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Une scie qui sonne comme un coup de marteau. "Boom Boom", la chanson, avait déjà fait ses preuves quelque 80 années plus tôt. Mais c'est comme avec ces gnôles qu'on garde, on connaît le goût et c'est pourquoi on y revient. Comme personne ne demande à John Lee autre chose que de lui lâcher au nez une de ces inusables ritournelles, il remet ça et l'effet est immédiat. C'est Jimmie Vaughan, l'ancienne colonne vertébrale des Fabulous Thunderbirds, qui vient gratter la corde et gicler un de ces chorus impeccables qui lui sortent des doigts, si bien qu'on se demande ce qu'il y a à l'intérieur de ce bonhomme pour jouer sans effort des notes aussi exactes. "Boom Boom" est le titre générique d'un album totalement John Lee. Mis à part les techniques d'enregistrement, tout ici, du son de cette guitare graveleuse aux chansons sans âge, aurait pu être capté à l'identique 3 décennies plus tôt. John Lee y profère ses couplets rampants, plaintes glorieuses et fières sur le mal d'amour, l'alcool et les femmes de mauvaise vie, et c'est bien lui qui est maître des lieux. Il commande et anticipe les mouvements de troupe, fait donner la garde quand la situation l'exige. Disciplinés, les aides de camp s'exécutent sans faire d'ombre au centurion. Fidèle entre les fidèles, Albert Collins martyrise un solo crispé dans "Boogie At Russian Hill" tandis que l'instant d'après John Lee s'est installé seul avec sa National Steel et sa semelle battante pour un "Hitting The Battle Again" très folk. Ailleurs il sera plus menaçant qu'un pitbull au régime sec "I'm Bad Like Jesse James". L'enveloppe sonore que Roy Rogers donne à cet album a quelque chose d'irréel. Comme s'il avait été saisi dans une cabane en bois, avec les musiciens assis dans les coins – Charlie Musselwhite, Robert Cray, John Hammond pour ceux non cités encore – qui attendent leur tour de venir servir le maestro. Le projet apparent de "Boom Boom" dès son titre était de produire un disque d'anthologie. Le résultat est atteint.
--José Ruiz
Critique
De nouveau idole du blues après un fracassant come-back (1989), John Lee Hooker ne s’embarrasse pas ici de fioritures : outre le maintes fois célébré « Boom Boom », il revisite donc quelques très riches heures de son propre répertoire(« Sugar Mama », « Bottle Up And Go ») avec une assurance désarmante, sinon la fougue de temps plus anciens.
Entouré des guitaristes Albert Collins, Jimmy Vaughan et Robert Cray, des harmonicistes Charles Musselwhite et John Hammond Jr. et quelques autres, Hooker déroule une session un peu paresseuse, où sans forcer outre mesure son talent, il parvient néanmoins à offrir un album chaleureux, et compétent.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story