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Premier polar réalisé par Jean-Pierre Melville,
Bob le Flambeur est désormais un classique du film noir à la française, aux côtés de
Touchez pas au Grisbi. Et pourtant, le film faillit ne jamais voir le jour : Melville admirait tant
Quand la ville dort, de John Huston, qu'il renonça provisoirement à Bob. Avec son rythme nonchalant et déglingué comme un air de jazz, il annonce de peu la Nouvelle vague : description naturaliste et nostalgique d'un Pigalle révolu ; attention portée aux seconds rôles, qui confèrent à l'intrigue classique du mauvais garçon sur le retour une vérité et une authenticité indéniables ; distance ironique de la mise en scène avec les codes d'un genre – le film noir – qu'illustre à merveille la pirouette finale. Au-delà du parfum rétro qu'il dégage et son côté précurseur,
Bob le Flambeur pose les bornes de l'univers melvillien : description du milieu des mauvais garçons, préparation d'un casse, ambiance blême des soirées passées autour d'une table de jeu, boîtes de strip-tease, indics et prostituées, etc. Bref, tout ce qui annonce
Le Samouraï ou
Le Cercle rouge est déjà présent, dans ce polar plus personnel qu'il n'y paraît – pour preuve, la voix-off mélancolique tenue par Jean-Pierre Melville himself. --
Sylvain Lefort
Synopsis
Bob le Flambeur, ancien truand, s'est retiré des affaires pour se consacrer à son unique passion, le jeu. A court d'argent, il organise minutieusement un dernier coup : un hold-up au casino de Deauville. Mais le jour dit, repris par sa dévorante passion, il oublie de remplir correctement son rôle...