On retrouve un thème cher à l'auteur : la décadence.
Des jeunes sans but, errant dans la ville, se droguant, baisant (c'est le mot !)...
En lisant au premier degré, certains vont être écoeurés, déroutés.
Il faut aller plus loin et comprendre l'auteur qui ne cesse, au fil de ses livres, de contrebalancer l'image trop parfaite du Japon.
Tout celà de façon très crue parfois !
Dans "Bleu presque transparent", nous sommes dans les années 70 (l'oeuvre datant de 1976). Donc période post révolution estudiantine, flower power, drogues, musiques, sexe. A celà s'ajoute une présence encore forte des américains, par l'intermédiaire de leurs soldats en poste au Japon, et, dans ce livre, plus particulièrement des noirs américains ou métisses. Ces américains source de fantasme (le sexe des noirs par exemple), de drogues qu'ils font découvrir et qu'ils fournissent aux jeunes japonais... J'ai eu le sentiment que l'auteur pointait du doigt cette influence néfaste de l'Amérique qui amène dépravation, oisiveté, à la jeunesse japonaise qui s'y plonge d'autant plus qu'elle veut échapper au carcan de la société japonaise.
On retrouve aussi le thème des filles utilisant le sexe tarifé comme source de revenu (comme dans "miso soup"). Phénomène bien ancré au Japon, et encore plus de nos jours d'ailleurs.
Je poursuis donc ma découverte des oeuvres de Murakami Ryû et les recommende chaudement à tout nipponophile qui souhaite voir l'envers d'un décor trop idéalement peint par la pop culture japonaise.