"Je suis une chienne, une amoureuse,
Je suis un enfant, Je suis une mère
Je suis une pécheresse, je suis une sainte
Je n'en ai pas honte"
C'est avec ce refrain craché à la face du monde, que Meredith Brooks propulse sa chanson "Bitch" et son album "Blurring the Edges", vers des sommets. Cette confession troublante et crue, s'opère sur un fond de guitares rageuses qui servent on ne peut mieux le propos (certaines radios ont préféré diffuser la chanson sous le titre "Nothing In Between". Bande de tartuffes !).
Les autres chansons de l'album témoignent aussi d'une belle énergie de la part de la dame : "I need", "Birthday", "Shatter"' sont de la même veine. Si elle relache parfois un peu la pression ("Somedays" ou "What would happen"), elle reste fidèle à sa six-cordes et aime visiblement chatouiller sa gratte.
S'il faut chercher, c'est d'ailleurs le seul reproche qu'on peut faire à ce disque qui manque un peu de diversité, même si on imaginerait bien Dido chanter "Stop", Moon Martin dérouler "My little Town" ou encore Patti Smith, reprendre "Wash My Hands".
Attention, pas de méprise : Meredith n'est pas la garce que laisserait penser son titre emblématique ou encore les paroles au cutter qu'elle adresse dans "Watch You fall" ("I was blind to ya, Was lying to ya , Like everybody else who watched you fall, Say they love you but they're laughing When you crawl").
Au contraire, dans "Polyanne", par exemple, elle réclame de la douceur et du sentiment. A la voir si gracile, d'allure maladroite avec sa guitare presque trop grande pour elle, comment lui refuser ?
Et pourtant. Tout ça est resté inaccessible à beaucoup et notamment au public de crétins argentins qui lui ont jeté canettes et autres objets à la figure, quand elle ouvrait pour les Stones en 1998.
Depuis, malgré quelques disques, Meredith a disparu des écrans radars.
Depuis, l''Argentine est ridicule en coupe du monde.
Il y a une justice...