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Bo Diddley


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Biographie

Né à McComb (Mississippi) le 30 décembre 1928 dans une famille paysanne très pauvre, l'enfant en bas-âge Otha Ellas Bates est adopté et élevé avec sa soeur par une cousine maternelle veuve, Gussie McDaniel. Cette dernière donne à l'enfant un nouveau patronyme et l'emmène dans un quartier difficile de Chicago où elle s'établit en 1935.

Le jeune McDaniel

Enfant, Ellas McDaniel se familiarise avec le violon, avant la découverte de la guitare offerte par sa sœur ; il accorde alors l'instrument comme il en avait l'habitude avec le violon, et en joue en usant du staccato, ce qui lui apporte la ... Lire la suite

Né à McComb (Mississippi) le 30 décembre 1928 dans une famille paysanne très pauvre, l'enfant en bas-âge Otha Ellas Bates est adopté et élevé avec sa soeur par une cousine maternelle veuve, Gussie McDaniel. Cette dernière donne à l'enfant un nouveau patronyme et l'emmène dans un quartier difficile de Chicago où elle s'établit en 1935.

Le jeune McDaniel

Enfant, Ellas McDaniel se familiarise avec le violon, avant la découverte de la guitare offerte par sa sœur ; il accorde alors l'instrument comme il en avait l'habitude avec le violon, et en joue en usant du staccato, ce qui lui apporte la sonorité et le rythme originaux qui feront son style. Le jeune musicien est alors attiré par un carrière de boxeur professionnel (un sport qu'il pratique avec assiduité) ou de luthier, en tant qu'ébéniste apprenti. Il consolide sa pratique de la guitare dans un groupe local, The Hipsters, chante à l'église baptiste du coin, et trouve un emploi à la voirie municipale. C'est aussi un fan de blues et de rhythm 'n' blues qui écoute Louis Jordan et John Lee Hooker. En 1950, il forme un nouveau groupe avec Billy Boy Arnold (harmonica) et Jerome Green (maracas), les Langley Avenue Jive Cats, du nom de la rue où ils se produisent. La formation acquiert une certaine notoriété dans les clubs de Chicago où le son de McDaniel est très apprécié, et s'étend avec le contrebassiste James Bradford et le batteur Clifton James. Le groupe vole en éclats, et seuls les deux comparses d'oirigine suivent McDaniel quand ce dernier se voit proposer un contrat par la compagnie des frères Chess, sur la foi de deux de ses titres, « I'm a Man » et « Uncle John », qui devient par la suite « Bo Diddley ». Ce sont les patrons de la marque qui décident de donner un nouveau nom au guitariste, emprunté à un instrument à cordes d'origine africaine.

Le fameux titre « Bo Diddley » paraît en juin 1955 sur Checker, et atteint le sommet du classement spécialisé rhythm 'n' blues. Ce succès est suivi d'une tournée Chess qui met en valeur la présence scénique et le style tonitruant de Bo Diddley, dont la guitare Grestsch rectangulaire et rouge, de fabrication maison, séduit le jeune public. La scène rock 'n' roll est alors en plein bourgeonnement, et Diddley profite de son expansion en étant assimilé comme l'un des protagonistes, à l'instar de Little Richard et Buddy Holly. Le 20/11/1955, il fait une apparition dans le célèbre Ed Sullivan Show, où il effectue son titre fétiche à la place d'une reprise de « Sixteen Tons », ce qui accroît un temps la popularité du musicien toujours affublé d'un chapeau noir orné d'un diamant, mais l'exclut à vie de l'émission.

