Ce livre décrit bien l'aventure de la création de boo.com... Il adopte bien sur un point de vue partial (apres tout il est ecrit par son fondateur : Ernst Malmsten) et n'est pas toujours objectif sur les decisions prises. C'est aussi et surtout une plongee dans l'euphorie qui a frappe les start-ups lors de la montee de la bulle Internet (valorisations folles, IPO delirantes) et bien que l'auteur s'en defende, il transparait tout de meme que la vie n'etait pas miserable chez boo : voyages en Concorde, champagne et jet prive, recrutements de divas des medias, salaires exorbitants et puis surtout la petite phrase qui tue (qui parfois semble revenir toutes les 2 pages) "Let's have a drink !" ... La creation de la societe est assez exaltante, le projet interessant mais on suit apres avec horreur leurs problemes technologiques (amis developpeurs ou connaisseurs de l'informatique, il y a des moments epiques) et leurs solutions extremes (un probleme de puissance : achetons un E-10000, le plus puissant serveur Sun au monde)... Le debut de la deconfiture est un peu plus triste a suivre : licenciements massifs (la moitie de la societe), reductions budgetaires (arrets de toutes les activites non rentables) et tout cela alors que l'activite demarre... La fin de l'aventure est evidemment tragique mais cela ne fait que confirmer ce qui suivra dans les autres start-ups : on ne peut vivre eternellement a credit ou en esperant que les investisseurs remettront la main a la poche pour une societe qui ne gagne (encore) rien et depense (deja) enormement... La faillite de Boo.com a signifie le demarrage de l'assainissement des finances des start-ups, est-ce un mal , est-ce un bien ? Il n'y a pas de reponse bien tranchee par contre une realite aujourd'hui averee : la "nouvelle economie" ne possede pas de statut special et subit comme le reste de l'economie les dures lois de la concurrence et de la competition... Ah monde cruel, ils pensaient pourtant avoir trouve dans boo.com un petit paradis...