bel Air) représentent de nouveau des ventes considérables, à l'instar de Sabbath Bloody Sabbath (novembre 1973), pour lequel le groupe accueille sur deux morceaux le claviériste de Yes Rick Wakeman. L'iconographie de la pochette est confiée à Drew Struzan, roi américain du poster, qui aura par la suite - et en particulier - en charge les affiches de La Guerre des Étoiles. Et l'album recueille - une première - les lauriers de la critique. C'est l'époque bénie (?) où un secrétaire portant en permanence un attaché-case bourré de produits prohibés suit le groupe et où les dépenses en drogues s'avèrent supérieures aux investissements de productions d'albums. Après un délai, conséquent d'une mise sur la touche du groupe pour des problèmes managériaux, l'album Sabotage (juillet 1975, incluant cette fois des chants grégoriens) trahit un effritement des ventes outre-Atlantique.

Acte II

Naît alors un conflit entre Tony Iommi - adepte de l'adjonction de cuivres et d'une évolution générale du son - et Ozzy Osbourne (qui, lui, préfère surtout ne rien changer). On peut naturellement considérer que l'abus quotidien de substances psychotropes (le chanteur atteint un seuil de paranoïa tout à fait édifiant ; quant au guitariste, sa consommation de LSD est, de son propre aveu, quotidienne) ne fait qu'exacerber les tensions. L'album Technical Ecstasy (octobre 1976), où le groupe utilise pour la première fois un orchestre symphonique et des synthétiseurs, précède ainsi d'une année un premier départ du chanteur. Mais c'est un line-up au grand complet qui enregistre Never Say Die ! (septembre 1978). Malgré des ventes décentes, le disque n'atteint pas des sommets (nous sommes en pleine vague punk) et Ozzy Osbourne quitte finalement Black Sabbath, pour un parcours en solitaire couvert de platine : il est remplacé au mois de juin 1979 par le chanteur de Rainbow (groupe illuminé par la guitare de l'ex-Deep Purple Ritchie Blackmore), Ronnie James Dio. C'est à la même période que le pianiste Geoff Nicholls commence à graviter à proximité immédiate du groupe, mais pas encore intégré comme membre à part entière (on le contraindra même à jouer sur scène, dissimulé du public et en coulisses, pour ne pas nuire à l'image du combo).

En avril 1980, Heaven and Hell montre un regain de forme pour Black Sabbath qui, de nouveau, vend beaucoup de disques, dans beaucoup de pays, d'autant que la maison de disques du quatuor occupe simultanément le marché en éditant un concert vieux de cinq ans (Black Sabbath Live at Last). C'est au cours de la tournée promotionnelle qui suit que Ronnie James Dio tend la main au public, annulaire, majeur et pouce repliés, index et auriculaire dressés : la main cornue (ou « signe de la Bête »), emblématique du heavy metal, est née. Ce sont alors officiellement des ennuis de santé (il vient de perdre ses deux parents coup sur coup, et sombre progressivement dans l'alcoolisme) qui contraignent Bill Ward à s'éloigner du groupe : il est remplacé par Vinny Appice (qui a auparavant tapé sur des tambours pour Rick Derringer ou le groupe Axis). C'est donc cette nouvelle équipe qui enregistre Mob Rules (novembre 1981). Mais à la sortie de Live Evil (janvier 1983), nouvel album en public, et en conséquence de profondes divergences entre Tony Iommi et Ronnie James Dio (le premier accusant le second d'avoir trop avantageusement mixé sa voix), ce dernier s'en va pour fonder un projet solo, emportant Vinny Appice dans ses bagages.

Acte III, IV, V, VI...

Born Again, album sorti en septembre 1983, porte merveilleusement son nom, puisque, après avoir persuadé le batteur Bill Ward (qui n'assurera pas les tournées, suppléé par Bev Bevan, un copain de Birmingham et rock star au sein d'Electric Light Orchestra) de réintégrer le groupe, Tony Iommi a recruté Ian Gillan, chanteur du groupe ennemi éternel, Deep Purple (Black Sabbath ira jusqu'à interpréter l'immarcescible « Some on the Water » en rappel de concerts). Nouvelle valse de personnel avec, en mars 1984, le départ de Ian Gillan (pour une reformation de Deep Purple), brièvement remplacé par Dave Donato (par ailleurs saxophoniste de formation). Mais au mois de janvier 1986, c'est un Black Sabbath featuring Tony Iommi qui propose l'album Seventh Star : le groupe intègre alors Glenn Hughes au chant (il fut lui aussi vocaliste de Deep Purple), Geoff Nicholls aux claviers, le bassiste Dave Spitz (ancien du groupe Trapeze) et le batteur Eric Messinger Singer (ex-frappeur pour Kiss). L'album ne se vend pas bien, ce qui n'est pas très grave, puisqu'en mars 1986, Glenn Hugues (blessé dans une rixe de bar) est remplacé par Ray Gillen (avant tout chanteur de blues-rock avec Badlands, on lui aurait proposé simultanément un rôle majeur dans la comédie musicale Cats).