Les classiques de Bo Diddley

Cependant, les disques suivants « Bring It to Jerome » /« Pretty Thing » (juin 1956), « Diddy Wah Diddy » (septembre) et l'important « Who Do You Love » (mars 1957) ne réussissent pas à percer le marché pop, cantonnant Bo Diddley aux classements des race records (blues et rhythm 'n' blues). La série se poursuit avec « Cops and Robbers » (juillet) et « Hey ! Bo Diddley » (octobre). Mais en dépit d'une musique résolument originale et radicale, et d'une liste impressionnante de classiques, la popularité de Bo Diddley ne parvient pas à égaler celle des pointures du genre, et ne connaîtra qu'une reconnaissance tardive par les groupes anglais du début des années soixante qui redécouvrent avec bonheur son répertoire, relayés par les groupes américains. Les Rolling Stones empruntent son « Mona » (octobre 1957) sur leur premier album, les Pretty Things en tirent leur nom et quelques morceaux, les Yardbirds et Animals lui rendent hommage, jusqu'aux Américains de Quicksilver Messenger Service qui proposent une version étirée de « Who Do You Love » sur leur fameux album Happy Trails (1969) et les Doors qui exécutent ce titre à chacune de leurs prestations.

En 1958, la discographie s'étoffe de quelques 45-tours : l'étonnant dialogue impromptu « Say ! (Boss Man) » (précurseur du rap) et « Hush Your Mouth » précèdent un premier album (Go Bo Diddley), mélange de titres percutants, instrumentaux et ballades (« I'm Sorry »). Son grand classique « Roadrunner », repris sur toutes les scènes du monde et faisant office de passage obligé des guitaristes de rock, est publié en avril 1960, talonné par « Crawdaddy » en juin. Le fantastique album Bo Diddley Is a Gunslinger, qui paraît en septembre 1961, présente sa sœur The Duchess (Norma Jean Wofford) à la guitare. Certifié Disque d'or, il accueille des influences country du guitariste qui désormais enregistre dans son propre studio situé à Washington. En novembre, il est invité par le nouveau président J.F. Kennedy à jouer lors de son investiture.

Diddley est alors considéré comme l'inventeur d'un rythme saccadé auquel il donne son nom, ou parfois appelé jungle beat, représenté par le fidèle Jerome Green et le jeu du batteur Frank Kirkland. Le pianiste de blues Otis Spann accompagne le groupe sur une bonne partie des productions qui peinent à investir les hits-parades. Peu importe à Bo Diddley qui, tout au long des années soixante quand son influence s'étend, continue à disséminer simples et albums avec une grande régularité : « You Can't Judge a Book By the Cover » (de Willie Dixon, 1962), « Bo Diddley Is a Lover » (1963), « Mama Keep Your Big Mouth Shut » (1964), « Hey ! Good Lookin' » (1965), ainsi que des relectures de ses débuts. Côté albums, le panier atteint l'excellence avec l'exemplaire Bo Diddley (1962), Bo Diddley Rides Again (1963), In the Spotlight et Roadrunner (1964), plus quelques disques surfant sur la vague twist ou danse de plage (Bo Diddley's Beach Party), et le nostalgique Two Great Guitars avec Chuck Berry. En 1966, « 500 % More Man » (et l'album du même nom) démontre que le colosse n'abdique pas, quitte à faire figure de rocker daté quand le psychédélisme prédomine. Le guitariste adulé tant par la mouvance garage rock que par les formations de blues rock revendique son statut dans The Originator (1967) qui est suivi du petit hit « Ooh Baby ». Son rock primitif se teinte alors de blues, comme le confirment les disques suivants, comprenant Super Blues (1969) enregistré avec Muddy Waters et l'harmoniciste Little Walter, et The Super Super Blues Band, avec Waters et Howlin' Wolf.

