Le bilan discographique studio de Buffalo Springfield se limite à trois LP : l’excellent éponyme de 1966, leur meilleur incontestablement, le moyen Buffalo Springfield Again (1967) et le décevant Last Time Around (1968). Aux trois galettes de cette période, le coffret (4 cd) paru en 2001, rajoute une matière supplémentaire jusqu’alors inconnue et personne se s’en offusquera le moins du monde. La carrière fut courte, mais belle et influente sur le son west-coast. Les deux premiers albums sont repris dans leur intégralité sur le quatrième Cd de ce box set que tout fan du Buffalo se doit de faire sien. Last Time Around est, par contre, incomplet et ce qu’il en reste est disséminé entre démos, chutes, alternatives et inédits. Qu’à cela ne tienne, l’essentiel est de couvrir au mieux l’évolution du parcours de Buffalo Springfield et c’est plutôt réussi. La chronologie est ici scrupuleusement respectée et permet ainsi de jauger la progression artistique du groupe. Il est évident que, pour les supporters de la première heure, l’intérêt porte surtout sur les trois premiers CD, compte tenu de la richesse de toutes les démos qui y sont recensées (Elektra et Rhino) dont certaines qui préparaient au premier album de Neil Young. Pour les non-initiés, outre ces démos, il faut pousser plus loin et porter son attention sur deux aspects déterminants de cette formation : un, Buffalo dispose de deux grands chanteurs, Richie Furay et Stephen Stills et d’un troisième qui ne l’est pas (et ne l’a que rarement été) à ce moment précis de sa carrière, mais qui va vachement bien s’en sortir ici et plus particulièrement par la suite. J’ai nommé Neil Young. Deux, l’attention à y accorder porte sur la qualité des compositeurs et sur la beauté de leurs harmonies vocales. Les mêmes : Stills, Furay et Young (avec David Crosby qui vient faire l’appoint). Trois, toutes les plages de Buffalo Springfield et certaines de Buffalo Springfield Again (Mr Soul, Broken Arrow, Expecting To Fly, Sad Memory,A Child’s Claim To Fame, Good Time Boy, Bluebird) sont le reflet d’un trio alors collectif qui avait tous les moyens pour aller encore plus haut. Leur folk rock psychédélique exceptionnel donne le coup d’envoi du flower power, ne l’oublions pas. Malgré cela, 25 mois après leurs premières joutes, Buffalo Springfield (auquel il faut associer Jim Messina, Bruce Palmer et Dewey Martin) explose, miné par les problèmes d’égos. Alors il nous reste ce fabuleux coffre aux trésors pour nous consoler. Oh putain qu’c’est bon ! (PLO54).