Aurélien est dans l'âge sévère de l'existence. De celui ou l'on commence à maudire l'inéluctable fuite du temps. Particulièrement quand celle ci est parsemée de regrets à jamais figés dans le glacier assombrie de ses hasards malencontreux. Ces fracas caillouteux qui l'on privés de la douceur d'une compagne qui aurait porté l'affection d'une progéniture ayant repris la flambeau de son acvtivité de berger dans son hameau. Et il se meurt de solitude. L'arrivée impromptu de parisiens en séjour pour les vacances et la rencontre d'avec leur très jeunes fils va raviver en lui la bougie consumée des flots de pétillements de la vie. Et dès le début du roman, ce ressent spontanément la naissance d'une révélation chez ce vieil homme. Celle d'un enfant qui va faire naitre ces petites semences de gaieté qui comme le blé doré vont l'éblouir d'un amour qu'il n'a plus partager depuis des années. Dès la première rencontre entre les deux extrémité de l'âge, le lien qui va se forger commence déja à se consolider ("L'espace d'un instant, il se demanda vaguement si c'était d'un enfant qu'il avait besoin, ou seulement de retrouver l'enfant qu'il avait été. Non ! L'enfant qu'il avait été sommeillait en lui, bien vivant. Celui-là lui appartenait. Il savait tous de ses rires, de ses peurs, de ses petits bohneurs. C'était de bien autre chose qu'il avait besoin aujourd'hui : C'était de se voir aimé, lui, le vieux, l'inutile, dans les yeux d'un enfant. Il devina que la rencontre du chemin l'avait brûlé jusqu'au os.") Puis l'enfant va lui offrir le don de sa présence quasi-permanente. Il va faire connaissance avec les brebis, surgir brusquement aus premiers instants de la matinée, le questionner sur les raisons cachées de son statu de célibataire endurci. L'accompagner lors de longues promenades avec le troupeaux, ensoleillées de confidences passionnantes, et même l'aider dans les nombreuses tâches quotidiennes. Jusqu'a ce que l'attachement réciproque ne soit définitivement soudé après une brève séparation conduisant à des retrouvaiiles émouvantes et inhabituelles pour l'aînés, dans des gestes d'affectivité rendu amnésique depuis des décennies ("Le choc qu'il reçut contre lui le fit chanceler, il ne comprit pas quels étaient ces bras qui le seraient et quelle était cette tête qui s'appuyait contre son torse. Il ne connaissait pas les gestes qu'il aurait dû faire pour répondre"... " Voila, il avait relié ces deux mondes qui ne se rencontreraient jamais, sinon à travers eux. Ils avaient aussi retrouvé le rire et le bohneur si simple d'être ensemble, sans que ni l'un ni l'autre ne sût pourquoi. Ils avaient refait connaissance et s'étaient raconté les deux mois qui venaient de passer"), puis le bohneur fugace d'une adption provisoire quand le petit va passer sa première nuit chez lui ("Voila c'était fait : un enfant dormait dans sa maison. Est qu'est-ce qui l'empêchait de penser que c'était le sien, qu'il était là pour veiller sur son sommeil, le protéger comme tant de pères qui veillent sur leur fils partout dans le monde... Il n'osait plus bouger, à peine respirer. L'heure qui passa lui parut pleine et ronde comme un soleil. Il avait tout. Il n'avait jamais été aussi heureux. La nuit se referma autour de la maison et se mit à ronronner comme un chat dans son coussin... Il entra dans la maison, se dirigea vers sa chambre, hésita, revint sur ses pas, marcha vers l'autre chambre, poussa la porte. Alors, la laissant entrebâillé pour avoir un peu de lumière, immobile comme le temps qui venait enfin de s'arrêter, il écouta respirer l'enfant qui ne le quitterai plus") La hantise pour Benjamin de la perte de l'être aimé quand Aurélien va faire un brusque malaise. Une deuxième séparation lente et tragique va venir, le petit garçon ne voulant point partir et le vieux partagé entre impuissance devant l'autorité des parents et l'acquièsement à la peine de l'enfant à qui il porte un amour sans borne. Puis de nouvelles retrouvailles, cette fois sur Paris ou Aurélien joue les invité surprise. Un nouveau départ ou il ne semble plus question de revenir à Noel, entraîne pour finir une fugue du gamin désirant vivre en permanence chez le gardien de troupeaux. Ses parents voulant en plus l'empêcher de continuer à lui rendre de temps à autres visite. Il faudra l'intervention des gendarmes pour que s'ensuive une dissolution peut être définitive. Christian Signol nous atteint de nouveau le coeur de plein milieu, pour nous sentir pleinement concernés dans une intensité insoupçonnée. Un ton simple, accessible, épuré, mais sacrément qualitatif. Avec un style qui décèle l'envie d'aller droit à l'essentiel, dans le plus vif des ressentiments. Chaque phrase est pesée, chaque mot est milimétrés de manière à ca que chacun de nous s'implique en totalité en se fondant soit sans la peau du vieil homme, soit dans celle de l'enfant... ou des deux en même temps. L'émotion est à foison. La terre, racine même des revendications nobles et éternelles, celle même de cet amour éperdu de la nature. De ces retours au vrais valeurs de la vie, tout le contraire des galvaudages superficiels de la ville et de son bétonnage triste et laid. L'attachement exceptionnel de deux êtres. Cette fusion vive et exclusive, comme un grand père et son petit-fils. Le fait de tout partager, encadrer de sublimes paysages ou les liens sont de plus en plus étroits. L'amour non pas de sang, mais de raison. Cette spiritualité pleine et émotionnelle à jamais marqué du sceau de l'amour. On est saisis jusqu'au fibres les plus infimes des ressentits de l'émotif. J'ai une véritable admiration pour Christian Signol. Ces hymnes répété à l'enfance, à la nature, à la transmission, aux partages, à l'amour tout simplement. Ma bibliothèque est ornée d'une douzaine de ses romans, et ils ne sont pas près de prendre la "clés des champs". Un auteur des plus marquant éternellement !