En 1969, Bo Diddley est rattrapé par le fisc américain pour des déclarations « oubliées » par son manager, et s'aperçoit au passage que son label lui est redevable d'importants droits d'auteur. Un procès (perdu) plus tard, il publie les honorables Black Gladiator et Another Dimension. Le disque suivant, Where It All Began (1971), produit par Johnny Otis, fait la part belle à un funk-rock psychédélique. Au début des années soixante-dix, quand le rock 'n' roll originel revient à la mode, Bo Diddley refait surface entre divers festivals (un grand rassemblement à Wembley en août 1972) et disques-hommage (il a droit à un London Sessions comme Muddy Waters, Howlin' Wolf et Chuck Berry). A cette occasion, il rencontre le guitariste des Rolling Stones, Ron Wood, qui officie sur des productions à venir. Après un dernier album pour Chess, le funky Big Bad Bo (1974), Diddley rejoint la firme RCA qui l'inclut à la super production 20th Anniversary of Rock 'n' Roll (1976 : Alvin Lee, Roger McGuinn, Keith Moon, Leslie West...). Trois ans plus tard, le groupe punk The Clash l'invite en première partie de sa tournée. Les sorties de disques s'espacent, privilégiant les productions live à défaut de matériel original. Le hit « Ain't It Good to Be Free » (1984) s'accompagne d'un album (New Rose) qui dévie peu de sa ligne directrice, tandis que In Concert (1986) et Live at the Ritz (1987, crédité avec Ron Wood) perpétuent l'image d'un Diddley excentrique et toujours incisif. En septembre 1989, Living Legend apporte de nouvelles chansons du héros intronisé au Rock & Roll Hall of Fame deux ans plus tôt. Les honneurs couvrent une carrière en semi-retraite dans les années 1990, que seuls quelques tournées nostalgiques viennent troubler. En 1998, Bo Diddley reçoit un Grammy Award d'honneur et en 2004, le magazine Rolling Stone place la légende du rock 'n' roll à la vingtième place des plus grands artistes de tous les temps.

Le rocker, élu shériff de la commune de Los Lunas (Nouveau-Mexique) entre 1971 et 1978, part s'installer à Archer (Floride), et n'en sort que pour quelques concerts ; le 13/5/2007, au lendemain d'un concert dans l'Iowa, Bo Diddley est victime d'un accident vasculaire cérébral. Le 2 juin 2008, une attaque cardiaque le saisit définitivement à son domicile pendant qu'il écoute un air de gospel, « Walk Around Heaven ». Sa disparition laisse un grand vide dans l'univers du rock, un genre qui lui doit tant.

Copyright 2014 Music Story Loïc Picaud

Né à McComb (Mississippi) le 30 décembre 1928 dans une famille paysanne très pauvre, l'enfant en bas-âge Otha Ellas Bates est adopté et élevé avec sa soeur par une cousine maternelle veuve, Gussie McDaniel. Cette dernière donne à l'enfant un nouveau patronyme et l'emmène dans un quartier difficile de Chicago où elle s'établit en 1935.

Le jeune McDaniel

Enfant, Ellas McDaniel se familiarise avec le violon, avant la découverte de la guitare offerte par sa sœur ; il accorde alors l'instrument comme il en avait l'habitude avec le violon, et en joue en usant du staccato, ce qui lui apporte la sonorité et le rythme originaux qui feront son style. Le jeune musicien est alors attiré par un carrière de boxeur professionnel (un sport qu'il pratique avec assiduité) ou de luthier, en tant qu'ébéniste apprenti. Il consolide sa pratique de la guitare dans un groupe local, The Hipsters, chante à l'église baptiste du coin, et trouve un emploi à la voirie municipale. C'est aussi un fan de blues et de rhythm 'n' blues qui écoute Louis Jordan et John Lee Hooker. En 1950, il forme un nouveau groupe avec Billy Boy Arnold (harmonica) et Jerome Green (maracas), les Langley Avenue Jive Cats, du nom de la rue où ils se produisent. La formation acquiert une certaine notoriété dans les clubs de Chicago où le son de McDaniel est très apprécié, et s'étend avec le contrebassiste James Bradford et le batteur Clifton James. Le groupe vole en éclats, et seuls les deux comparses d'oirigine suivent McDaniel quand ce dernier se voit proposer un contrat par la compagnie des frères Chess, sur la foi de deux de ses titres, « I'm a Man » et « Uncle John », qui devient par la suite « Bo Diddley ». Ce sont les patrons de la marque qui décident de donner un nouveau nom au guitariste, emprunté à un instrument à cordes d'origine africaine.

