Blues Brothers 2000 (sorti en 1998), 18 ans après le premier volet, est endeuillé par la perte de John Belushi, décédé en 1982, et celle du très grand Cab Calloway. Le film partait donc avec un sérieux handicap. Il ressert beaucoup des gags de Blues Brothers 1, les voitures démolies, le bar country de la campagne profonde, et les méchants à la poursuite des Blues' (les nazis ont laissé place aux extrémistes sudistes et à la mafia russe dans ce second opus); on est tenté de crier au scandale et à la facilité, mais avec le recul, le film tire ces grosses ficelles pour faire de l'autodérision, et ça le rend encore plus drôle!
Bien entendu, le casting époustoufflant vaut celui de 1980, avec au menu Aretha Franklin, BB King, Eric Clapton ou Wilson Pickett. Le film a même le bon goût d'intégrer des pointures de la génération suivante (car non, le blues n'est pas mort), comme Erykah Badu ou Blue Traveler. La rencontre entre Clapton et BB King a d'ailleurs été prolifique puisqu'ils ont sorti un album en duo immédiatement après la sortie du film. La performance live de la fin, réunissant une vingtaine de superstars, est un sérieux tour de force.
Et comme il fallait bien trois hommes pour remplacer feu Jake Blues, on appréciera l'arrivée dans la bande de John Goodmann (le mari de Roseanne dans la série), Joe Morton, un crooner talentueux, et la grande surprise, J. Evan Bonifant, un gosse de 10 ans capable de jouer de l'harmonica, de pousser la voix et de danser.
Il y a même des rappels, puisqu'après le générique de fin le pape James Brown revient nous interprêter son célèbre "Please, please, please..." Rien que du bonheur jusqu'à la dernière seconde, et non pas une séquelle superflue de Blues Brothers.