Critique
Le quatrième album des Irlandais confirme leur extraordinaire capacité à rendre le moindre refrain immédiatement mémorisable, le moindre couplet apte à emplir les pistes de danse. En fait, la carrière de Bell X1 (d’après le nom du premier avion à avoir franchi le mur du son) n’a cessé de croître depuis leur premier album (2000), jusqu’à leur permettre d’accéder au statut de stars ici (dans leur pays) et là (États-Unis).
Ceci posé,
Blue Lights… reste l’album de tous les dangers, par le double handicap du départ du membre fondateur le claviériste Brian Crosby (qui souhaitait se consacrer aux musiques de film et à la production), et de l’invraisemblable succès qui a accompagné leur précédent effort
Flock (2006). Quelques mesures de
« The Ribs of a Broken Umbrella », qui débute le disque, suffisent à rassurer : le quatuor reste impérial dans son talent à trousser ces chansons instantanées qui pourraient avoir été enregistrées par un Radiohead en villégiature, ou Coldplay si ces derniers oubliaient autant que faire se peut l’emphase des grands sentiments.
Sur des histoires (comptines) simples, où l’on évoque l’âpreté de la vie de tournée, de grandes considérations humanistes sur le devenir de l’homme, les amours impossibles, ou les grandes figures du siècle (comme l’aviatrice Amelia Earhart, première femme à avoir traversé l’Atlantique, et, surtout, à être mystérieusement disparue au-dessus de la Nouvelle-Guinée), Bell x1 développe à satiété les deux armes absolues de la musique pop : commodité de l’approche, et variation subtile des climats.
Aucune des dix chansons proposées ne se ressemble, et elles restent pourtant indubitablement enregistrées par les mêmes artistes. Un piano rêveur soutiendra ainsi une ballade désenchantée (
« Blow Ins »), de grandes lampées synthétiques soutiendront le drame en devenir (
« Amelia »), alors qu’une simple guitare acoustique et un piano majestueux ponctueront la mélancolie d’un sentiment amoureux évanoui.
Avec
Blue Lights…, Bell x1 rejoint la cour des grands du rock FM : on leur sera gré d’offrir ainsi une touche européenne à un genre jusqu’à présent réservé à d’authentiques talents américains, comme Toto, en partie grâce au chant tendrement déchiré de Paul Noonan (qui offre parfois aux climats des chansons une couleur proche de ce que déclinait Crowded House).
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
Bell X1 est considéré à forte raison comme un des plus grands groupes de leur Irlande natale. Sorti en 2000 en Irlande, leur premier album, ' Neither Am I ', a clairement démontré qu'il fallait compter avec eux. Leur deuxième album ' Music In Mouth ', sorti en 2003, a été accueilli par les acclamations de la critique et continue d'être considéré comme un classique. « Flock », leur 3eme album, est sorti en 2008 et les a hissés directement à la place de n° 1 dès sa première sema ine de sortie en Irlande. Blue Lights on the Runway n'a pas dérogé à la règle puisqu'il s'est, lui aussi, placé en tête des ventes en Irlande lors de sa sortie fin février. Le temps de conquérir la France est venu pour Bell X1...