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27 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
ALAIN BASHUNG le retour avec Bleu Pétrole !, 31 mars 2008
C'est le retour de Bashung six ans après son album "L'imprudence" qui était un disque sombre et torturé. Ce nouveau disque est plus lumineux, plus accessible.Les chansons font la part belle à une country/pop très agréable.
Le grand artisan de ce nouvel album pop-folk est le chanteur et leader du groupe Louise Attaque, Gaëtan Roussel.
L'album, qui nous offre neuf titres inédits et deux reprises (Suzanne de Leonard Cohen, francisé par Graeme Allwright, et Il voyage en solitaire, tube 1975 de Gérard Manset), comporte suffisamment de sève (à commencer par l'immense Je tuerai la pianiste) pour figurer d'emblée parmi les temps forts de l'année 2008, qui verra par ailleurs Bashung remonter sur scène, à dose homéopathique d'abord (Lille le 5 avril, Olympia les 10 et 11 juin, Francofolies de La Rochelle mi-juillet), et sans doute de manière plus assidue cet automne.
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21 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
le retour à la lumière, 27 avril 2008
Cinq ans après les explorations minimalistes et autodestructrices de "L'Imprudence" (désolé, pas mon trip...) Bashung revient avec un disque remplu de lumière, des chansons pop éclairées de guitares rayonnantes et synthès nappants des mélodies accrocheuses (bonne réserve de tubes), portée par cette voix toujours irréelle. Ce sont les fruits d'une association en dehors des sentiers habituels (exit J Fauque et B Bergman - un peu dommage quand même): Gaetan Roussel de Louise Attaque, Manset, Arman Méliès... Un Bashung un peu fainéant donc, mais qu'il serait faux de limiter au seul rôle d'interprête, car sa faculté à malaxer les mots et les univers pour les emmener ailleurs reste indéniablement présente... Et il faut reconnaitre à ses auteurs/ compositeurs d'avoir su apporter un matériau de grande qualité... Ecoutez "Je t'ai manqué" ou "Hier à Sousse" pour vous convaincre que Gaetan Roussel a bien digéré l'ambiance de "Fantaisie Militaire" (le chef d'oeuvre d'Alain - à l'unanimité d'ailleurs, semble t-il)... Mettez en miroir "Je tuerai la pianiste" et "Comme un Lego" pour admirer la communion avec Manset, où à tour de rôle chacun semble habiter l'univers de l'autre ... "Comme un lego", vertigineuse imploration sur la condition humaine, touche à mes yeux au beau absolu, à l'indicible où la chanson ne s'aventure que par exception, sous la férule des "grands voyageurs"... Petite réserve sur les reprises, un peu en deça, même si la délicatesse de "Suzanne" révèle bien l'immense talent de "repreneur" de Bashung..
Au final, cela donne un disque plus accessible que les précédents (on peut faire "facile" si on veut faire le ..difficile), rempli de beaux moments, mais pourquoi bouder son plaisir? Combien a t-on de pepites comme celle ci chaque année?
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10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
AUTHENTIQUE, 12 septembre 2008
Après avoir joué d'imprudence, puis nous avoir laissé dans le silence durant six ans, Alain Bashung revient bouleverser l'ordre des mots. Cependant, cette fois-ci, terminé les mélanges de langage parlé et flashs surréalistes, car le chanteur à l'âme Bleu Pétrole. Moins centré sur lui-même, sur ses propres modulations de fréquences intimes, l'homme nous revient plus ouvert sur les choses du monde, ainsi que sur l'époque où nous vivons. Choix délibéré dans une vie de ménestrel décalé, Alain a de nouveau envie de mélodies, de chansons simples, au travers desquelles il se lance un vrai défi d'interprète. Ainsi, par rapport à son dernier disque, c'est au travers d'un enregistrement au format plus épuré, intentionnellement envahis par de grands espaces folk, pop ou country, que sa voix s'élève à la rencontre des laissés pour compte de notre société. Plus politique dans le verbe, plus proche qu'il ne l'a jamais été de l'actualité, le poète aux lunettes noires ne voyage plus en solitaire, mais bien en compagnie de la réalité.
Bleu profond, tirant sur le vert, si musicalement l'album brille d'une sombre mélancolie, les guitares qui en soulignent les accents savent naturellement se mettre au second plan, lorsque l'artiste s'offre, nous ouvre les portes de ses incertitudes. Plus proche d'un Johnny Cash que d'un Presley, Bashung raconte. Raconte et témoigne de sa vision de notre société au travers de pièces aussi essentielles que Tant de Nuits, Résidents de la république ou Hier à Sousse. A noter, derrière le chant tout en proximité de l'artiste, plusieurs rencontres capitales. Tout d'abord celle avec Gaëtan Roussel, leader du groupe Louise Attaque, grâce auquel se construit au fil des minutes un paysage urbain et imagé que ne renierait pas un certain Robert Zimmerman. Trempés de spleen, faisant face au concret, à l'image de Je t'ai Manqué, les textes sont forts, baignant d'une clarté faite de souffles de vie, comme d'instants mélodramatiques.
Et puis, il y a Gérard Manset. Plus particulièrement cette chanson, Comme un Lego, qui par son aeil satellite nous donne une lecture du monde comme on en rencontre rarement. La vie ne serait-elle devenue qu'un jeu de dupes ? Ne serions-nous pas devenus les instruments d'une machine implacable ? En quelques questions à la poésie sombre, le duo Bashung / Manset relativise l'espoir, jette un regard embué et désabusé sur l'avenir de l'homme. Constats sur la souffrance du plus grand nombre, mais aussi constats sur nos blessures individuelles, Bleu Pétrole est en fait un disque à l'humanité profonde dans lequel chacun devrait y trouver matière à réflexion. Essentiel.
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