Le fameux titre « Bo Diddley » paraît en juin 1955 sur Checker, et atteint le sommet du classement spécialisé rhythm 'n' blues. Ce succès est suivi d'une tournée Chess qui met en valeur la présence scénique et le style tonitruant de Bo Diddley, dont la guitare Grestsch rectangulaire et rouge, de fabrication maison, séduit le jeune public. La scène rock 'n' roll est alors en plein bourgeonnement, et Diddley profite de son expansion en étant assimilé comme l'un des protagonistes, à l'instar de Little Richard et Buddy Holly. Le 20/11/1955, il fait une apparition dans le célèbre Ed Sullivan Show, où il effectue son titre fétiche à la place d'une reprise de « Sixteen Tons », ce qui accroît un temps la popularité du musicien toujours affublé d'un chapeau noir orné d'un diamant, mais l'exclut à vie de l'émission.

Les classiques de Bo Diddley

Cependant, les disques suivants « Bring It to Jerome » /« Pretty Thing » (juin 1956), « Diddy Wah Diddy » (septembre) et l'important « Who Do You Love » (mars 1957) ne réussissent pas à percer le marché pop, cantonnant Bo Diddley aux classements des race records (blues et rhythm 'n' blues). La série se poursuit avec « Cops and Robbers » (juillet) et « Hey ! Bo Diddley » (octobre). Mais en dépit d'une musique résolument originale et radicale, et d'une liste impressionnante de classiques, la popularité de Bo Diddley ne parvient pas à égaler celle des pointures du genre, et ne connaîtra qu'une reconnaissance tardive par les groupes anglais du début des années soixante qui redécouvrent avec bonheur son répertoire, relayés par les groupes américains. Les Rolling Stones empruntent son « Mona » (octobre 1957) sur leur premier album, les Pretty Things en tirent leur nom et quelques morceaux, les Yardbirds et Animals lui rendent hommage, jusqu'aux Américains de Quicksilver Messenger Service qui proposent une version étirée de « Who Do You Love » sur leur fameux album Happy Trails (1969) et les Doors qui exécutent ce titre à chacune de leurs prestations.

En 1958, la discographie s'étoffe de quelques 45-tours : l'étonnant dialogue impromptu « Say ! (Boss Man) » (précurseur du rap) et « Hush Your Mouth » précèdent un premier album (Go Bo Diddley), mélange de titres percutants, instrumentaux et ballades (« I'm Sorry »). Son grand classique « Roadrunner », repris sur toutes les scènes du monde et faisant office de passage obligé des guitaristes de rock, est publié en avril 1960, talonné par « Crawdaddy » en juin. Le fantastique album Bo Diddley Is a Gunslinger, qui paraît en septembre 1961, présente sa sœur The Duchess (Norma Jean Wofford) à la guitare. Certifié Disque d'or, il accueille des influences country du guitariste qui désormais enregistre dans son propre studio situé à Washington. En novembre, il est invité par le nouveau président J.F. Kennedy à jouer lors de son investiture.

Diddley est alors considéré comme l'inventeur d'un rythme saccadé auquel il donne son nom, ou parfois appelé jungle beat, représenté par le fidèle Jerome Green et le jeu du batteur Frank Kirkland. Le pianiste de blues Otis Spann accompagne le groupe sur une bonne partie des productions qui peinent à investir les hits-parades. Peu importe à Bo Diddley qui, tout au long des années soixante quand son influence s'étend, continue à disséminer simples et albums avec une grande régularité : « You Can't Judge a Book By the Cover » (de Willie Dixon, 1962), « Bo Diddley Is a Lover » (1963), « Mama Keep Your Big Mouth Shut » (1964), « Hey ! Good Lookin' » (1965), ainsi que des relectures de ses débuts. Côté albums, le panier atteint l'excellence avec l'exemplaire Bo Diddley (1962), Bo Diddley Rides Again (1963), In the Spotlight et Roadrunner (1964), plus quelques disques surfant sur la vague twist ou danse de plage (Bo Diddley's Beach Party), et le nostalgique Two Great Guitars avec Chuck Berry. En 1966, « 500 % More Man » (et l'album du même nom) démontre que le colosse n'abdique pas, quitte à faire figure de rocker daté quand le psychédélisme prédomine. Le guitariste adulé tant par la mouvance garage rock que par les formations de blues rock revendique son statut dans The Originator (1967) qui est suivi du petit hit « Ooh Baby ». Son rock primitif se teinte alors de blues, comme le confirment les disques suivants, comprenant Super Blues (1969) enregistré avec Muddy Waters et l'harmoniciste Little Walter, et The Super Super Blues Band, avec Waters et Howlin' Wolf.

