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THE BOSS IS BORN, 4 août 2007
Ainsi le voilà, ce fameux album, accouché dans la douleur au bout de 9 longs mois de studio, en 1974. Après GREETING FROM ASBURY PARK et THE WILD AND INNOCENT tous deux produits en 1973, deux bons albums, très écrits, littéraires même, et soul, Springsteen sort le grand jeu. On n'est plus dans la fioriture, on donne dans le brut ! A l'image de cette très belle photo noir et blanc, où le Boss pose en perfecto, les cheveux en bataille, sa vieille Telecaster en bandouillère, appuyé sur l'épaule de Clarence Clemons. BORN TO RUN est un album extrêmement travaillé, le morceau titre ayant été enregistré des centaines de fois, Springsteen superposant les pistes de guitares à l'infini, pour crée son mur du son, et puis au final tout jeter à la poubelle et reprendre, tout simplifier (sur les conseils de Stevie Van Zandt, qui intègrera le E Street Band juste après). L'album démarre par le magnifique et tonitruant THUNDER ROAD, tout en désespérance :"It's a town of losers, I'm pulling out of here to win". Trois plages plus loin, le splendide et lyrique BACKSTREET, grand moment d'intensité sur 6'30, enregistré à quatre musiciens, mais quel son, quelle puissance ! BORN TO RUN déboule ensuite, plein gaz, toute sirène hurlante, sur la fuite en avant de deux amoureux, le bonheur à tout prix, l'urgence de vivre. SHE'S THE ONE, sauvage, avec les gammes immédiatement reconnaissables de Roy Bittan au piano. Une pause avec MEETING ACROSS THE RIVER, ballade désenchantée, belle à pleurer, enrobée d'une trompette mélancolique, avant de clore l'album avec un des chefs d'oeuvre absolus de Springsteen, JUNGLELAND, étiré sur presque 10 minutes, intro au piano avec violons, explosion électrique, rythme trépidant, rupture avec un long chorus de sax, puis retour au thème d'entrée, murmurée, duo voix-piano (Roy Bittan très en forme décidemment, qui sera appelé quelques années plus tard par Mark Knopfler pour imprimer sa marque sur TUNNEL OF LOVE), avant les hurlements de bête à l'agonie... Quel morceau ! Bruce Springsteen a explosé en 1974 avec BORN TO RUN, avec ce rock'n'roll pétris de douleur, de rage, de romantisme, ces histoires de paumés. Il s'en suivra une tournée triomphale, où chaque morceau, déjà intense en studio, seront comme décuplés sur scène, lors de concerts marathons, et la première excursion du Boss en Europe. Un témoignage de cette époque est sorti, le LIVE AT HAMMERSMITH ODEON '75, version CD et DVD, un concert historique. BORN TO RUN est un des albums de rock les plus importants, les plus maîtrisés, les plus passionnants depuis trente ans, et il faudra 4 longues années à Springsteen pour retourner en studio, avec DARKNESS, autre album violent et ténébreux. PS : un coffret anniversaire est sorti, avec l'album remasterisé (dispensable), un doc d'une heure et demi sur l'enregistrement (passionnant quand Springsteen parle, agaçant quand les "amis" donnent dans l'éloge pompeux), et le film du concert de 1975 (indispensable !).
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5.0 étoiles sur 5
Un sommet du rock..., 29 août 2009
Voici ce qu'il est fréquemment convenu de considérer comme la pièce maîtresse de l'oeuvre de Springsteen. Et force est de constater que Born To Run reste encore aujourd'hui un grand classique du rock, indémodable, régulièrement sité dans les 20 disques devant obligatoirement figurer dans une « discothèque idéale », bref, un album majeur du XXème siècle. Bon nombre des 8 titres de Born To Run sont régulièrement inclus dans les set list de Springsteen. Petit rappel historique : en cette année 1974, Springsteen joue le tout pour le tout après l'échec commercial de ses 2 premiers albums (2 albums au demeurant de grande qualité). Entré en studio avec pour objectif d'enregistrer l'album parfait, Springsteen s'acharnera nuits et jours sur le seul titre Born To Run, épuisant au passage musiciens et techniciens. Le résultat est à la hauteur des espérances : un hymne fédérateur, devenu incontournable en concert. Autre classique parmi les classiques, Thunder Road ouvre l'album avec sa célèbre intro piano/harmonica. Suivent Tenth Avenue Freeze-Out, très soul, Night, proche de Born To Run (le titre), le déchirant Backstreets et l'explosif She's The One. L'album s'achève avec Jungleland, monument de plus de 9 minutes comprenant entre autres temps forts, l'un des plus célèbres solo de sax de Clarence Clemens, pote de toujours et membre historique du E Street Band. Même si Springsteen continuera par la suite à produire de très bons disques, dont quelques chefs d'aeuvre (notamment les 2 albums suivants, Darkness On The Edge Of Town et The River), Born To Run reste inégalable et insurpassable. Il est la quintessence de l'univers de Springsteen, couchant sur de puissantes compositions, des textes d'une extrême précision invitant l'auditeur à partager ses désirs de fuite et d'évasion. Chef d'oeuvre...
