Si le sujet des deux films est très différent (la traque d'un serial-killer dans "Memories", la recherche d'une gamine enlevée par un monstre marin dans "The Host") le réalisateur ne fait que traiter d'une même entité, accablante pour la société : l'exploitation sans vergogne des plus faibles par les plus forts.
C'est ainsi que dans "Memories" deux policiers sont chargés de retrouver un psychopathe qui sévit dans la région de Séoul. Les meurtres s'accumulent, les 2 compères (l'un particulièrement stupide et l'autre particulièrement violent) sont très heureux de mettre la main sur un simple d'esprit qui semble avoir vu quelque chose se rapportant aux crimes, et ils n'ont de cesse de le faire avouer en le harcelant et en le tabassant sans le moindre remord. Devant leurs erreurs, on leur attribuera un troisième enquêteur (venu de Séoul, la capitale) qui, au début tout au moins, semblera plus calme et plus intelligent mais qui, la situation s'envenimant, finira par péter les plombs à son tour.
Dans "The Host" la gamine, enlevée par le monstre et emmenée au fin fond du fleuve de Séoul, sera recherchée sans relâche par sa famille, unie pour la circonstance (grand-père, frère, soeur) et surtout par son père, homme simplet aux cheveux décolorés (ce qui le fera remarquer) qui deviendra très vite la cible et le bouc émissaire des autorités, des médias et des scientifiques, complétement déchainés, qui refuseront de l'écouter et voudront employer les grands moyens, quitte à le trépaner pour le faire taire.
Bong Joon-Ho possède une technique cinématographique hallucinante : plans séquences, fuites-poursuites, descriptions des lieux et des caractères, qui voisine le génie. Il faut dire aussi que, surtout dans "The Host", il dispose de moyens techniques considérables, et d'une créature dont la monstruosité donne la chair de poule.
Alors si on rit parfois, c'est d'un rire crispé devant l'horreur de certaines situations qui nous forcent à nous interroger sur le comportement de l'humain lorsqu'il est dépassé par des événements qu'il n'arrive plus à contrôler.
Les deux films sont accompagnés de commentaires, interviews et reportages très instructifs.