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Monique Calhoun, malgré ses scrupules, surfe sur cette vague. Membre d'un "consortium relationnel", "capable de vendre des eskimos en Alaska", elle conseille les corporations soucieuses de lancer des projets pharamineux ou de redorer leur blason. Elle va bientôt croiser la route d'Éric Esterhazy, faux prince et vrai descendant d'une famille de trafiquants, valet du groupement des Mauvais Garçons. Sous couvert de guider de riches touristes dans la "ville lumière" sur La Reine de la Seine (son immense bateau à aubes), Éric espionne en réalité leurs faits et gestes et monnaie les informations obtenues. Lorsque Monique loue La Reine afin d'accueillir les membres de la Conférence pour l'amélioration du climat, Éric part à la pêche aux révélations, mettant au jour une "intox" médiatique qui cache un danger planétaire imminent...
On entre dans Bleue comme une orange en fanfare, ou plutôt en big band, au son de "When the Saints Go Marching in", et c'est sur un rythme endiablé que se poursuit le roman – avec certaines notes aigrelettes où les personnages doivent se salir les mains, faire du mal pour faire le bien. Sexe, drogues et... jazz New Orleans composent ici un mélange épicé sous la plume d'un Spinrad au mieux de sa forme, oscillant entre thriller écologique, suspense amoureux et pochade sur la société du spectacle – le sort de la Terre se joue en effet entre orgies de cocaïne et parties de jambes en l'air ! Les rires que l'auteur nous arrache valent à eux seuls le détour, et démontrent que le père de Jack Barron et l'Éternité, ex-enfant terrible des années soixante-dix, n'a rien perdu de ses qualités corrosives. --Nathalie Mège


