S'il y a bien un album qui peut résumer la discographie (non exhaustive) de Type O Negative, c'est celui-ci, et certainement pas "The Least Worst Of", compilation inutile sortie uniquement pour des raisons contractuelles avec le label Roadrunner. Les influences du groupe (devrait-on dire de Peter Steele) apparaissent toutes ici pêle-mêle, dans ces chansons délicieusement (dé)structurées que sont "Christian Woman", "We Hate Everyone", "Too Late for Apologies" ou le culte "Black N°1". Le Géant Vert et ses acolytes n'ont aucun scrupule à se faire cotoyer les Beatles, Venom, Siters of Mercy et Black Sabbath dans ce maelström industriel de dépression coléreuse (ou l'inverse) qui affirme textuellement la frustration (sexuelle, artistique, sociale... humaine) de son concepteur, culturiste gothique subtilement égocentrique qu'on serait tenté de comparer à un Glen Danzig de luxe. Le succès inespéré de ce groupe (sanguin) est dû en grosse partie à l'ambiguité de ses textes (cf le douteux "Kill All The White People") qui a valu à Steele de se faire taxer tantôt de communiste, tantôt de fasciste, semant dans tous les esprits avides de politisation du rock une confusion dont se délecte depuis le Musclor Ténébreux. La maxime au dos du CD résume bien l'esprit nihiliste de T.O.N : "Ne confondez pas manque de talent et génie". Tu as raison Peter, Bloody Kisses mérite 0/5 !!!