Le début des années 1960 voit la bossa nova déferler sur les États-Unis. Le saxophoniste alto Paul Desmond se frotte à cette musique venue du Brésil avec un réel succès. Entre 1963 et 1964, il enregistre "Bossa Nova Antigua" et tente par ce biais de renouveler le succès de "Take Ten". Il est entouré des mêmes musiciens : le guitariste Jim Hall, Gene Whright à la basse (remplacé par Gene Cherico sur le neuvième titre) ainsi que du batteur Connie Kay. Il nous livre un nouvel album original et, pour tout dire, très différent de ceux de ses contemporains.
1. Il ne reprend pas, comme dans "Take Ten", des standards brésiliens mais des standards du jazz américains "bossifiés" (pardon pour ce neéologisme) tels "The Night Has A Thousand Eyes", "Ship Without A Sail" ou "The Girl From East 9th Steet" ainsi que des compositions originales signées Desmond (cinq des neuf morceaux interprétés ont été composés) par le saxophoniste alto.
2. Il développe un jeu fluide et aéré, très peu doté de vibrato. Il en sortait un son beaucoup plus doux que celui développé par d'autres saxophonistes, ce qui fait tout son charme. Il s'adapte parfaitement au son qui correspond à la bossa nova. Il est difficile de parler de bossa nova (Paul Desmond ne joue pas les suiveurs ni même de jazz classique mais plutôt d'une synthèse : il n'y a pas de piano ni de percussions comme cela est de mise dans ce style de musique).