Quinze années de carrière, et sept que beaucoup attendaient ce nouveau Unsane. Héros d'une noise bâtarde archi plombée, les New-yorkais dégainent ici leur sixième album (le deuxième chez Relapse) en la personne de « Blood run ». La formule n'a pas changé : UNSANE en grosses lettres capitales, pochette dans la grande tradition du groupe... c'est-à-dire gore au possible, rythmiques mammouths, son de basse é-nor-me, pouilleux et rêche, mid-tempo groovy, vocaux limés à la disto, bruyant, furieux, sale... on en passe et des meilleurs. Une fois notre pléthore de qualificatifs hasardeux déballée, il ne reste plus grand-chose à ajouter. Ceux connaissant s'accorderont pour dire qu'Unsane font du Unsane, que de surprises sur ce disque, il n'y en a guère mais que, tant pis, c'est déjà si bon comme ça. Les autres plongeront, ou ne plongeront pas, dans ce dédale de ruelles puant la pisse mit en musique, dans cet univers dense et charbonneux où l'on égorge des prostitues pour le fun et où l'on montre la violence telle qu'elle est, crûment. Une fois rentré dans ce « Blood run », ce ne sont pas des chansons que l'on écoute, mais un album, même plus, une ambiance. Pas de refrain catchy (quoi que...), pas de mélodie réellement mémorable, juste une batterie, une basse, une guitare et une voix, calées sur le monocorde du style du groupe. Onze titres, tous plus semblables les uns aux autres, onze titres n'étant pas à envisager comme tels, mais plus comme un climat, une atmosphère glauque et renfermée dans laquelle on s'enfonce pour mieux se perdre. La chute a parfois du bon, Unsane le prouve une nouvelle fois avec « Blood run ».