Les 3 Formules Du Professeur Satô est une aventure à part, pour la série des Blake & Mortimer. Pas seulement parce que c'est la dernière fois qu'Edgar P. Jacobs sera l'auteur d'un album de la série, mais parce qu'entre le premier et le deuxième tome, il s'écoulera 13 ans d'attente (je parle des publications en album, car, si on compte entre la publication dans Tintin Magazine du premier tome et la parution du tome 2, ça fait, en fait, 18 ans de décalage). La raison ? Les raisons, en fait : Jacobs publiera le tome 1 en magazine dès 1972, puis, en 1977, en album. Atteint par des soucis de santé, et ayant perdu l'attrait de faire la suite (il ne sera pas motivé, en gros), il n'aura jamais le temps de faire ce tome 2, sauf pour le scénario et quelques crayonnés, des esquisses. Jacobs est mort en 1987, et le tome 1 des 3 Formules Du Professeur Satô, répertorié tome 11 de la série, sera donc son dernier, paru 10 ans avant sa mort. Le tome 2, lui, est sorti en 1990, trois ans donc après le décès de Jacobs, et s'il est crédité de Jacobs (qui en a fait le scénario, qui était complet), il a été dessiné par Bob De Moor.
Comme pour les précédentes aventures en deux (ou trois, pour Le Secret De L'Espadon) tomes (Le Mystère De La Grande Pyramide, et par la suite, il y en aura d'autres), les deux tomes des 3 Formules Du Professeur Satô possèdent des sous-titres : Mortimer A Tokyo et Mortimer Contre Mortimer. Il n'y à pas de différence de style narratif entre les deux tomes, vu que Jacobs a signé les scénarii des deux volumes. L'histoire se tient bien, est très réussie, et c'est du côté des dessins qu'il faut chercher les différences. Et là aussi, pas grand chose à dire ! Ayant collaboré, dans sa carrière, avec Jacobs et Hergé, Bob De Moor a repris en grande partie les crayonnés de Jacobs pour dessiner à sa manière, et le résultat, bien qu'avec des teintes légèrement plus sombres que pour le tome 1, est bluffant. Si on ne sait pas que c'est un autre dessinateur, impossible de vraiment différencier les graphismes ! L'album est, dans l'ensemble, très réussi et culte, cette dernière offrande de Jacobs à ses lecteurs, agrémentée tardivement de sa conclusion tant attendue et faite par De Moor, est remarquable. Un de mes grands favoris de la saga !