En 1969, Bo Diddley est rattrapé par le fisc américain pour des déclarations « oubliées » par son manager, et s'aperçoit au passage que son label lui est redevable d'importants droits d'auteur. Un procès (perdu) plus tard, il publie les honorables Black Gladiator et Another Dimension. Le disque suivant, Where It All Began (1971), produit par Johnny Otis, fait la part belle à un funk-rock psychédélique. Au début des années soixante-dix, quand le rock 'n' roll originel revient à la mode, Bo Diddley refait surface entre divers festivals (un grand rassemblement à Wembley en août 1972) et disques-hommage (il a droit à un London Sessions comme Muddy Waters, Howlin' Wolf et Chuck Berry). A cette occasion, il rencontre le guitariste des Rolling Stones, Ron Wood, qui officie sur des productions à venir. Après un dernier album pour Chess, le funky Big Bad Bo (1974), Diddley rejoint la firme RCA qui l'inclut à la super production 20th Anniversary of Rock 'n' Roll (1976 : Alvin Lee, Roger McGuinn, Keith Moon, Leslie West...). Trois ans plus tard, le groupe punk The Clash l'invite en première partie de sa tournée. Les sorties de disques s'espacent, privilégiant les productions live à défaut de matériel original. Le hit « Ain't It Good to Be Free » (1984) s'accompagne d'un album (New Rose) qui dévie peu de sa ligne directrice, tandis que In Concert (1986) et Live at the Ritz (1987, crédité avec Ron Wood) perpétuent l'image d'un Diddley excentrique et toujours incisif. En septembre 1989, Living Legend apporte de nouvelles chansons du héros intronisé au Rock & Roll Hall of Fame deux ans plus tôt. Les honneurs couvrent une carrière en semi-retraite dans les années 1990, que seuls quelques tournées nostalgiques viennent troubler. En 1998, Bo Diddley reçoit un Grammy Award d'honneur et en 2004, le magazine Rolling Stone place la légende du rock 'n' roll à la vingtième place des plus grands artistes de tous les temps.

Le rocker, élu shériff de la commune de Los Lunas (Nouveau-Mexique) entre 1971 et 1978, part s'installer à Archer (Floride), et n'en sort que pour quelques concerts ; le 13/5/2007, au lendemain d'un concert dans l'Iowa, Bo Diddley est victime d'un accident vasculaire cérébral. Le 2 juin 2008, une attaque cardiaque le saisit définitivement à son domicile pendant qu'il écoute un air de gospel, « Walk Around Heaven ». Sa disparition laisse un grand vide dans l'univers du rock, un genre qui lui doit tant.

Copyright 2014 Music Story Loïc Picaud

Né à McComb (Mississippi) le 30 décembre 1928 dans une famille paysanne très pauvre, l'enfant en bas-âge Otha Ellas Bates est adopté et élevé avec sa soeur par une cousine maternelle veuve, Gussie McDaniel. Cette dernière donne à l'enfant un nouveau patronyme et l'emmène dans un quartier difficile de Chicago où elle s'établit en 1935.

