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Enregistré avec Jim Keltner à la batterie, John Hiatt à la guitare (et aux choeurs) et un gang de musiciens de studio très cotés à Los Angeles en 1980,
Borderline est un classique du rock californien. Proche du rhythm'n'blues comme
Bop 'Til You Drop, son succès de 1978, dans
Borderline, la guitare du virtuose Ry Cooder est ici assez discrète (pas de slide non plus) sur des rythmes souvent très syncopés, où l'influence du reggae se fait sentir. Les compositions sont mises en valeur par des arrangements simples et nerveux, et des voix omniprésentes, typiques du son californien.
--Boris Black
Critique
Borderline est l’album (le neuvième, à la somptueuse illustration de pochette), que n’aiment pas ceux qui aiment Ry Cooder. Sans nul doute car, passée la brillance un peu affadie de son prédécesseur (
Bop Till You Drop), les laudateurs du guitariste américain se sont empressés de déceler dans ses derniers enregistrements en date une évidente banalisation, et la perte de ce si particulier fumet qui faisait toute la saveur des ses premiers disques.
Naturellement, la réalité est bien plus complexe. Et on peut parier que cet album vieillira bien dans le temps, conçu comme il est en tant que projet récréatif et joueur. Il est évident que Cooder, s’attaquant au
«634-5789 (Soulville, USA) » de Wilson Pickett, n’est habité d’aucune intention de faire oublier l’original.
Mais on sent bien la jubilation du musicien à retrouver ses vieilles partitions jubilatoires, ou à enfin enregistrer en studio quelques favoris de ses concerts (comme
« Crazy ‘Bout An Automobile (Every Woman I Know) », ou à poser sa slide guitar sur le
« The Way We Make A Broken Heart » de John Hiatt (par ailleurs invité chaleureux des sessions).
La sensualité de
« The Girl From Texas » démontre que l’Américain n’a rien perdu de sa faculté à créer tout un univers sonore avec quelques simples notes, et à offrir un cadeau d’amitié à des auditeurs invisibles.
C’est une brigade de luxe qui entoure Cooder dans ces moments de plaisir (le batteur Jim Keltner en compagnon de toujours, le bassiste Tim Drummond, ou le choriste éternel Bobby King), et
Bordeline parviendra in fine à une très flatteuse quarante-troisième place dans les classements américains.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story