Winding REFN est un réalisateur passionnant à suivre car il explore, à chacune de ses oeuvres, la dualité de l'âme humaine dans ce qu'elle a de plus fascinante ou de plus abject.
Après l'électro-choc
Pusher (1996), Refn enchaine en 1999 avec BLEEDER son deuxième long metrage regroupant une bonne partie du casting de PUSHER.
Et c'est une franche réussite (sans atteindre, bien sur, les sommets de
Pusher II : Du sang sur les mains,
Bronson ou du monumental
Drive) et une vraie curiosité pour le cinéphile désireux de connaitre sa filmographie complète. C'est son seul film qui n'a jamais été édité en Vidéo en France.
Partant de l'histoire d'un jeune ouvrier qui remet toute sa vie en cause, jusqu'à l'auto-destruction, car il va devenir père de famille, vient se greffer plusieurs personnages aux destins radicalement différents :
- sa femme qu'il maltraite mais pourtant qui continue à l'aimer
- son beau-frère raciste et idiot qui commettra un geste irréparable
- mon préféré, son ami "passionné de cinéma" dévoré par sa passion au point de ne s'intéresser à rien d'autre ni même à sa propre vie sociale. Campé par le touchant Madds MIKKELSEN (mais si vous savez, LE CHIFFRE de CASINO ROYALE!!), il bouffe littéralement l'image par sa présence.
- la jeune serveuse, passionné par les livres, qui canalise sa révolte intérieur par le biais de romans d'Hubert SELBY JR, s'ennuie dans son travail répétitif, espérant connaitre un vrai changement et une autre vision de la vie.
- le vieux patron de vidéoclub qui ne retrouve que de vrais sensations que par les films pornos, d'horreur et de vieilles séries B (dont une scène haute tension avec MANIAC de william LUSTIG diffusé en arrière plan)
Le film est prenant de bout en bout, installe petit à petit une ambiance étrange dont l'équilibre, sur le point de se briser, bascule dans un final sanglant (Refn's touch!) tempéré par un épilogue réaliste et humain.
Par bien des aspects, BLEEDERS me fait penser au
Spetters [Import anglais] de Paul VERHOEVEN. Le dur passage à l'age adulte et aux responsabilités.
Remarquablement filmé dans un format scope superbe, Refn démontre avec cette deuxième oeuvre qu'il possède un talent indéniable et une maitrise hors-norme pour la mise en scène.
Cet import UK possède une image à la définition moyenne mais au format respecté. Ajoutez à cela une bande son 5.1 en danois percutante sur la musique avec des sous-titres anglais donc assez facilement lisible.
Bref un très beau film, âpre et violent qu'il vous faut absolument découvrir.
A vous de voir.