Le jeune McDaniel

Enfant, Ellas McDaniel se familiarise avec le violon, avant la découverte de la guitare offerte par sa sœur ; il accorde alors l'instrument comme il en avait l'habitude avec le violon, et en joue en usant du staccato, ce qui lui apporte la sonorité et le rythme originaux qui feront son style. Le jeune musicien est alors attiré par un carrière de boxeur professionnel (un sport qu'il pratique avec assiduité) ou de luthier, en tant qu'ébéniste apprenti. Il consolide sa pratique de la guitare dans un groupe local, The Hipsters, chante à l'église baptiste du coin, et trouve un emploi à la voirie municipale. C'est aussi un fan de blues et de rhythm 'n' blues qui écoute Louis Jordan et John Lee Hooker. En 1950, il forme un nouveau groupe avec Billy Boy Arnold (harmonica) et Jerome Green (maracas), les Langley Avenue Jive Cats, du nom de la rue où ils se produisent. La formation acquiert une certaine notoriété dans les clubs de Chicago où le son de McDaniel est très apprécié, et s'étend avec le contrebassiste James Bradford et le batteur Clifton James. Le groupe vole en éclats, et seuls les deux comparses d'oirigine suivent McDaniel quand ce dernier se voit proposer un contrat par la compagnie des frères Chess, sur la foi de deux de ses titres, « I'm a Man » et « Uncle John », qui devient par la suite « Bo Diddley ». Ce sont les patrons de la marque qui décident de donner un nouveau nom au guitariste, emprunté à un instrument à cordes d'origine africaine.

Le fameux titre « Bo Diddley » paraît en juin 1955 sur Checker, et atteint le sommet du classement spécialisé rhythm 'n' blues. Ce succès est suivi d'une tournée Chess qui met en valeur la présence scénique et le style tonitruant de Bo Diddley, dont la guitare Grestsch rectangulaire et rouge, de fabrication maison, séduit le jeune public. La scène rock 'n' roll est alors en plein bourgeonnement, et Diddley profite de son expansion en étant assimilé comme l'un des protagonistes, à l'instar de Little Richard et Buddy Holly. Le 20/11/1955, il fait une apparition dans le célèbre Ed Sullivan Show, où il effectue son titre fétiche à la place d'une reprise de « Sixteen Tons », ce qui accroît un temps la popularité du musicien toujours affublé d'un chapeau noir orné d'un diamant, mais l'exclut à vie de l'émission.

Les classiques de Bo Diddley

Cependant, les disques suivants « Bring It to Jerome » /« Pretty Thing » (juin 1956), « Diddy Wah Diddy » (septembre) et l'important « Who Do You Love » (mars 1957) ne réussissent pas à percer le marché pop, cantonnant Bo Diddley aux classements des race records (blues et rhythm 'n' blues). La série se poursuit avec « Cops and Robbers » (juillet) et « Hey ! Bo Diddley » (octobre). Mais en dépit d'une musique résolument originale et radicale, et d'une liste impressionnante de classiques, la popularité de Bo Diddley ne parvient pas à égaler celle des pointures du genre, et ne connaîtra qu'une reconnaissance tardive par les groupes anglais du début des années soixante qui redécouvrent avec bonheur son répertoire, relayés par les groupes américains. Les Rolling Stones empruntent son « Mona » (octobre 1957) sur leur premier album, les Pretty Things en tirent leur nom et quelques morceaux, les Yardbirds et Animals lui rendent hommage, jusqu'aux Américains de Quicksilver Messenger Service qui proposent une version étirée de « Who Do You Love » sur leur fameux album Happy Trails (1969) et les Doors qui exécutent ce titre à chacune de leurs prestations.

En 1958, la discographie s'étoffe de quelques 45-tours : l'étonnant dialogue impromptu « Say ! (Boss Man) » (précurseur du rap) et « Hush Your Mouth » précèdent un premier album (Go Bo Diddley), mélange de titres percutants, instrumentaux et ballades (« I'm Sorry »). Son grand classique « Roadrunner », repris sur toutes les scènes du monde et faisant office de passage obligé des guitaristes de rock, est publié en avril 1960, talonné par « Crawdaddy » en juin. Le fantastique album Bo Diddley Is a Gunslinger, qui paraît en septembre 1961, présente sa sœur The Duchess (Norma Jean Wofford) à la guitare. Certifié Disque d'or, il accueille des influences country du guitariste qui désormais enregistre dans son propre studio situé à Washington. En novembre, il est invité par le nouveau président J.F. Kennedy à jouer lors de son investiture.

