Pas évident pour un album folk de sonner autrement que des milliers d'autres albums du même genre. De sonner de ses propres cordes, voler de son propre style. Pourtant, même si great lake swimmers ne fait pas dans le renouveau ou l'originalité, même si l'on ne trouve rien de plus - au point de vue musical - que ce que l'on s'attend à y trouver, il surprend inexplicablement.
A-t-on déjà entendu pareilles litanies ? Sont-ce les territoires immenses et vierges du canada qui ont marqué à ce point leurs chansons de leur empreinte ? Envoutant, magnifique. Classique et pourtant terriblement singulier. Le nom même du groupe est une invitation, en tout cas celle qui m'a poussé sur leurs eaux musicales. Pas d'océan, rien de déchaîné ou rageur ici, seulement la platitude et la quiétude des grands lacs, mélancoliques et immenses.
Sans pouvoir dire comment, pourquoi, on a embarqué avec eux. Nous sommes peut-être dans le grand nord, où la densité de population est l'une des plus faibles du monde, mais le pays est incontestablement habité. Hanté.