8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un pavé dans l'amour, 26 avril 2011
Bon ! Faut pouvoir le synthétiser celui-là ! Pas moins de 600 pages de BD ! De prime abord, je vous déconseille de lire cette histoire dans le train avant de partir au boulot ! Vous risqueriez de maudire les heures qui vous séparent de la reprise de ce récit profondément attachant.
Blankets retrace le premier amour d'un adolescent perdu chez des beaufs américains ; Ceci est l'histoire vraie de Graig Thompson, un jeune homme doux et sensible, archétype de l'inadapté social. Issu d'une famille pauvre et surtout un peu rustre, Thompson est pré-destiné dès son enfance à devenir le curé d'un bourg où l'on considère les homosexuels comme une aberration génétique. Naturellement rêveur , légèrement efféminé , il est la risée de ses camarades de classe tous adeptes de sports virils .
Il rencontre un jour aux sports d'hiver chrétiens de son comté son âme soeur, Raina, un jeune femme pour qui le coup de foudre est immédiat. Craig va reussir, avec l'assentiment de ses parents à passer trois semaines chez la belle adolescente.
Amateurs d'érotisme débridé, d'adolescents défoncés ou de récits scabreux , rebroussez votre chemin et dirigez vous vers le très surestimé
Black Hole, Tomes 1 à 6 : L'Intégrale.
BLankets a la delicatesse , la grâce , la pureté du flocon de neige . Cette pureté n'a d'ailleurs rien de puritain, puisque les 3/4 du volume visent à dénoncer l'aliénation du rêve Américain.
A la manière de son modèle Art Spielgelman dans
L'Intégrale, Maus : un survivant raconte, il s'agit pour l'auteur de condenser dans son histoire ses souvenirs d'enfance , son histoire d'amour et sa vision de l'existence .
La construction du récit est très bien agencée : avant de rencontrer Raina , Thompson prend le temps de nous présenter sa vie durant les 100 premières pages du récit . Le malaise de Thompson n'attend pas l'adolescence pour se manifester. Blankets commence de manière passionnante sur un traumatisme d'enfance lié aux rapports entre deux frères .
Graig est un jeune homme fragile qui dès le début de sa vie cherche sa place dans un univers formaté qui n'attend de lui qu'il n'illustre que des scènes religieuses .Thompson connait sa bible sur le bout des doigts et au moindre choc émotionnel parsème son récit de monstres sataniques prêts à le dévorer. Tandis que Maus parallèlement au récit de la Shoah racontait la quête d'un fils vers son père, Blankets traite de la perte progressive de la foi.
Blankets , donc , prend le temps d'introduire des personnages immédiatement attachants que l'on aime suivre pas à pas . Lorsque Graig rencontre Raina , on l'aime immédiatement . Lorsqu'ils se retrouvent en silence, on est émus d'assister à la naissance de cet amour et inversement l'angoisse grandit au fur et à mesure qu'apparait l'inéluctable séparation. Il ne se passe rien en fait dans Blankets , si ce n'est que cette histoire rappelle les délices des premiers sentiments amoureux . Tout ceci est peint avec une indéniable poésie sans aucun sentimentalisme putassier.
Les dessins de Thompson y sont pour beaucoup. Les décors enneigés , les forêts fourmillent de détails , chaque teenagers possèdent son identité propre , le rocker en herbe reconnaitra dans la chambre de Raina Kurt Cobain , les Pixies , PJ HArvey attestant en plus du goût du dessinateur en matière de musique .
L'enchantement de Blankets est bien sûr sa guest star: Raina , adolescente ayant grandi trop vite en élevant sa demi soeur handicapée . Thompson a énormément travaillé le langage corporel en donnant à la jeune fille une sensualité féline qui nous donne envie de se blottir contre elle , sentir son odeur , gouter sa peau.
En lisant Blankets , j'ai vraiment eu envie de rencontrer Raina , de faire sa connaissance , d'être son ami , voire plus ...
Une fin terriblement fade et pour laquelle Thompson avoue avoir planché six mois empêche Blankets d'être un chef d'oeuvre absolu. Attention, cette réedition malgré une belle couverture couleur ne contient aucun bonus par rapport à la première édition, si ce n'est les louanges de Neil Gaiman.
Le prix ( 35 en librairie ) est enfin un dernier obstacle pour ce livre que l'on souhaite offrir à ceux que l'on aime .
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Du pur bonheur !!!, 17 février 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blankets manteau de neige (Broché)
Il est des BD qui vous marquent. Qui vous interpellent au plus profond de vous même, faisant ressortir des souvenirs enfouis, des petites sensations de bonheur oubliées comme le bruit de la neige ou l'odeur du pain grillé.
Blankets c'est 550 pages d'émotions au cours desquelles l'auteur revient sur sa vie, sa relation fraternelle, son premier amour et ses croyances. Sans jamais être impudique ou moralisateur, Craig Thompson nous fait pénétrer dans son univers dans sa vie, comme si un ami vous racontait la sienne, le soir au coin du feu.
Cet album est admirable, le ton est juste et la narration d'une intelligence et d'une délicatesse incroyable.
C'est un livre à lire absolument, bien calé dans un fauteuil, le soir au coin du feu.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Tendre , délicat et puissant !, 4 décembre 2011
Je viens de lire " HABIBI" , autre extraordinaire roman graphique du même auteur ( conte oriental fascinant et encore plus maîtrisé graphiquement ) et j'ai enchaîné avec " BLANKETS " , qui est antérieur et m'a comblé également : dans les premières pages , le dessin " n'a l'air de rien" et , pourtant , quelle simplicité , quelle force pour aller à l'essentiel , quelle histoire empoignante , quelle oeuvre d'art complète , quelle délicatesse et pudeur dans la peinture des émotions de l'adolescence , quelle description précise de milieux américains divers , dans le pays profond , quelle compassion , quelle profondeur de compréhension des autres ( les parents , les enfants retardés ) , quelle absence de cynisme ...
La fin est volontairement frustrante , car , n'oublions pas , " premier amour" ... après l'éblouissement , la vie ordinaire continue ...
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non