1984 marque le grand retour du E Street Band et de Bruce Springsteen. L'enregistrement se fera de Janvier 1984 à février 84 au Power Station et au Hit Factory à New York sous la production de John Landau, Chuck Plotkin, Steven van Zandt. On tombe sous le couperet d'un Bruce qui prend un véritable contre pied de ce qu'il avait pu réaliser sur l'album de 1982 "
Nebraska". Résultat ? Une vraie bombe atomique Rock'N'Roll. Du Pure Son Springtinien qui s'inscrit dans une évolution de ce qu'il avait déjà su créer avec la trilogie entamée par "
Born To Run".
Rendez-vous compte que sur les douze chansons que comporte l'album, on dénombre pas moins de neuf chansons qui se sont vues éditées en single. Il y a alors "Darlington County", "Working on the Highway", "Downbound Train" qui ont été boudées... pour autant, elles sont également très bonnes dont j'apprécie particulièrement "Downbound Train" dégageant une certaine mélancolie grâce à son lyrisme envoutant et la voix du Boss. Le Boss suivra avec "I'm on Fire", elle dégage un tempo lent, trop calme, contrastant avec le reste de l'album et d'une tristesse indescriptible sur un lyrisme dramatique. Pour ne pas changer de cadre, l'ensemble des paroles de "Born in The U.S.A" s'inscrit dans la thématique des précédentes : les laissées pour compte, les vaincus... Ce n'est donc pas anodin que la plupart des chansons se terminent de manière négative, sans réel espoir mais toujours booster par le son énergique du Rock Springtinien.
La chanson éponymes de l'album, qui devait initialement figurer en acoustique sur "
Nebraska" et qui se retrouve en version rare sur
Tracks - Coffret - 56 masters inédits, se fait le porte-drapeau contre la guerre du Viet Nam. La petite anecdote fera que elle sera reprise par le parti Républicain pour les élections... d'ailleurs en 2004, ce sera le camp démocrate qui se servira de Bruce Springsteen avec la chanson "No Surrender" simple cavalcade brute et Rock. Si "Born in The USA" est d'ores-et-déjà un classique, il ne faut pas oublier le reste de l'album qui est de haute facture springtinienne. N'en déplaise à certain, Bruce Springsteen est le dernier bastion du Rock et il le prouve à travers d'autres classiques comme "I'M Going Down" et "Glory Days". Ce sont des hits monstrueux tant on y trouve des sons retentissants, des refrains endiablées."Bobby Jean" et "Dancing in the Dark" sont, pour ma part, fait avec le même moule. Toutes deux nous ensorcellent par leurs lyrismes évocatifs, poétiques et rythmiques. Le E Street Band réalise un balancement des guitares, le saxophone de Clarence Clemons s'émerveille et la voix désespérée de Bruce prend des allures spectaculaires. Bruce Springsteen termine avec "My Hometown". Véritable concrétisation d'une autre Amérique. Celle qui encaisse et continue à avancer pour faire leurs vies. Celle de la persévérance, la compassion et qui dénote du vrai esprit américain.
Cet Album est le dernier de la construction du mythe Rock Bruce Springsteen avant d'engager un véritable "répli sur soi" qui accouchera d'un "
Tunnel Of Love" en 1987 avant de provoquer, en pleine période de trouble, un tremblement de terre par le renvoi du E Street Band en 1989 . Sans aucun doute, "Born In The U.S.A" marque le début de la fin de la grande période qui a contribuer à la légende et à la construction du Mythe. Faudra attendre 1995 avec "
The Ghost Of Tom Joad pour un grand retour fracassant du Boss...
Durée : 46minutes - 12Chansons