Critique
Bleu Pétrole s'annonce déjà comme un album de transition, tant au niveau du style musical que sur le plan des collaborateurs d'Alain Bashung.
Ce disque voit le créateur solitaire faire appel à des plumes réputées, tel Gérard Manset qui co-signe trois titres dont le lyrique
« Je tuerai la pianiste » et
« Comme un lego », l'un des meilleurs moments du disque. La troisième signature n'est autre que la reprise du classique
« Il voyage en solitaire ».
Autre personnalité marquante de ce disque atypique, le compositeur et producteur de Louise Attaque Gaétan Roussel. Sa présence influe sur l’atmosphère country-rock de certains titres, notamment
« Résidents de la République », avec sa pointe d'ironie. Il adapte également le titre
« Suzanne » de Leonard Cohen, dans la version réalisée par Graeme Allwright.
Dans cet ensemble en demi-teinte où un goût d'amertume prédomine, de nouveaux auteurs se voient confier la responsabilité d'un titre, en forme d'hommage de l'élève au maître. Arman Méliès se lance dans un
« Vénus » lyrique, et Joseph D'Anvers apporte un admirable
« Tant de nuits ».
Le New-Yorkais Mark Plati officie à la production d'un disque soigné à l'extrême et majoritairement acoustique, dans lequel Bashung semble endosser la stature d'un Johnny Cash français. Telle est la sagesse de celui qui jadis a déplacé les lignes du rock d'ici. Un costume qui lui sied à ravir.
Loïc Picaud - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
5 années après «l'imprudence», Alain Bashung revient avec «Bleu pétrole». Ce disque supportera en rougissant les superlatifs les plus élogieux : splendide pour les uns, il ne sera que bouleversant pour les autres. Dernier refuge avant les sommets où Alain se promène désormais seul, «Bleu pétrole» marque un retour à la spontanéité pop, signant une envie de «faire la paix » avec un format délaissé sur les rivages de «L'imprudence». Ici, la voix de Bashung traverse la musique pour planter piques et banderilles où le coeur fait boum. Il faudra du temps pour digérer «Comme un lego», pour apprivoiser «Tant de nuits», pour oublier le gimmick de «Résidents de la république ». Du temps pour se rendre compte que depuis des lustres Bashung caracole en tête de ce qui se fait de mieux en France : «Osez Joséphine», puis «Chatterton », «Fantaisie militaire», « L'imprudence » et «Bleu pétrole». Pas une faute de goût. Sur cet album Alain a travaillé avec Gaëtan Roussel (Louise Attaque, Tarmac) qui lui a taillé des titres sur mesure : «Résidents de la république», «Sur un Trapèze », «Hier à Sousse»... et produit l'album avec Mark Plati (The Cure, David Bowie, Rita Mitsouko). Il s'est aussi adjoint les services de Gérard Manset sur 4 titres dont la reprise de «Il voyage en solitaire», d'Arman Méliès et de Joseph D'Anvers.