Les singles qui ont fait la renommée de ce disque ont beau avoir été réutilisés à outrance (
« 21st Century Crooners » dans un spot publicitaire de la SNCF,
« Til You Faint »,
« Cockpit Inferno » dans des B.O. de films), cet
album est d’abord conçu comme un ensemble narratif cohérent, dans lequel les chansons imbriquées les unes aux autres se suivent et ne se ressemblent pas.
Blow est un voyage exaltant comme des montagnes russes. On n’en attendait pas moins de ce groupe, cynique, ambitieux, insolent et bourré d’humour, venu du plat pays.
L’introduction de
« Blow », premier titre phare et éponyme de l’album, nous plonge dans une torpeur grisante, prémisses du moment attendu où l’on sera propulsé à toute allure dans la quête décomplexée de sensations fortes d’un dandy fictif. Le thème n’est pas nouveau, le décor (la passion en rouge et noir) non plus. Mais la volonté de John Stargasm, leader du groupe et auteur des textes, est justement de redécouvrir ces plaisirs démodés, puisqu’il « sexprime » on ne peut plus volubilement sur le sujet.
Avec leurs morceaux à deux voire plusieurs vitesses (du niveau de maîtrise de
« The Dragster Wave ») leurs concentrés d’efficacité rock (le tube
« Do You Read Me ») ou les moments d’accalmie romantique (
« Sweet Love » qui ne nécessite rien d’autre qu’un couple piano-voix), les Ghinzu prouvent avec maestria qu’ils contrôlent la situation.
Explosif mais intime, cru mais sensuel, passant sans cesse de la tourmente à l’apaisement,
Blow possède un piquant et un charme intemporels. Oui, cet album reste aussi enthousiasmant qu’à sa sortie en 2004. Plus que le très bon disque d’un très bon groupe de rock belge, c’est un must absolu du rock des années 2000.
Anne Yven - Copyright 2012 Music Story