Gros changement chez Mylène Farmer : Laurent Boutonnat, son complice de toujours, n'est pas de la partie pour ce huitième effort studio. Etant donné ses dernières productions, on aura du mal à s'en plaindre. Va pour le changement...
Mylène Farmer,
Moby,
Archive... Dans les années 90, cette affiche aurait été flatteuse pour Mylène, apte à lui ouvrir le marché anglo-saxon (qui sait...), à venir taquiner Björk et Madonna sur le terrain de la pop électronique « mainstream » de qualité. Mais nous sommes en 2010 et depuis, de l'eau a coulé sous les ponts : les trois sont sur la pente descendante.
La collaboration avec RedOne, producteur (entre autres) de Lady Gaga, sonne quant à elle, comme chez Madonna, comme une pathétique tentative de rester dans la course face aux « jeunettes » de la « dance music » très (vraiment très) bas de gamme (la Gaga susnommée, Rihanna et autres « starlettes » en « a »). Réussir à formater une musique (la musique électronique) aux possibilités à priori infinies et passer pour le dernier producteur « à la pointe » en recyclant le pire de l'eurodance des 90's (enfin, l'eurodance des 90's tout court, quoi...), c'est quand même fortiche...
Heureusement, les deux épouvantables singles (
Oui mais... non et
Lonely Lisa) produits par ce navrant « metteur en son » ne sont absolument pas représentatifs du reste de l'album, d'un niveau quelconque mais plutôt honorable. Certes, ça reste assez formaté, il ne faut pas s'attendre à une quelconque révolution mais pour Mylène, ç'en est quand même une petite. La voix est plus en avant et plus intelligible, on l'a dit. Et elle s'essaye à l'anglais (bien qu'il y ait déjà eu des tentatives sur ses précédents albums) sur « Light me up » (assurément le meilleur titre de l'album) et « Inséparables » (une version en français est aussi proposée). On aurait aimé plus de variété dans les ambiances, l'ensemble, intégralement constitué de titres « mid-tempo », étant assez uniforme. Et des titres plus accrocheurs. Mais musicalement, c'est tout de même plus ambitieux et consistant que sur ses trois précédents albums (qualitativement, avantage à Archive), ce qui n'était certes pas une tâche insurmontable, surtout pour des gens dans le métier depuis si longtemps. Les textes sont par contre décevants, toujours un peu mièvres (l'amour, toujours l'amour...).
En dehors de « l'erreur de casting » RedOne, « Bleu noir » constitue pour Miss Farmer un net regain de forme et une piste intéressante en vue de vieillir dans la dignité.