Après 5 ans d'absence, deux albums dont le premier éponyme en 1996 avec un titre phare qui n'a pas pu vous échapper « La couleur des blés » et le second en 1998 « L'ère de rien », le groupe revient avec un nouvel opus « L'homme Fleur ».
Ce dernier album reste totalement dans la lignée des précédents, fruit de rencontres, récit de leurs vies, mégaphone de leur colère. Le titre, qui passe actuellement sur nos ondes « La croisée » est bien là pour nous le rappeler, « la croisée des hasards », « pour oublier le mot prévoir », « se laisser porter par le vent » et laisser faire l'histoire... Et on se laisse porter en effet, au détour d'une rue on rencontre « Anna » et il en reste apparemment des séquelles, touché mais pas coulé. Alors on repart de plus belle et on enchaîne sur des titres cinglants comme ce pamphlet sur les « chanteurs kleenex », dont on modifie la voix pour qu'elle passe mieux, les succès formatés , les labels peu scrupuleux. Mais pour Guillaume Ledoux, pas besoin de modification, cette voix brute, un brin éraillée nous sied à merveille, rien à changer, on le voit prêt à mordre, mais d'une morsure qui fait du bien là où ça fait mal ! Certains titres détendent l'atmosphère, la jouent plus soft (« Pour la lumière », « Sur la branche », « L'étage »), et on s'attardera sur la reprise de « The wall » en duo avec Spider Stacy, l'ex-Pogues.
Que du bonheur en perspective pour des live plus que prometteurs, « à la croisée des grands soirs », je suis déjà conquise, je veux bien les croiser, « par hasard »...