J'ai découvert ce groupe récemment alors qu'il avait déjà quatre albums au compteur, j'ai eu un peu de mal à accrocher au début (commençant par quelques titres des premiers) tout en appréciant déjà la démarche, puis l'écoute d'extraits live et studio puis de l'intégralité des deux derniers albums "Teen Dream"(2010) et "Bloom" (2012) ont eu raison de moi : Trop doués, trop bons en composition, trop intelligents côté arrangements (ce n'est qu'après que j'ai appris le lien avec Robin Guthrie de Cocteau Twins-cf les deux derniers albums de Beach House sont produits sur son label). Voix fascinante de Victoria Legrand, quelque part entre la légèreté éthérée des chanteuses de style "Shoegaze" (mais davantage mise en avant que dans ses groupes) et la gravité (dans tous les sens du terme) de la divine Nico. Fascinante est également cette synthèse qui court dans tout l'album entre organique et minimal plus synthétique/artificiel, sans que ce soit péjoratif (cf l'intro de "Lazuli" et son synthé vintage, des boîtes à rythmes d'apparence simples), le simple et le compliqué, le mesuré-maîtrisé (les rythmiques, le chant) et le passionné-flamboyant jeu de guitare d'Alex Scully (l'autre membre fondateur, sinon ils ont depuis quelque temps également un batteur sur scène voire deux autres musiciens encore...). Les voix sont très bien arrangées également, et l'on pourrait presque être chez Kate Bush à la fin de "Lazuli", alors qu'on pense parfois à Marianne Faithfull, en plus lié, Mazzy Star à peine (c'est plus pour certains ambiances que pour le type de chant de Hope Sandoval, assez différent), entre autres chanteuses. Le style musical, s'il apparaît comme pop, la presse parlant de "dream pop", les formats des titres aussi (sauf le final), est tout de même largement tributaire du son Shoegaze & Noisy pop(difficile d'être juste sur les influences, mais Cocteau Twins est à citer de toute évidence, dans la seconde partie de sa carrière, mais aussi par certains aspects peut être Slowdive, Ride, voire même parfois The Cure, aussi plutôt du rock indépendant (j'oserais citer The Pixies pour la concision et dramatisation des climats par des courtes parties de guitares aïgues), allant parfois jusqu'à flirter avec des démarches plus expérimentales comme celles de My Bloody Valentine, en un peu moins noisy(surtout sur le titre "New Year", ou c'est flagrant, voire quelques passages dont l'intro de "The Hours"). On pense aussi à d'autres influences pop, trop longues à lister ici ...Au delà de ça, sans tout détailler, je reste subjugué par l'enchaînement des trois premiers titres ("Myth"/"Wild"/"Lazuli"), parfait, et par les arrangements savants (jusqu'aux percussions additionnelles pour créer ce contraste avec les éléments aériens ou mieux le porter selon le cas-cf sur "Myth"). Les guitares sont sublimes, comme lorsqu'elles explosent à plusieurs reprises (c'était déjà le cas par ex. sur les refrains de "10 Mile Stereo" de l'album "Teen Dream"). Mais ce qui me fascine aussi c'est la qualité d'écriture du groupe...rien n'est jamais facile, rien n'est à jeter...les climats sont peut être un peu plus relâchés par moments, mais c'est pour nous emmener ailleurs avant de mieux revenir (comme avec un autre chef d'oeuvre "Wishes") nous séduire. Parfois on se dit en réécoutant cet album, mais d'ou sortent t'ils? Vers quels sommets vont ils encore nous porter la prochaine fois, c'est à peine croyable, le disque est rempli de tubes (au moins 5, au plus 8/10) et semble fait pour s'écouter d'une traite...BEACH HOUSE, candidat au meilleur groupe pop-rock/indé de la décennie présente et à venir, etc...? Je ne sais pas, mais ce dont je suis sûr c'est que les autres n'ont qu'à bien se tenir au vu du talent déployé ici...Le "pire", si j'ose dire, c'est que même les inédits entendus ici ou là sur la toile, comme les "face-B" des singles ou les reprises sont des petits bijoux (je pense à "Equal Mind" par exemple). On en veut donc....logiquement, ENCORE !