Cela fait longtemps que j'utilise des smartphones. J'ai eu un SPV M2000 en 2004, bien bien avant la sortie de l'iPhone. Je possède encore un iPhone 3GS et un Samsung Galaxy S. C'est donc avec une certaine curiosité condescendante que j'ai pris possession du petit Blackberry Curve 8520. Jusqu'alors, je n'ai jamais utilisé de produit du constructeur canadien. Je me suis même demandé un jour pourquoi une collègue en avait acheté un pour son usage personnel car ce téléphone me paraissait austère, avec son petit écran à la définition dépassée de 360x240, son peu d'applications, son clavier utilitariste et son design pas spécialement élégant. Ben, finalement, j'ai eu tort d'avoir des a priori défavorables car le produit est très abouti.
Le Curve 8520 est un téléphone diablement efficace. Il s'allume en quelques secondes. Oui, vous avez bien lu. Je ne sais pas s'il sort d'une veille prolongée et ne s'éteint vraiment jamais, mais la rapidité est hallucinante. Sa capacité à accrocher le réseau est de la même trempe. D'habitude, on a l'habitude des smartphones qui s'éveille lentement, voire très lentement comme le Galaxy S, puis qui se traîne des pieds pendant que les capacités du processeur sont mises à l'épreuve pour la recherche du réseau. Là, rien de tel, car ce 8520 est un vraie flèche. De plus, je n'ai jamais connu de ralentissements durant son utilisation, preuve d'une grande optimisation du système d'exploitation avec le matériel.
L'ergonomie du téléphone est exemplaire à quelques détails près. Le mini-trackpad réagit bien et se montre suffisamment précis. Les touches sont agréables à utiliser et surtout, le clavier est d'une redoutable efficacité. Je me suis toujours demandé si cela n'allait pas être trop difficile d'utiliser de si petites touches, mais on s'y fait bien. La forme des touches est optimisée de telle sorte qu'on ne se trompe pas durant la frappe. C'est encore un beau travail de Blackberry car d'autres concurrents n'arrivent pas à permettre un taux d'erreur de saisie aussi faible en copiant ce type de clavier. Le téléphone dispose de deux touches programmables sur les côtés pour des accès direct. Dans les regrets ergonomiques, je mentionnerais que seuls six icônes se trouvent sur le bureau en accès direct. Pour aller voir les autres, il faut appuyer sur le bouton menu. Le nombre d'icônes est également une gêne car autant un écran tactile permet d'appuyer immédiatement là où on le souhaite, autant sur le Curve, il est nécessaire de déplacer un curseur avec le mini-trackpad. Il est néanmoins possible de cacher les icônes non utilisées.
J'adore également le design graphique utilisé qui est moderne et raffiné, et qui ne copie pas l'iPhone. Les menus de l'appareil permettent de nombreux paramétrages pour les mordus, mais il n'est pas nécessaire de s'y plonger car le téléphone étant bien paramétré dès l'origine. Il est par exemple possible de paramétrer chaque boîte aux lettres pour savoir combien de fois le téléphone doit vibrer, la sonnerie, si la petite led annonçant un message non lu doit clignoter, le comportement dans un étui ou hors de l'étui, ... D'ailleurs, la fameuse led est pratique : sans allumer l'écran, elle indique si on a un message en attente. Ce genre de led existait déjà dans les premiers téléphones, mais a fini par tomber à tort en désuétude, notamment à cause de Nokia qui ne le mettait pas sur ses modèles. Avec un étui Blackberry, on dispose de fonctionnalités supplémentaires. Le téléphone peut se mettre en veille ou sortir de veille rien qu'en le rentrant ou sortant de l'étui. Le téléphone peut également se mettre en mode vibreur s'il est dans l'étui, mais ce comportement peut être réglé. Bref, l'aspect pratique de ce téléphone n'a cessé de m'étonner.
Le Curve est un téléphone léger, qui se glisse facilement dans une poche. Un de ses points forts est son autonomie exemplaire. Je le recharge environ tous les cinq jours, ce qui est remarquable pour un smartphone avec le mode "push mail" activé en permanence. Certes, j'appelle peu avec, mais il m'arrive de surfer avec cet appareil. Justement, à propos de navigateur, il n'en dispose pas un de la même trempe que Safari ou ceux d'Android, mais il rend service pour aller sur les sites les plus utiles. Le téléphone dispose également de touches directs en haut de l'appareil pour commander le lecteur MP3. Ce point ne se voit pas sur les photos de face, mais malgré sa destination professionnelle, l'appareil n'oublie pas les amateurs de musique et ce d'autant plus qu'il permet d'étendre sa mémoire via une carte micro SD. Mon 8520 m'a été fourni avec une carte de 2 Go, de quoi dépanner. Le transfert avec le PC se fait avec un connecteur micro-USB. Le Curve est donc déjà au futur format européen imposé pour les recharges et n'impose pas l'achat de câbles propriétaires souvent hors de prix.
Dans les défauts du Blackberry, je citerais l'écran qui est à basse définition, avec peu de contraste, même s'il reste bien adapté à l'usage du téléphone. Le Curve 8520 est uniquement Edge et non 3G, mais c'est un choix délibéré du constructeur pour gagner en autonomie et faire baisser le coût de fabrication. Pour un usage principal à base d'e-mail et de surf occasionnel sur des sites adaptés, ce n'est pas gênant. Le Curve n'a pas non plus de GPS. Si le correcteur orthographique est efficace, je n'ai jamais trouvé la manière de taper directement les caractères accentués sur le clavier. Les applications disponibles sur le magasin d'application de Blackberry sont ridiculement peu nombreuses. Je n'ai installé que Facebook alors que j'ai 120 applications sur mon iPhone. On peut néanmoins accéder également à Twitter ou encore à Live Messenger. Le 8520 est un smartphone, mais il n'est pas loin de pouvoir être considéré comme un "feature phone". Les applications natives sont nombreuses et optimisées, mais il ne faut pas compter sur la possibilité de passer par des applications tierces, contrairement à l'iPhone et qui est la force de ce dernier. Enfin, comme dernier défaut plutôt mineur, je dirais qu'il faut avoir confiance en la confidentialité de Blackberry : aussi bien le surf que les mails passent obligatoirement par leur serveur.
En conclusion, le Curve 8520 est un très bon téléphone, agréable à utiliser et bien abouti. Son rapport qualité/prix est même excellent pour un utilisateur ne cherchant pas à installer des applications supplémentaires. Cet appareil est ma grande surprise techno du moment car je ne m'attendais pas à une telle qualité de produit et je comprends mieux pourquoi Blackberry a une telle part de marché dans les entreprises. Pour un particulier, le Curve 8520 se justifie également car il est bien optimisé pour un usage principal à base d'appels téléphoniques, SMS, mails et Facebook. Ce téléphone ne paie pas de mine, mais il est diablement efficace.