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Le Mythe "The Boss" commence..., 22 juillet 2009
Avant sa sortie en septembre 1975, Bruce engage, en août, une, série de concerts triomphaux au Bottom Line de New York. John Landeau, devenu ami et co-producteur, le convainc d'abandonner l'idée d'un album live au profit de texte engagé et relativement mélancolique. Un choix judicieux puisse que Bruce Springsteen obtiendra, enfin, la consécration à la fois des critiques et du public. Succès qui lui permettra de construire non seulement son image, son mythe mais surtout de pouvoir faire le pourfendeur de l'injustice par des textes dramatiques et réalistes. Bruce Springsteen va, impunément, s'inspirer de sa propre expérience et de ses années galères post-1971 - où Bruce Springsteen se retrouva alors à New York, ballotté entre divers petits boulots - pour composer et écrire des textes. Usant de brillantes métaphores pour s'exprimer, dévoilée son message à toute une jeunesse américaine (et plus encore...). Textes élogieux et métaphoriques disposant sur un son bien plus rock mais où le Style de Bruce Springsteen, servit par un E Streen Band au complet, s'entend et se reconnait nul part ailleurs. Il étincelle sous l'effet des Cuivres, des partitions de claviers et la vibration de la gratte. Pas une seule fois, Bruce ne réalise une chanson en demi-teinte. Elles sont toutes de hautes teneurs et le choix de la position de la « track-list » est réellement bien pensée. L'alternance des thèmes - Désespérance (désillusions/rêve brisé) et Espérance (amitié/amour )- se trouve unanimement liée par les sentiments et émotions humaines. Bruce Springsteen décrit la jungle urbaine, destructrice et mangeuse d'hommes et de ses rêves. Il commence et passe avec « Thunder Road » - chansons marquées à la fois par la désillusion et l'espérance d'une vie meilleur « It's a town full of losers and i'm pulling out of here to win » autrement dit « c'est une ville pleins de perdants et je m'en vais pour gagner » et nous trépasse par « Jungleland » sur une rythmique de folie totalement typique de Bruce Springsteen, cassant le rythme et le ton, alternant les instrumentaux, notamment au sax (grandiose) pendant presque 10 Minutes. A cela, dans la jungle qu'est la ville se situe l'homme, seul, qui se réunit pour survivre. L'homme s'entraide, crée des liens pour se soutenir, « tenth Avenue Freeze Out » (ma favorite) enjouée, brillante, colorée, étincelante, scintillante, « Backstreets » sobre au début pour ensuite s'envoler, « Meeting accros the River » ballade désenchantée la plus mélancolique, amer et cafardeux de l'album et sans oublier l'amour « She's The One ». « Born To Run » est la grande chanson de l'album qui illustre à merveille le pourquoi Bruce récoltera gloire et reconnaissance de la part des critiques. La première phrase la caractérise le mieux « In the day, we sweat it out on the streets of a runaway Amercain Dream = Le jour, on endure jusqu'à la fin dans les rues d'un rêve américain qui s'enfuit » d'où le fait qu'ils sont « Born To Run », née pour courir. Fuite en avant face à un destin qui ne veut se réaliser, voilà le rêve Américain qui laisse sur le carreau des centaines de personnes dans la pénombre des Tours magnifiques. Bruce Springsteen se fait l'écho des laissées pour compte, le mythe Bruce Springsteen est née. Durée : 39minutes - 8Chansons Notons que le petit livret dispose les textes des chansons. C'est toujours agréable de pouvoir s'imprégner des textes. Spécial dédicace à Luc.B, sans qui, je serais encore ignorant de Bruce Springsteen. Merci.
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