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8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Superbe anthologie Borodin,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Borodine : Les Trois symphonies / Dans les steppes de l'Asie Centrale / Quatuor N°2 (Coffret 2 CD) (CD)
Borodin (1833-1887) est un musicien russe moins connu que ses contemporains Moussorgsky et Rimsky Korsakov. Pourtant il s'inscrit comme eux dans le mouvement de réaction de l'art russe de la deuxième moitié du XIXeme siècle qui cherche à retrouver ses racines tout en continuant à puiser aux nouveautés de l'occident.Talentueux, son oeuvre se ressent beaucoup des influences orientales et c'est une musique chammarée et fastueuse de cette Russie mystérieuse des steppes, des boyards, des légendes et du magique qu'il nous livre pour nos oreilles émerveillées par ce charme violent et exotique. Ce double CD est une anthologie de grande qualité servie par des Chefs et des orchestres de premier ordre. Sur le CD 1, l'ouverture ainsi que les danses polovtsiennes et les deux plus célèbres airs de son opéra "prince Igor" donné après sa mort en 1890, qui narre une des légendes les plus célèbres de la mythologie russe. L'ouverture reprend un certain nombre de leitmotiv de l'opéra et est de style héroïque et un peu conventionnelle. En revanche le sublime quart d'heure des "danses polovtsiennes" qui narrent la capture du prince Igor par les troupes barbares sont une véritable débauche de choeurs d'une beauté et d'une violence inouïe, de rythmes endiablés des steppes, d'harmonies rouge sang qui vous font frissonner l'échine à leur écoute. Le célèbre "air de Konchak" fut un des airs fétiche de la grande basse Chaliapine qu'il entonnait souvent en fin de chacun de ses récitals. George Solti et le LSO sont ici à l'aise dans la démesure de cette musique sauvage comme un cheval libre au galop dans les steppes immenses de la Russie. Très émouvant est l'air qui suit, un air composé par Borodin en mémoire de son ami Rimsky Korsakov mort tragiquement, "Les rives de ton lointain pays natal", chanté de façon poignante par Nikolai Ghiaurov, la grande basse russe. La symphonie numéro 1 qui cloture le premier CD est dirigée par Vladimir Ashkenazy, grand prêtre du répertoire russe, à la tête du Royal Philarmonic Orchestra. Les thèmes en sont beaucoup plus conventionnels et font penser plus à Tchaikovsky, malgré de petites allusions discrètes au folklore russe de ci de là. C'est Liszt qui fera connaître cette symphonie au delà des frontière russes tant il appréciait le talent de Borodin. Le hongrois devait en effet jubiler en écoutant la virtuosité du deuxime second mouvement, un scherzo dansant et endiablé, orchestré de main de maître. L'andante est un mouvement poignant et mélancolique, résigné mais pas sans espoir, qui peut résumer un peu le fatalisme de l'âme slave. Le final ressemble bizarrement à celui d'une symphonie de Haydn en plus moderne, plein de gaieté et d'humour. Le CD numéro 2 débute avec la symphonie numéro 2 dirigée divinement par Jean Martinon et le LSO; en mode mineur, elle est beaucoup plus teintée du style russe cher à Borodin et à ses amis. Dans cette oeuvre, il cherche à réaliser une synthèse de l'âme russe un peu comme l'avait fait son ami Moussorgsky dans son opéra "Boris Godounov". De fait le premier mouvement est un tableau saisissant de style rouge et or comme une icône de la Russie médiévale, grandiose et farouche. L'andante est une mélodie où domine le cor mélancolique et bucolique, il nous déroule des paysages apaisés et verdoyant de campagnes sorties tout droit des pinceaux des peintres itinérants de cette période, avec parfois un inquiétant retour du danger vite chassé par le cor rassurant. Jean Martinon qui avait déja réalisé une intégrale symphonique de référence de Prokofiev en 1974 montre encore ici ses affinités avec les compositeurs russes et nous livre une version majeure de l'oeuvre. Le quatuor à corde numéro deux qui suit est le plus connu du musicien et joué de façon magistrale par le quatuor Borodin. Le plus célèbre opus de Borodin est sans conteste le poème symphonique "dans les steppes de l'Asie centrale". Dédiée à Franz Liszt, cette page descriptive s'articule autour de ce programme : "Dans les régions désertiques de l'Asie centrale retentit un chant russe. On entend se rapprocher le pas des chevaux et des chameaux ainsi que la mélodie d'une chanson orientale. Une caravane traverse l'immensité de la steppe, escortée par un détachement de soldats russes. Son long parcours s'effectuera en toute sécurité. La caravane s'éloigne peu à peu. Les chants s'unissent en une seule harmonie dont les échos retentissent longtemps dans l'immensité de la steppe avant de mourir dans le lointain". C'est une oeuvre pittoresque est un véritable tube si l'on peut dire, que les enfants retiennent et apprécient d'écouter tellement forte est sa puissance narrative. C'est ici Ernst Ansermet qui tient la baguette, une valeur sûre. Le CD se finit par les deux premiers mouvement de la troisième symphonie inachevée de Borodin toujours dirigé par Ansermet à la tête de l'orchestre de la Suisse romande. Ce double CD est un bijou à acquérir pour tous les amoureux de la musique russe, avec une prise de son impeccable et des interprètes à leur meilleur niveau. Le prix en est dérisoire pour le trésor musical qu'il renferme. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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