Diddley est alors considéré comme l'inventeur d'un rythme saccadé auquel il donne son nom, ou parfois appelé jungle beat, représenté par le fidèle Jerome Green et le jeu du batteur Frank Kirkland. Le pianiste de blues Otis Spann accompagne le groupe sur une bonne partie des productions qui peinent à investir les hits-parades. Peu importe à Bo Diddley qui, tout au long des années soixante quand son influence s'étend, continue à disséminer simples et albums avec une grande régularité : « You Can't Judge a Book By the Cover » (de Willie Dixon, 1962), « Bo Diddley Is a Lover » (1963), « Mama Keep Your Big Mouth Shut » (1964), « Hey ! Good Lookin' » (1965), ainsi que des relectures de ses débuts. Côté albums, le panier atteint l'excellence avec l'exemplaire Bo Diddley (1962), Bo Diddley Rides Again (1963), In the Spotlight et Roadrunner (1964), plus quelques disques surfant sur la vague twist ou danse de plage (Bo Diddley's Beach Party), et le nostalgique Two Great Guitars avec Chuck Berry. En 1966, « 500 % More Man » (et l'album du même nom) démontre que le colosse n'abdique pas, quitte à faire figure de rocker daté quand le psychédélisme prédomine. Le guitariste adulé tant par la mouvance garage rock que par les formations de blues rock revendique son statut dans The Originator (1967) qui est suivi du petit hit « Ooh Baby ». Son rock primitif se teinte alors de blues, comme le confirment les disques suivants, comprenant Super Blues (1969) enregistré avec Muddy Waters et l'harmoniciste Little Walter, et The Super Super Blues Band, avec Waters et Howlin' Wolf.

En 1969, Bo Diddley est rattrapé par le fisc américain pour des déclarations « oubliées » par son manager, et s'aperçoit au passage que son label lui est redevable d'importants droits d'auteur. Un procès (perdu) plus tard, il publie les honorables Black Gladiator et Another Dimension. Le disque suivant, Where It All Began (1971), produit par Johnny Otis, fait la part belle à un funk-rock psychédélique. Au début des années soixante-dix, quand le rock 'n' roll originel revient à la mode, Bo Diddley refait surface entre divers festivals (un grand rassemblement à Wembley en août 1972) et disques-hommage (il a droit à un London Sessions comme Muddy Waters, Howlin' Wolf et Chuck Berry). A cette occasion, il rencontre le guitariste des Rolling Stones, Ron Wood, qui officie sur des productions à venir. Après un dernier album pour Chess, le funky Big Bad Bo (1974), Diddley rejoint la firme RCA qui l'inclut à la super production 20th Anniversary of Rock 'n' Roll (1976 : Alvin Lee, Roger McGuinn, Keith Moon, Leslie West...). Trois ans plus tard, le groupe punk The Clash l'invite en première partie de sa tournée. Les sorties de disques s'espacent, privilégiant les productions live à défaut de matériel original. Le hit « Ain't It Good to Be Free » (1984) s'accompagne d'un album (New Rose) qui dévie peu de sa ligne directrice, tandis que In Concert (1986) et Live at the Ritz (1987, crédité avec Ron Wood) perpétuent l'image d'un Diddley excentrique et toujours incisif. En septembre 1989, Living Legend apporte de nouvelles chansons du héros intronisé au Rock & Roll Hall of Fame deux ans plus tôt. Les honneurs couvrent une carrière en semi-retraite dans les années 1990, que seuls quelques tournées nostalgiques viennent troubler. En 1998, Bo Diddley reçoit un Grammy Award d'honneur et en 2004, le magazine Rolling Stone place la légende du rock 'n' roll à la vingtième place des plus grands artistes de tous les temps.

Le rocker, élu shériff de la commune de Los Lunas (Nouveau-Mexique) entre 1971 et 1978, part s'installer à Archer (Floride), et n'en sort que pour quelques concerts ; le 13/5/2007, au lendemain d'un concert dans l'Iowa, Bo Diddley est victime d'un accident vasculaire cérébral. Le 2 juin 2008, une attaque cardiaque le saisit définitivement à son domicile pendant qu'il écoute un air de gospel, « Walk Around Heaven ». Sa disparition laisse un grand vide dans l'univers du rock, un genre qui lui doit tant.

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