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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Obscured by clouds,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blood of Heroes (CD)
Le titre est un hommage au film de Paul Verhoeven du même nom (La chair et le sang en VF), et dont on peut trouver la bande originale ici, et à son acteur-fétiche à l'époque, Rutger Hauer, en particulier. Sont impliquées dans ce melting-pot sombre et urbain quelques-unes des ombres les plus actives de la scène underground new yorkaise: Justin Broadrick aux guitares, Submerged à la basse et aux programmations électroniques, Bill Laswell aux basses (dont la 8 cordes sur un titre) et Dr Israel aux textes et à la voix (bardée d'effets, et balancée à la ragamuffin) aux côtés de nouveaux venus tels que Balazs Pandi et KJ Sawka aux (vraies) batteries ainsi que M. Gregor Filip et Enduser aux machines et guitares.Paysages désolés, ambiances grisailleuses et oppressantes, prise de son monstrueuse, The Blood of Heroes est un nouvel épisode dans la lignée des albums aux atmosphères à la fois cotonneuses et inquiétantes tels que Scorn (Mick Harris) ou Bill Laswell en enregistraient hebdomadairement dans les années 90. La musique évoque quelque Terre du futur au ciel désespérément chargé de fumées polluantes (comme dans Blade Runner dans lequel jouait Rutger Hauer justement), à la technologie à la fois hi-tech et brinquebalante, dans laquelle se trimballerait mollement une humanité aliénée jusqu'au renoncement (on pense aussi au film Hardware du formidable mais peu prolifique Richard Stanley). Faut-il voir dans ce projet un acte de contestation, une extrapolation de certaines réalités urbaines de notre époque, une pique envers les insolubles contradictions de nos sociétés obscurantistes? Probablement. La noirceur de l'ensemble en fait un équivalent américain au genre éphémère nommé "trip-hop" et à ses résonances contemporaines ("grime" et consorts), mais musicalement on trouve davantage de matière ici que dans la plupart des disques de trip-hop (ceux de Tricky exceptés). Une musique trangenres, qui emprunte autant au rock (guitares empilées, entrecroisées, on ne trouvera pas de solo ici) qu'au dub et à la drum'n'bass pour les rythmes... Les compositions sont unanimement créditées à l'ensemble du personnel. On ne peut rattacher ces morceaux à aucun style connu, prédéfini: bon courage aux classificateurs de tout poil, dans les échoppes culturelles et autres médiathèques. Musique dans laquelle les hémisphères se rencontrent, les origines se mélangent. Bande originale pour néo-interzone à la Burroughs, transposée dans un 21e siècle post-mondialisé. Traversons-nous un nouveau Moyen-Âge? Un disque trouble et fascinant, immersif et dépressif, qui se déversera dans vos oreilles avec la délicatesse d'une pluie acide venue de Tchernobyl. Une petite réussite de l'année 2010, à la jolie pochette cartonnée aux peintures créditées à Khomatech (artiste ou multinationale ? mystère...) Il existe un autre album de cette formation, à la belle pochette du même tonneau: Remain... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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