Critique
Déjà âgé de trente ans bien tassés à la formation de son groupe, Ice-T a grandi en écoutant du rock, et de l’espèce la plus bruyante, avant même que le hip hop n’existe. Après en avoir quasi inventé la version west coast, plus couramment étiquetée « gangsta », le rappeur à voix grave renoue avec ses passions adolescentes à travers son groupe métal.
La chanson
« Cop Killer » ayant par la force du scandale obnubilé toute l’attention des médias voire du public, il est temps de remettre cet album de pure destruction sonore à sa place, celle d’un disque révolutionnaire. Car en dehors de précurseurs hardcore Bad Brains, à New York, le metal noir n’a jamais existé auparavant, et Ice-T fait passer son acte de naissance à grands coups de bottes ferrées.
Au programme : viol (celui d’une jeune fille blanche à un rallye du Ku Klux Klan local où son papa est notable, dans
« KKK Bitch »), meurtre, matricide, abus de substances, dénonciations du racisme ordinaire, à commencer par celui des forces de Police, Ice-T dévide le catalogue de ses anathèmes contre la société américaine. C’est peu ou prou ce qu’il faisait déjà sur ses disques rap, mais là, le ton baigne dans une électricité morbide, délivrée par la guitare en fusion d’Ernie C.
Véritable chaos gravé sur disque,
Body Count est un cauchemar pour tous les ennemis déclarés d’Ice-T, et ça fait du monde.
Jean-Eric Perrin - Copyright 2013 Music Story
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