Black Sabbath n'est plus désormais qu'une multinationale dirigée par Tommy Iommi, où valsent les noms (Bob Daisly, ancien Uriah Heep, ou le chanteur Tony Martin), mais pas les ventes de disques (The Eternal Idol, novembre 1987), ni les places de concerts, avec la moitié d'une tournée américaine annulée pour locations insuffisantes. C'est à cette époque que le groupe accepte de se produire dans l'Afrique du Sud de l'apartheid, ce qui aura des conséquences déplorables pour son image. Bev Bevan, qui refuse de cautionner l'entreprise, est remplacé par l'ex-Clash Terry Chimes.

Les choses s'améliorent en avril 1989, avec l'édition de Headless Cross, album qui intègre nouveau batteur - Cozy Powell, lui également transfuge de Rainbow - et nouveau bassiste, en la personne de Laurence Cottle, qui réalisera l'exploit de jouer pour Brian Eno et Tom Jones. C'est à l'occasion de ce nouvel album que Black Sabbath est l'un des premiers groupes à se produire en URSS après l'ouverture des frontières. Le temps de le mentionner et Laurence Cottle est remplacé par Neil Murray (ex-Whitesnake), pour l'enregistrement de Tyr (août 1990), qui est le premier album de Black Sabbath à ne s'octroyer aucune incursion dans les charts américains. Pis : des dates de la tournée britannique sont annulées et c'est la première fois que la sortie d'un album du groupe n'est pas suivi de concerts aux États-Unis. Pour aggraver les choses, souffrant de séquelles d'un accident d'équitation, Cozy Powell s'en va. En revanche, le retour de Ronnie James Dio et de quelques autres permet le succès de Dehumanizer (juin 1992).

Le temps des retrouvailles

Le 15 novembre 1992, on annonce l'ultime concert d'Ozzy Osbourne avec Black Sabbath... pour quelques mois plus tard apprendre que le chanteur a réintégré le groupe...ce qui s'avèrera une rumeur sans lendemain.

Les allers et venues (dignes d'une pièce de Labiche) se poursuivent lors des enregistrements de Cross Purposes (février 1994) ou Forbidden (juin 1995), ainsi que de l'album commémoratif, enregistré dans la cité natale du groupe, Birmingham (Reunion, octobre 1998). A cette occasion, la version live de « Iron Man » se voit gratifié d'un Grammy Award (le premier du groupe)... trente ans après avoir été composé. Bill Ward, victime d'une crise cardiaque, se fait momentanément excuser, le groupe accueille pour des sessions Adam Wakeman, fils de Rick, puis entre au mois de novembre 2005 au British Hall of Fame et le 13 mars 2006 au Rock and Roll Hall of Fame d'outre Atlantique. Craignant l'ennui, Ozzy Osbourne et Tony Iommi éditent albums originaux et anthologies, et Tony Iommi, Ronnie James Dio, Geezer Butler et Vinny Appice tournent sous le nom de Heaven and Hell.

Avec ses cent millions de disques vendus de par le monde, Black Sabbath est considéré dans les classements comme le deuxième plus important groupe de hard rock de l'histoire (derrière Led Zeppelin), reste le Prince Noir du genre. Entre retraites complémentaires et spéculations sur le sentiment de nostalgie irriguant tout coeur de fan qui se respecte, le reste n'appartient que modérément à la musique, énormément au commerce et passablement à la télé-réalité (The Osbournes), passion une saison durant du chanteur Ozzy Osbourne, n'hésitant pas à exhiber à travers l'étrange lucarne problèmes d'addiction et dysfonctionnement du côlon. L''incroyable finit par se produire en 2011 avec l'annonce de la re-formation de Black Sabbath dans sa formule originale. Le groupe annonce dans la foulée tournée et surtout album pour 2012. Ces plans sont retardés par le diagnostic d'un cancer chez Tony Iommi et le retrait de Bill Ward qui s'estime maltraité contractuellement. C'est finalement le batteur Brad Wilk qui figure sur 13 enregistré sous la houlette de Rick Rubin. 13 sort en juin 2013 et ravive les frissons de la grande époque de Black Sabbath. Copyright 2014 Music Story Christian Larrède


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